OSM /  Ni Ono, ni Lisiecki...

Le chef d'orchestre Kazushi Ono et ses musiciens.... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Le chef d'orchestre Kazushi Ono et ses musiciens.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Absent durant près d'un mois, Kent Nagano a confié son cher OSM à quelques collègues dont l'un est, comme lui, d'origine japonaise. Il s'appelle Kazushi Ono, 53 ans. Un nom complètement inconnu. Pourtant, l'OSM cite un journal parisien qui a vu en lui «l'un des esprits musicaux les plus fascinants de notre époque» et un journal allemand qui a parlé de «miracle» à propos d'une de ses interprétations.

Nous n'étions pas là. Nous nous abstiendrons donc de tout commentaire. Nous nous contenterons de dire qu'il n'y a rien de fascinant dans cette rencontre avec l'OSM et, mieux encore, que nous n'avons assisté à aucun miracle. M. Ono dirige en professionnel qui connaît son affaire. Point. Il ne se démarque aucunement de chefs comme il s'en produit à la tonne et n'offre rien qui fasse souhaiter son retour à l'OSM. Mais on peut prédire que Nagano le ramènera, pour la simple raison qu'il ne constitue aucune menace pour lui. Le petit monde de la music business fonctionne ainsi.

On ignore qui, de M. Nagano ou de M. Ono, a décidé de programmer la partition intégrale du ballet Bacchus et Ariane de Roussel. Chose certaine, ce choix est une erreur. On joue habituellement la deuxième suite de concert, qui suffit amplement, avec ses 20 minutes; on ne joue jamais la première suite. Il y a 10 ans, l'OSM avait donné les deux suites, qui correspondent à la durée totale du ballet: 36 minutes. C'est beaucoup trop long. Privée du spectacle, la partition de Roussel est loin d'offrir le même intérêt que Le Sacre du printemps ou Daphnis et Chloé, qui restent pleinement convaincants en concert. Certes, la musique de Roussel met en valeur la virtuosité et la luxuriance d'un grand orchestre et, à cet égard, l'OSM brille de tous ses feux, en particulier les cuivres et les bois. Néanmoins, cette musique accuse son âge et paraît même démodée aujourd'hui.

Mozart ouvre le concert: Symphonie no 31, composée à Paris, d'où son nom. Très brève (15 minutes), elle tient en trois mouvements seulement et ne comporte aucune reprise. Le chef invité la dirige de mémoire et obtient chez les violons des staccatos bien marqués et des appoggiatures longues. Bravo. Mais il aurait dû réduire la masse des cordes. Trop nombreuses, elles noient les vents. Et il aurait dû répartir les violons de chaque côté du podium, comme Nagano le fait parfois. Les tasser ainsi à gauche détruit le dialogue des deux groupes.

Une bonne partie de la salle est manifestement venue pour Jan Lisiecki. Après le petit Bouchard, c'est décidément la semaine des prodiges du piano. Lisiecki devait jouer le Concerto de Grieg. Il a changé pour le Schumann. Il aurait dû s'en tenir au Grieg, moins exigeant musicalement et certainement plus à la portée de son vécu de 18 ans. Ayant déjà l'expérience de l'orchestre, le blond adolescent sait intervenir au bon moment, sans s'occuper d'un chef qui semble avoir oublié qu'il est là. Mais il n'apporte au Schumann rien d'autre que des rubatos capricieux et réussit même à en faire un concerto ennuyeux.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Kazushi Ono. Soliste: Jan Lisiecki, pianiste. Jeudi soir, Maison symphonique, Place des Arts.

Programme:

Symphonie no 31, en ré majeur, K. 297 (Paris) (1778) - Mozart

Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 54 (1845) - Schumann

Bacchus et Ariane, partition de ballet, op. 43 (1931) - Roussel




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