NEM: le microscopique Feldman

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Lorraine Vaillancourt, la directrice artistique du Nouvel Ensemble Moderne (NEM).

Photo : Bernard Préfontaine, archives

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Claude Gingras
La Presse

La Fondation Arte Musica lançait sa saison, qui est aussi la deuxième de la nouvelle salle Bourgie, par une invitation au Nouvel Ensemble Moderne dans sa série Cordes et discorde.

Saisissant l'occasion de se produire au centre-ville plutôt qu'à la «périphérique» salle Claude-Champagne, Lorraine Vaillancourt et son ensemble -- plus précisément six de ses musiciens et quelques invités, soit 10 personnes au total -- ont offert un programme consacré à Morton Feldman à l'occasion du 25e anniversaire de sa mort.

Compositeur américain d'avant-garde, né en 1926 et décédé en 1987, Feldman est célèbre pour des oeuvres d'une durée démesurée et d'autres qui avoisinent le silence. Deux rappels historiques eurent bien complété cet «hommage montréalais» à Feldman.

Tout d'abord, la Semaine internationale de musique actuelle de 1961, première manifestation importante de musique contemporaine en cette ville. Morton Feldman y était, ainsi que John Cage et Mauricio Kagel, entre autres.

Par ailleurs, un exemple des «longueurs feldmaniennes» nous fut donné en 1988 avec le deuxième Quatuor à cordes joué par le Quatuor Morency : une exécution qui, sans aucune pause, totalisa quatre heures, 23 minutes.

Le présent programme du NEM -- qui avait déjà joué du Feldman en 1995 - était centré sur les pièces à sonorité microscopique. De titre en titre, le résultat se ramène immanquablement aux mêmes très faibles sons proches de l'inaudible et espacés de silences plus ou moins longs.

À un moment donné, les percussions produisent un bruit évoquant le tonnerre, mais la chose est de courte durée. L'ensemble ne provoque pas précisément l'ennui, mais plutôt une sorte d'étrange engourdissement chez l'auditeur.

En même, on se dit : Pourquoi avoir en mains un piano, une clarinette, un violoncelle, si on n'en tire à peu près rien?

Le programme était constitué de pièces inspirées à Feldman par des poèmes de Frank O'Hara et des toiles de Jackson Pollock, Franz Kline et Willem de Kooning.

Les textes étaient lus par Philippe Noireaut (en anglais et en traduction française) et des projections sur grand écran permettaient d'admirer les toiles, de voir leurs auteurs au travail et de les entendre parler de leur métier.

NOUVEL ENSEMBLE MODERNE. Dir. Lorraine Vaillancourt. Philippe Noireaut, lecteur, Kristin Hoff, soprano. Vendredi soir, salle Bourgie du Musée des beaux-arts. Présentation : Fondation Arte Musica. Programme consacré à Morton Feldman (1926-1987).




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