2Frères: le troisième frère

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Josée Lapointe

Derrière le succès du duo folk-pop 2Frères, il y a un ingrédient secret: Steve Marin. En plus d'écrire plusieurs de leurs chansons, le Gaspésien, qui a lui-même fait deux disques pendant les années 2000, a réalisé la moitié de Nous autres, premier album de 2Frères. Le tout nouveau deuxième disque d'Érik et de Sonny Caouette, La route, porte encore plus sa marque, car, cette fois-ci, Steve Marin a été entièrement aux commandes. Conversation entre «bros».

Érik et Sonny, beaucoup de gens croient que vous écrivez vos propres chansons.

Érik: Même nous, on se demande si c'est nous qui les avons écrites! Quand tu choisis une chanson, il faut qu'elle te ressemble, que tu aies l'impression que tu peux l'assumer comme si tu l'avais écrite.

Steve: Oui. Au début, je ne les connaissais pas [les frères Caouette], mais on s'est pas mal parlé et j'ai écouté ce qu'ils ont fait. Mario Pelchat, qui nous a présentés, m'avait aussi expliqué leur histoire: deux frères qui faisaient des covers dans les bars, proches de leur famille. Je leur ai proposé d'aller vers ça: la chanson Nous autres, c'était leur carte de visite et la première chanson que j'ai écrite pour eux.

Pour écrire une chanson comme Mom, qui est sur le deuxième disque, ça prend quelqu'un qui les connaît très bien.

Steve: Je connais leur mère... Mais ce n'est pas difficile d'écrire pour du bon monde avec de bonnes valeurs et du talent. Les gars sont super positifs. Il faut le dire, il y a très peu de personnes qui sont aussi gentilles. C'est vrai, je vous l'ai tout le temps dit: vous êtes ben plus gentils que moi!

Je dois avouer que j'ai sans arrêt dans la tête la chanson Comme avant, premier single du disque.

Steve: Désolé! (rires)

Dans le fond, Steve, tu es une machine à hits. Érik et Sonny, on peut dire que vous êtes bien tombés.

Érik: Pour vrai, on avait besoin de ça, d'une direction artistique. Steve a compris où il fallait qu'on aille.

Et c'était où?

Sonny: On ne réinvente pas la roue. On n'a pas la prétention de dire que ce qu'on fait est nouveau. On fait quelque chose qui s'est toujours fait, et que les gens ont toujours aimé. Chaque époque a eu son gros nom de musique franco folk. Il y a eu Beau Dommage, La Chicane, Okoumé, Kaïn. Cette musique parle au monde.

Vous avez écrit ensemble pour cet album. Comment ça a fonctionné?

Steve: On a emmené des idées, on est allés au chalet et ça a donné trois chansons: Ti-gars, On est ben et la dernière du disque, La route. On peut penser, à cause du titre, que c'est une chanson sur la tournée, mais non. Je me disais que ce serait bien de faire une chanson à partir de cet adage: sois indulgent avec les gens que tu croises sur la route, car tu ne connais pas le combat qu'ils livrent. Je trouve que ça allait bien aux gars. Le but était de donner plus de la profondeur.

Sonny: Le deuxième disque, tout en étant très upbeat, est beaucoup plus mature que le premier. On a plus d'expérience et, cette fois, les auteurs ont écrit spécialement pour nous, contrairement au premier. Le résultat est plus homogène. Par exemple, la chanson Qu'est-ce que tu dirais, sur le premier, Steve l'avait écrite avant de nous rencontrer.

Steve: J'avais eu une idée d'interprète qui n'avait pas fonctionné et, quand ils sont arrivés, je la leur ai proposée.

Sonny: Il a dû regretter, celui qui a refusé!

Érik: La chanson a été numéro 1 pendant 11 semaines...

Steve: C'est ça aussi, une chanson: c'est une rencontre avec un interprète. Une bonne chanson qui n'est pas chantée par la bonne personne, ça ne donne rien.

La Route de 2Frères... (photo fournie par MP3 Disques) - image 2.0

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La Route de 2Frères

photo fournie par MP3 Disques

Je disais tout à l'heure qu'Érik et Sonny sont bien tombés en te rencontrant, mais toi aussi, tu es bien tombé, Steve.

Steve: C'est le premier gros succès que j'ai dans ma carrière. J'ai fait beaucoup de chansons qui ont joué à la radio, mais un succès comme ça... J'étais certain que ça allait fonctionner, mais jamais à ce point. 

Est-ce que Steve est le troisième frère?

Érik: Oui, parce qu'il n'y a pas 2Frères sans Sonny et moi, et il n'y a pas 2Frères sans Steve. On ne serait pas assis ensemble ici si Steve n'avait pas été là.

Qu'est-ce que ça te fait d'entendre ça?

Sonny: Il le sait, on se l'est dit souvent.

Steve: Ça fait vraiment plaisir. Quand tu t'investis dans quelque chose, de coeur et de temps, c'est l'fun quand ça fonctionne. On voit souvent, avec le succès, le froid qui s'installe dans les équipes. Mais pas avec eux. Au contraire, c'est juste une confiance qui a évolué avec le temps. 

Sonny: On n'a pas changé l'équipe non plus; on est les mêmes depuis le début.

Vous avez pris de l'expérience tous ensemble?

Érik: Oui. Tu sais, le premier été de festivals qu'on a fait, ç'a été l'horreur. Tout allait mal. 

Sonny: C'est apprendre son métier sur le tas. C'était notre première tournée à tout le monde et c'était très laborieux.

Érik: On passait pour des amateurs. Mais on était des amateurs! On s'est assis la deuxième année avant de partir, et après, ç'a été parfait.

Steve, comme réalisateur, quel était ton défi pour le deuxième disque?

Steve: C'était de monter une marche, tout en restant dans une sensibilité, une douceur, et en étant touchant. Parce que ce sont deux gars qui peuvent l'être. On a fermé les histoires de famille et d'amis avec la chanson Comme avant. Maintenant, on a d'autres histoires à raconter.

Sonny: On est comme avant, mais pas tout à fait.

Êtes-vous plus populaires en région qu'en ville?

Sonny: Oui. Les billets sont plus faciles à vendre en région.

Érik: On n'a aucune difficulté à remplir une salle de 850 places à Sept-Îles. Mais à Montréal, une salle de 800, je serais stressé. 

Ça ne vous dérange pas?

Sonny: On adore l'ambiance en région. Mettons à Havre-Saint-Pierre, même si tu ne connais pas les gens, ils vont t'emmener faire du bateau, bruncher dans les îles...

Mais pourquoi y a-t-il plein de photos de Montréal dans le livret de l'album?

Érik: C'était ça, l'idée. C'est les gars de région qui arrivent en ville...

Steve: On le savait qu'ils allaient marcher plus en région. La ville, ils ne cherchent pas ça. Je leur avais dit que les médias culturels ne les aimeraient sûrement pas, mais de ne pas frustrer avec ça. Comme avec l'ADISQ cette année, ils n'ont pas gagné et ils ont fait le party quand même. Ils n'ont pas été amers. 

Sonny: On a fait un ostie de party, je peux te le dire!

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La route. 2Frères. MP3 Disques.




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