OSM / Beethoven vivant mais bavard

Placer une grande oeuvre symphonique dans un contexte visuel mêlant narrations,... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Placer une grande oeuvre symphonique dans un contexte visuel mêlant narrations, projections et exemples musicaux est un jeu dangereux qui ne correspond pas nécessairement à un idéal historico-musicologique. Le concept a cependant le mérite d'amener au concert un vaste public qui n'y viendrait pas autrement.

Nous parlons de Beyond the Score - Au-delà de la partition - , lancé en 2005 par le Chicago Symphony. L'Orchestre Symphonique de Montréal le reprenait en adaptation française pour la troisième fois en deux ans. Après la quatrième Symphonie de Tchaïkovsky (17 mai 2012) et la Nouveau Monde de Dvorak (6 février 2013), l'OSM choisissait cette fois la Cinquième de Beethoven. Ce qui aurait dû être fait dès le départ puisqu'il s'agit de l'oeuvre la plus connue du répertoire symphonique tout entier et, fait à noter, de la toute première symphonie à avoir été portée au disque: en 1913, il y a donc un siècle, par Arthur Nikisch et le Philharmonique de Berlin.

La Maison symphonique était presque remplie pour l'occasion. Jeune en bonne partie, l'auditoire était composé de gens qu'on ne voit jamais au concert, ont écouté avec la plus grande attention et n'ont jamais perturbé l'audition par des applaudissements aux mauvais endroits.

La partie «dramatique» occupait la première moitié de la soirée: une heure complète, ce qui est beaucoup trop long, surtout que l'exécution de l'oeuvre, après l'entracte, prit la moitié de ce temps, soit 33 minutes.

En costume et perruque de circonstance, également à l'aise comme musicien et comme acteur, Jean Marchand incarne Beethoven esquissant quelques thèmes au piano et répétant quelques phrases attribuées au compositeur. Autre vétéran de la scène locale, Marcel Sabourin apporte la même conviction à un texte pourtant très bavard et souvent éloigné du sujet, que ponctuent de courts passages d'orchestre.

Les jeunes comédiens Éric Bruneau et Mélissa Désormeaux-Poulin complètent la narration: lui en musicologue ne sachant pas prononcer le mot «musique», elle en amoureuse n'articulant son texte qu'à moitié. Concernant le texte, le programme n'en indique pas l'auteur. On parle simplement de «traduction». Étrange...

La meilleure partie de la soirée reste finalement l'exécution de la fameuse Cinquième. Sauf pour un beau raté de cor à la reprise du premier mouvement, l'OSM sonne bien dans toutes les sections et du commencement à la fin. Le chef en résidence Nathan Brock signe une interprétation vivante de la très familière partition; il fait bien chanter les cordes dans l'Andante et anime frénétiquement le Presto terminal.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Nathan Brock. Jean Marchand, Marcel Sabourin, Éric Bruneau et Mélissa Désormeaux-Poulin, comédiens. Mercredi soir, Maison symphonique, Place des Arts. Série «L'OSM autrement».

Programme: Symphonie no 5, en do mineur, op. 67 (1807) - Beethoven.




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