La vie dans l'Orchestre Métropolitain: Julie Dupras et Patrice Richer

Julie Dupras et Patrice Richer... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Julie Dupras et Patrice Richer

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

«À l'Orchestre Métropolitain, il y a trois, quatre ou cinq couples, on n'est pas les seuls», précise Julie Dupras.

«C'est sûr que c'est plus simple quand on s'en va au même endroit, à la même heure, avec la même auto», laisse tomber Patrice Richer. Mais leur vie, concède-t-il, «c'est du couraillage», à se partager entre les orchestres qui leur donnent du travail et les musiciens auxquels Patrice enseigne.

Julie et Patrice se sont connus au Conservatoire. Aujourd'hui, ils ont trois beaux enfants: Éloi, 3 ans et demi, Alice, 11 ans, et la grande Mathilde, 13 ans, inscrite à l'École nationale de cirque. Leurs parents pourraient sans doute y donner des cours, eux qui sont passés maîtres dans l'art de jongler avec les horaires.

Quand Mathilde était petite, Patrice se souvient qu'il la passait par-dessus la clôture de la cour arrière à ses beaux-parents. «On allait jouer notre concert, on revenait et ils nous la repassaient par-dessus la clôture. Aujourd'hui encore, il faut s'organiser pour le gardiennage et pour qu'il y ait quelqu'un à l'heure du souper.»

Ce n'est pas plus simple l'été. «Les vacances, juste nous autres ensemble, c'est très rare. On aurait les deux premières d'août, mais l'orchestre déborde parfois dans ces semaines-là. Et depuis que Mathilde va à l'École de cirque, elle a un camp d'entraînement en août.»

«C'est peut-être comme ça pour tout le monde, mais moi, je me remets en question constamment, avoue Julie, pendant que Patrice est allé mener Éloi à la garderie. J'apprécie les moments où c'est plus calme et que je peux être chez nous et faire un peu autre chose, mais j'apprécie également les répétitions où, dès que la musique part, on s'en va tous dans la même direction. Un coup que t'es là-dedans, faut que tu donnes un sacré coup de barre pour décider d'arrêter ça et de faire autre chose.»

Julie ne se verrait pas enseigner la musique, notamment parce qu'elle trouve que c'est une grande responsabilité d'envoyer quelqu'un dans un marché où il n'y a pas beaucoup d'ouvertures. Mais Patrice et elle partagent leur passion pour la musique avec leurs enfants. «C'est normal, la musique est un langage, dit-elle. Si on parlait l'allemand, ils apprendraient l'allemand, mais s'ils décident de le parler plus tard, c'est de leurs affaires.»

Le plus difficile dans la conciliation travail-famille, selon elle, c'est que le système n'est pas fait pour ceux qui n'ont pas d'horaire de travail standard.

«La garderie, l'école, tout ça est encore très carré, explique-t-elle. C'est super, les garderies à 7$, mais si tu veux passer du temps avec ton enfant et l'envoyer à la garderie à temps partiel, t'as pas le droit. J'ai la garderie que je voulais, qui n'est pas loin de chez nous et que j'adore, mais c'est une garderie non subventionnée qui me coûte cher en bibitte. C'est le prix que j'ai décidé de payer pour faire ce que je veux avec mon enfant. Mais ce que je trouve difficile, c'est de me frayer un chemin un peu tout croche au travers de cette ligne droite.»

Julie Dupras

> 42 ans

> Alto

> Membre de l'OM depuis neuf ans

> Membre de l'Orchestre de Laval, surnuméraire à l'Orchestre de la Montérégie.

Patrice Richer

> 46 ans

> Trombone solo

> Membre de l'OM depuis 12 ans

> Joue avec l'Orchestre de la Montérégie et les Grands Ballets canadiens; enseigne à l'Université du Québec à Montréal, à McGill et au Conservatoire.




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