Denique, le «petit frère» canadien de Lady Gaga

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Excentrique et sans complexe, Denique peut faire penser à Lady Gaga, Björk et David Bowie, tant sa musique, ses costumes, ses maquillages et ses vidéos forment un univers unique. Vivant actuellement à Montréal, le chanteur originaire des Maritimes vient de lancer Shape 1, un premier album de pop expérimentale et commerciale qui résonne jusqu'en Islande!

Ayant grandi à Halifax, dans l'Île-du-Prince-Édouard et à Regina, Denique est ensuite allé voir le monde en s'établissant en Australie, au Yukon, au Botswana et en Islande. «J'ai passé deux étés à Reykjavik, souligne le dynamique blondinet de 24 ans. Depuis mes débuts en musique, on me disait constamment que mon style était très européen ou scandinave, alors c'était un objectif d'aller là-bas et de percer la scène musicale.»

Malgré sa jeune expérience, il ne se gêne pas pour dire de l'industrie qu'elle est paresseuse et qu'elle manque cruellement de magie. À l'opposé de sa musique, une pop aux accents électroniques et aux sonorités «venues d'un autre monde», accrocheuse et assurément recherchée, multicouche et mélodique.

Posé et très expressif en entrevue, Denique décrit son style et, surtout, sa voix comme difficiles à copier. 

«J'ai une voix basse, qui sonne comme une voix d'homme, mais je joue avec elle comme une femme le ferait. J'ai énormément appris en m'inspirant des voix féminines.»

Lors de notre rencontre autour d'un café dans Villeray, le grand et mince jeune homme s'est présenté sans maquillage ni costume, habillé de vêtements mous faisant presque deux fois sa taille. Tout un contraste avec son alter ego artistique: yeux, lèvres et parfois visage entièrement maquillés, voire peinturés, de toutes les couleurs, vêtements tantôt amples et décontractés, tantôt ajustés et raffinés, mais toujours un peu vintage.

Le tout auréolé d'une «féminité» qu'il chérit sans sourciller. «Je veux mettre en lumière l'importance du féminin dans le milieu musical. C'est ma façon de rendre hommage aux voix qui m'ont défini. Mais aussi de montrer que c'est correct en tant qu'artiste masculin d'embrasser mon côté féminin dans la façon de bouger, de s'habiller, de se maquiller et de chanter.»

Dans sa bulle

S'il est fier de son excentricité, il précise toutefois que ce n'est pas un choix réfléchi. «Je suis seulement ce que mes intuitions me suggèrent.» Et ce, depuis sa tendre enfance. «Quand j'étais enfant et ado, les gens me disaient que j'avais l'air pris dans ma tête, comme si je vivais en dehors du monde. Ça me blessait à l'époque, parce que je croyais encore à la société mainstream. Sauf qu'en vieillissant, j'ai compris que je pouvais vivre librement et j'ai réalisé que c'était une bonne chose d'être dans mon univers.»

S'identifiant comme un homme queer et polyamoureux, il cherche principalement à se démarquer avec sa musique. «En composant mes chansons, je voulais des sons un peu futuristes et une atmosphère différente. Et en créant la couverture de l'album, j'avais envie de m'approprier de façon positive l'idée selon laquelle j'étais dans ma bulle et sur une autre planète. C'est ma façon de montrer comment je vois le monde d'où je suis.»

Véritable touche-à-tout, Denique écrit ses paroles, compose sa musique, confectionne ses costumes, élabore ses maquillages, conceptualise ses vidéos et réalise le montage de son projet en entier. Tout cela comme autodidacte. «À 15 ans, j'ai réalisé que personne ne cognerait à ma porte en me demandant si je voulais être une pop star. Je savais que je le deviendrais. Et la seule façon pour réussir, c'était de me lancer. J'ai pris quelques cours et reçu des trucs ici et là, mais je poursuivais toujours par moi-même. Je savais comment ma voix devait sonner et à quoi ressemblerait mon image.»

Une image qu'il confectionne pour l'instant avec les moyens du bord, lui qui cumule les petits boulots pour payer les comptes. «Puisque je n'ai pas beaucoup d'argent, je fabrique mes costumes avec des vêtements usagés, du plastique ou des morceaux que j'achète au Canadian Tire, comme un tuyau d'air conditionné qui devient un collier.»

«Penser différemment»

Sa situation financière ne l'empêche toutefois pas de rêver grand. Il s'est rendu en Islande le mois dernier pour lancer Shape 1 et faire la tournée de plusieurs grands médias. Il a déjà réalisé plus d'une douzaine de vidéoclips au potentiel viral évident. Et il a l'ambition de transformer les gens. «Je veux devenir une voix qui inspire les gens à penser différemment, à croire en leurs intuitions et à utiliser leurs ressources autrement.» Ses aspirations ne sont rien de moins qu'internationales. «Si je ne pensais pas que je peux devenir une superstar, je ne ferais pas tout ce que je fais aujourd'hui, dit-il avec panache. Je pense que je peux.»




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