Rachel et les lutins

Rachel Barton Pine... (Photo d'archives)

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Rachel Barton Pine

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Claude Gingras

Rachel Barton Pine reçut en 1991, à 16 ans, le cinquième prix de notre ancien Concours international de violon. Après un horrible accident dans le métro de Chicago (ce qui explique la difficulté qu'elle éprouve à se déplacer), elle vint jouer chez Denis Brott, puis à Lanaudière et, en 2011, une première fois au LMMC où elle revenait dimanche après-midi avec le même pianiste.

La souriante petite violoniste de 38 ans aime beaucoup parler entre les pièces, ce qu'elle a encore fait avec ce rapide débit du Midwest qui la rend difficile à suivre. On a simplement attendu en vain ce délicat petit moment où elle aurait dit regretter de ne pas pouvoir parler la langue de la majorité...Faisant référence à la tempête qui a balayé l'Est des États-Unis, elle s'est dite surprise d'avoir réussi à se rendre jusqu'ici!

Il y a deux ans, nous disions souhaiter que la violoniste joue du nouveau - une oeuvre peu connue de son pays, par exemple. Dimanche, elle a justement joué cela : une Suite du compositeur noir William Grant-Still. Elle a même ajouté une deuxième rareté, la troisième Sonate de Villa-Lobos, demandant à la salle comble si quelqu'un avait déjà entendu cela en concert. La réponse fut NON, bien sûr. Mais quelqu'un aurait pu lui renvoyer la question : Connaissez-vous le vieil enregistrement de Ricardo Odnoposoff et Leonid Hambro ?

Deux nouveautés, donc, et un effort doublement louable car Mme Pine a apporté le maximum de soin, plein archet et tout le reste, à ces deux pièces qu'elle a exhumées. Hélas! cette musique reste ce qu'elle est. Pour le Villa-Lobos : le produit d'un professionnel qui n'a rien à dire. Pour le Grant-Still : du bon travail d'amateur.

En début et en fin de programme, la violoniste joua la Sonate op. 12 no 3 de Beethoven, avec la reprise au premier mouvement, et l'unique Sonate de Richard Strauss, sans la petite coupure de 42 mesures qu'on fait souvent au finale. Une belle pensée habita le mouvement lent du Beethoven, mais le pianiste gâta le reste par sa vitesse excessive et les fausses notes qui s'ensuivirent. Malgré d'autres erreurs du côté du piano, la violoniste parvint à lire le Strauss avec une certaine musicalité, mais sans le grand lyrisme requis.

Elle passa imméditement à un rappel : la fameuse Ronde des lutins de Bazzini, remplie d'acrobaties violonistiques de toutes sortes qu'elle exécuta comme une athlète olympique. Ce fut le meilleur moment du récital.

RACHEL BARTON PINE, violoniste, et MATTHEW HAGLE, pianiste. Dimanche après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation : Ladies' Morning Musical Club.

Programme :

Sonate no 3, en mi bémol majeur, op. 12 no 3 (1798) - Beethoven

Sonate no 3 (1920) - Villa-Lobos

Suite en trois mouvements (1943) - Grant-Still

Sonate en mi bémol majeur, op. 18 (1888) - Strauss

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