Jacques Boucher: un grand récital

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Jacques Boucher

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Claude Gingras
La Presse

Invité à donner l'avant-dernier récital de la série dominicale d'été au Casavant de la Basilique Notre-Dame, Jacques Boucher avait puisé son programme aux secteurs les moins fréquentés de l'immense répertoire d'orgue.

La principale qualité observée chez ce titulaire d'un autre grand Casavant symphonique, celui de Saint-Jean-Baptiste, n'est pas tant sa curiosité musicale, cependant, que sa dimension d'organiste, de musicien et d'interprète.

Tout comme Pierre Grandmaison, son hôte à Notre-Dame, Jacques Boucher occupe quotidiennement les fonctions d'organiste d'église. La plupart des «organistes d'église» ne font que cela; du reste, on les considère généralement avec un rien de condescendance. Boucher (comme d'ailleurs Grandmaison) se produit à l'étranger avec assez de succès pour y être réinvité. Les amateurs d'orgue de Montréal l'entendent aussi, occasionnellement, dans des programmes substantiels et bien rendus.

C'est le cas cette fois encore. En une pleine heure de musique sans entracte (la durée habituelle de ces récitals d'été), l'organiste de 68 ans fit admirer une technique considérable et de tout premier plan, une connaissance et une maîtrise absolues du complexe instrument, beaucoup d'imagination et de goût dans la registration et, par-dessus tout, le niveau d'interpération d'un maître.

Trois des oeuvres choisies avaient pour thème commun l'hymne pascal O filii et filiae où les «fils et filles» du titre sont, dans le scénario officiel, les premiers informés de la Résurrection. La pièce étant inconnue en dehors du monde liturgique, il était impossible de la repérer à travers ces variations datant de trois époques très différentes et signées Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier (organiste de Notre-Dame de Paris en 1783), Alexandre Guilmant (sa pièce date de 1876) et Denis Bédard (compositeur québécois né en 1950).

La pièce de Beauvarlet-Charpentier ouvrit le programme sur de brillants mélanges flûtés d'orgue ancien. Quand même, cet O filii avec variantes constituait un choix un peu recherché. Le reste du programme était beaucoup plus captivant.

M. Boucher choisit tout d'abord deux des six mouvements de la peu jouée quatrième Symphonie de Widor, de 1872 : la massive Toccata d'entrée, où il mobilisa les pleines ressources de l'instrument, et le contrastant Adagio, murmuré en double «piano» sur la Voix humaine.

Il reprit ensuite, de la même époque et cette fois au complet, la quatrième Sonate de Guilmant, qu'il avait jouée à l'Oratoire en 1997. Là encore, et notamment aux deux Trios du Menuet, il déploya le vaste éventail de timbres que requiert cette musique.

Il conclut sur une autre Toccata à l'emporte-pièce faisant appel à l'orgue tout entier, du genre Widor-Gigout, mais signée d'un nom absolument inconnu : Albert Leblanc, organiste belge mort en 1987, à 84 ans.

    

JACQUES BOUCHER, organiste. Dimanche soir, Basilique Notre-Dame (orgue à traction électropneumatique Casavant (1890-1991); 92 jeux, quatre claviers manuels et pédale).




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