OSM / Pour 20 minutes de Haydn

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Claude Gingras
La Presse

Madame la chef de la direction de l'OSM a d'abord annoncé au micro que le concert avait lieu dans le cadre de la conférence de l'International Artist Managers' Association. Ce rassemblement de quelque 300 professionnels du monde de la musique classique se tient, pour la première fois, non pas en Europe mais en Amérique et plus précisément à Montréal.

Étrangement, elle a complètement passé sous silence le fait que Kent Nagano, le directeur musical de son orchestre, reçoit cet après-midi même, jeudi 7 novembre, à 14 h, à l'Hôtel du Parlement et des mains de la première ministre Pauline Marois, l'insigne de Grand officier de l'Ordre national du Québec, et ce, précise le communiqué officiel, «afin de souligner le caractère exceptionnel de ses réalisations et de sa contribution au rayonnement du Québec».

Voilà pour les nouvelles. Le concert maintenant. Cette semaine encore, le programme est donné trois fois et débute par l'une des symphonies de Haydn les moins connues. Cette 26e porte le sous-titre Lamentatione parce que, nous disent les savants musicologues, elle s'inspire de la Passion du Christ. Elle n'en comporte pas moins un menuet qui, fort curieusement, fait office de finale.

Puisque nous sommes chez Haydn, l'orchestre est considérablement réduit. On y voit cependant un clavecin, qui assure la basse continue. Nagano fait toutes les reprises sans exception et confère ainsi, dans l'Adagio, une sorte de mystère à la ligne de doubles croches répétées sans fin par les premiers-violons. Au Menuet, le trio central est marqué de forts contrastes entre «forte» et «piano», qu'il souligne avec art. Ces 20 minutes seront finalement les meilleures de la soirée.

Le titre Rosamunde évoque un vieux projet OSM - un texte de Luc Plamondon sur cette musique de Schubert - qui, de toute évidence, a été abandonné. Pour l'instant, voici la vraie chose - plus précisément, une sélection de 38 minutes comprenant un air pour mezzo et quelques pages pour orchestre et pour choeur. En peu de mots, c'est l'histoire d'une princesse qui ignore ses origines, est élevée par la veuve d'un pêcheur et est fiancée à un prince. Ou quelque chose du genre. Peu importe.

Selon les notes de l'OSM, la musique fut écrite «en quelques jours, à la dernière minute» (!). Il est vrai que ce n'est pas là le meilleur Schubert et que le texte est plutôt insipide. Mais l'interprétation proposée transforme tout: les cordes de l'orchestre ont une extrême finesse et le petit choeur mixte de 20 chanteurs est tour à tour sombre et lumineux.

On a fait venir la mezzo Susan Platts pour l'unique solo vocal, qui duré cinq minutes exactement. Madame reste d'abord assise pendant 10 minutes, se lève pour son solo, puis se rasseoit pour autres 23 minutes. Elle chante bien, mais une choriste aurait pu en faire autant. Comme le concert est donné trois fois, Mme Platts sera venue à Montréal pour chanter en tout pendant 15 minutes.

L'après-entracte nous ramène, pour la énième fois, le Concerto pour violoncelle de Dvorak. Comme s'il n'y avait que le Dvorak pour le violoncelle, alors qu'il en existe des douzaines d'autres qu'on ne joue jamais. Déjà entendu ici à quelques reprises, le Norvégien Truls Mørk est certes un violoncelliste d'importance, mais il ne compte pas parmi les grands représentants de l'instrument. Magnifique sonorité, d'accord, mais l'exécution fut marquée de quelques petits ratés (deux dès sa première entrée) et de rubatos qui déroutèrent le chef et l'orchestre.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL et Choeur de chambre de l'OSM (dir. Andrew Megill). Chef d'orchestre: Kent Nagano. Solistes: Susan Platts, mezzo-soprano, et Truls Mørk, violoncelliste. Hier soir, Maison symphonique, Place des Arts; reprises samedi, 20 h, et dimanche, 14 h 30.

Programme:

Symphonie no 26, en ré mineur, Hob.I: 26 (Lamentatione) (c. 1768) - Haydn

Extraits de Rosamunde, Fürstin von Cypern, D. 644/797 (1823) - Schubert

Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op. 104, B. 191 (1895) - Dvorak




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