Orchestre symphonique de McGill: une soirée de bonheur

Alexis Hauser, chef de l'Orchestre symphonique de McGill.... (Photo: Archives de La Presse)

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Alexis Hauser, chef de l'Orchestre symphonique de McGill.

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Claude Gingras

La nouvelle saison de l'Orchestre symphonique de McGill - le grand orchestre de 100 étudiants - s'ouvre ce week-end à Pollack. La salle de 600 places était comble hier soir et l'on prévoit le même sold out à la reprise du programme ce soir.

Cette année encore, comme depuis 12 ans, on retrouve au pupitre le très énergique et très inspirant chef autrichien Alexis Hauser et le même engagement total chez les jeunes musiciens. La réussite de Hauser se maintient d'année en année. En fait, on ne voit pas qui pourrait faire mieux!  

Hauser lance le concert en trombe avec la tapageuse ouverture Le Corsaire de Berlioz. Les violents tutti répétés tombent avec force et précision, les passages plus lyriques découvrent des cordes au parfait legato et l'éblouissant résultat laisse pantois.  

L'oeuvre avec soliste donne la vedette au jeune pianiste Geoffrey Conquer, 21 ans, au nom prédestiné, gagnant cette année du Concours de concerto de McGill. De la Russe Marina Mdivani, son professeur, il a manifestement reçu les secrets de la grande technique pianistique qui a produit les Gilels et Berman. La sonorité est massive et, en même temps, toujours claire, la musicalité est toujours là et le rubato, utilisé avec discernement.  

Dirigeant de mémoire, selon sa bonne habitude, Hauser consacre l'après-entracte à la quatrième Symphonie de Bruckner, qu'il avait donnée à McGill en 2003 et qu'il fait encore en 75 minutes. Les erreurs du jeune orchestre avaient alors été nombreuses. Il y en a beaucoup moins cette fois. Elles reviennent chez les cors, ce qui est presque inévitable; chose plus étonnante, les bois sont ici et là un peu faux et les séquences où interviennent quelques instruments seulement n'ont pas été suffisamment travaillées. Des détails: ceci est un orchestre d'étudiants, il ne faut pas l'oublier.  

Pour l'ensemble, Hauser signe là une autre très convaincante interprétation, avec quelques ritardandos improvisés mais défendables, notamment au trio central du Scherzo. Il obtient de la masse des cordes (aux violons disposés de part et d'autre du podium) cette «sonorité d'orgue» souvent associée à Bruckner et commande à l'orchestre tout entier une puissance absolument écrasante où l'expression a toujours la première place.  

Bref, une soirée de bonheur comme on n'en vit pas nécessairement chez nos deux orchestres professionnels. On aime bien répéter que les jeunes d'aujourd'hui sont réfractaires à la grande musique. Or, il faut voir et entendre avec quel amour les jeunes musiciens de McGill abordent Bruckner, observer aussi ce public qui, composé en bonne partie d'auditeurs dans la vingtaine, connaît les habitudes du concert mieux que bien des adultes, écoute dans un parfait silence et, surtout, n'interrompt pas le discours musical par des applaudissements entre les mouvements. Quel bonheur, oui, de se retrouver, un soir, ailleurs qu'à la Maison dite «symphonique»!

***  

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE McGILL / McGILL SYMPHONY ORCHESTRA.

Chef d'orchestre: Alexis Hauser. Soliste : Geoffrey Conquer, pianiste. Hier soir, Pollack Hall de l'Université McGill; reprise ce soir, 19 h 30.

Programme: Le Corsaire, ouverture de concert, op. 21 (1855) - Berlioz

Concerto pour piano et orchestre no 1, en fa dièse mineur, op. 1 (1890-1891, rév. 1917) - Rachmaninov

Symphonie no 4, en mi bémol majeur (Romantische) (1874, révision de 1878-1880; édition Leopold Nowak, 1953) - Bruckner

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