La force tranquille de Gabrielle Shonk

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Josée Lapointe

Gabrielle Shonk a eu 29 ans mardi dernier et a lancé son premier disque vendredi. Tout un cadeau d'anniversaire pour cette jeune femme qui compose des chansons depuis l'âge de 14 ans, et qui a chanté autant dans des restos que sur la scène de La voix. Rencontre avec une chanteuse au talent certain, qui a la tête sur les épaules et qui sait où elle s'en va.

L'album

Il y a trois ans, Gabrielle Shonk commençait la création de son premier disque entièrement autofinancé, pour ensuite aller cogner aux portes de maisons de disques avec le résultat sous le bras. Une démarche difficile, mais qui a valu la peine: l'artiste a signé un contrat avec Universal en janvier dernier. «J'ai pris mon temps, mais ça m'a permis de placer mon identité artistique. Il n'y a rien que je vais vraiment regretter», dit la chanteuse, qui estime qu'il faut beaucoup de maturité et de force pour travailler dans le domaine de la musique. «Plus jeune, je n'aurais pas eu ce qu'il fallait, je n'aurais pas été assez groundée. Avec mon parcours, c'est correct de sortir ce disque maintenant et j'en suis fière. J'ai fait quelque chose qui est vraiment moi et que j'assume.»

La musique

Son père est musicien de blues, sa mère est fan de rock progressif, elle a étudié en musique et le jazz au cégep et à l'université. Son disque est à l'image de ce large bagage, rempli d'influences de toutes sortes, mais surtout à l'abri des modes. «J'écoute plein de choses. J'aime autant des artistes indie de Montréal que des trucs vintage, du folk, du soul, des vieux bands.»

«Je suis allée chercher de vieilles sonorités et je les ai mélangées avec quelque chose de contemporain.»

Résultat: il y a de tout sur ce premier disque, du country, du folk, du jazz, du soul. Entre autres. «C'est un mélange de plein d'affaires. J'aime que chaque chanson ait sa couleur et j'ai essayé de faire en sorte que chacune soit la meilleure possible. Il y a un côté intime, parce que la base est folk, mais aussi orchestré: il y a des cuivres, des cordes... Pour que le disque me ressemble, il était nécessaire d'avoir tout ça.»

La voix

Gabrielle Shonk ne regrettera jamais d'avoir participé à La voix il y a trois ans, même si elle ne s'est pas rendue très loin. «J'ai fait les auditions à l'aveugle et les duels seulement. Mais ça a été bénéfique. Avant La voix, je faisais des covers dans des restos. Je suis passée de jouer dans un coin et personne ne t'écoute à chanter sur un gros stage devant 2,5 millions de téléspectateurs. Je suis fière de mes performances et de l'expérience que j'ai vécue.» La chanteuse à la voix riche et ambrée estime que toute l'aventure lui a donné un «boost de confiance». Car si elle avait déjà un projet de EP avant l'émission, c'est à ce moment que tout a décollé. «Je me suis dit: pourquoi pas un album complet? C'est le coup de pied dans le derrière qu'il me fallait.»

La langue

Sur les dix chansons du disque, trois sont en français et sept en anglais. Quand on lui demande pourquoi, il est évident qu'elle s'attend à la question. «Mon père est américain, ma mère est québécoise. Je suis née aux États-Unis et ma langue maternelle est l'anglais», explique-t-elle avec son accent de Québec. Elle était en première année lorsque la famille est venue s'installer dans la Vieille Capitale. Mais son éducation culturelle et musicale, dit-elle, s'est faite en anglais. «C'est presque gênant. Genre, à 16 ans, je ne savais pas qui était Yvon Deschamps.» Elle utilise Tout le monde en parle comme fil de presse puis, à 18 ans, elle découvre Karkwa. «J'ai fait: ayoye, il y a tout un monde que je ne connais pas ! Ça a été un tournant pour moi.» Elle a logiquement décidé d'écrire en français, mais avec l'aide d'un auteur, «parce [qu'elle ne possédait] pas tous les outils». «Mais je ne vais pas me réinventer en français du jour au lendemain», dit-elle, d'autant plus que plusieurs des chansons de l'album ont été écrites il y a plusieurs années. «C'était vraiment important qu'il y ait les deux langues sur le disque, car c'est ma réalité, mais je ne voulais pas me mettre de quotas non plus.»

La suite

Gabrielle Shonk sait où elle va et a fini par admettre récemment qu'elle était ambitieuse. «C'est nouveau. Ça me tente d'avancer. Et j'ai le goût de faire ce métier longtemps.» Pour l'instant, le disque sort au Québec seulement et il n'y a pas de plan précis pour l'international. N'oublions pas, quand même, que sa chanson Habit a été écoutée 1,5 million de fois sur Spotify. «Tout est en discussion. Là, on part en tournée au Québec. J'adore la scène, ça me rappelle pourquoi je fais ça. Bien sûr, ce serait génial d'attraper des premières parties aux États-Unis, en Europe. J'envoie ça dans l'univers, si on peut se promener dans ces marchés, je triperais, mais c'est déjà le fun d'aller partout dans la province. Cet été, j'ai fait beaucoup de festivals, là, c'est ma première tournée de billetterie et j'ai hâte.»

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Gabrielle Shonk. Gabrielle Shonk. Universal.




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