K.D. Lang: la chanteuse «désinventée»

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«C'est plutôt tendance de faire une tournée d'anniversaire», reconnaît au téléphone k.d. lang à propos de la série de concerts célébrant les 25 ans de son album Ingénue qui passera par Montréal et Québec la semaine prochaine.

«C'est difficile pour les artistes plus âgés de sortir de la nouvelle musique à laquelle les fans vont réagir, mais c'est bien de leur faire revivre en concert une expérience à laquelle ils sont liés depuis 25 ans», ajoute la grande chanteuse canadienne.

Si k.d. lang a eu l'idée de monter cette tournée qui s'est arrêtée en Océanie avant de traverser le Canada d'ouest en est, c'est aussi parce qu'Ingénue a marqué à sa façon le parcours du mouvement gai.

«Ce n'est pas un disque strictement pour les gais, mais plusieurs d'entre eux s'y sont identifiés», explique-t-elle.

«Avec ce qui se passe en Tchétchénie, et aussi parce que c'est le 150e anniversaire du Canada, un pays progressiste, ça fait du bien de rappeler qu'on peut continuer à être nous-mêmes, à être ouverts et à aller de l'avant.»

On se souviendra que dans la foulée d'Ingénue, k.d. lang avait posé pour la une du numéro d'août 1993 du magazine Vanity Fair, installée sur une chaise de barbier alors que Cindy Crawford lui faisait la barbe.

«Avec le recul, les images homoérotiques en une des magazines étaient très rares et je suis pas mal fière qu'avec [le photographe] Herb Ritts et Cindy, on ait créé quelque chose de provocant, de progressiste et qui a eu un impact durable», dit la chanteuse.

Du même souffle, celle-ci estime que le prix que MTV lui a décerné pour le vidéoclip de Constant Craving, inspiré d'En attendant Godot de Samuel Beckett, était «probablement plus un clin d'oeil à ma sortie du placard qu'autre chose».

Cette tournée est également pour k.d. lang l'occasion d'interpréter des chansons qu'elle n'a pas souvent chantées en concert puisqu'elle y propose toutes les chansons d'Ingénue dans l'ordre, entourée de musiciens, dont son bassiste de l'époque, David Piltch.

Le retour sur terre

Ce disque qui l'a consacrée de par le monde avait pourtant ses détracteurs parmi ses fans de la première heure, qui lui reprochaient alors de délaisser la musique country qui l'avait fait connaître. D'autres, plus élogieux, la félicitaient de s'être réinventée.

Cindy Crawford et k.d. lang ont pris la... (image fournie par l'éditeur) - image 2.0

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Cindy Crawford et k.d. lang ont pris la pose devant le photographe Herb Ritts pour la une du magazine Vanity Fair, en 1993.

image fournie par l'éditeur

«En fait, je m'étais probablement désinventée, répond-elle en riant. Le truc country était une invention. C'était très amusant, je l'ai fait avec coeur et de bonne foi, mais je renouais dans Ingénue avec la musique qui m'avait marquée avant que je tombe amoureuse du country. Je rencontre encore des gens qui me demandent quand je vais retourner à la musique country. Ça dépend vraiment du moment où ils m'ont découverte et de la relation qu'ils ont développée avec moi. Si c'est avec Torch and Twang ou Shadowland, c'est ce qu'ils attendent de moi. Mais moi, je me suis toujours considérée comme une chanteuse comme Ray Charles, Roy Orbison, Elvis ou Linda Ronstadt, qui ne se sont jamais limités à un genre spécifique.»

Après le grand succès d'Ingénue, le retour sur terre n'a pas été facile pour k.d. lang qui s'était installée aux États-Unis en 1990 avant que l'amour ne l'incite à rentrer au Canada en 2013.

«Je ne veux pas avoir l'air d'une martyre ou d'une personne complètement gâtée qui a goûté au vedettariat et qui a trouvé ça difficile; ça serait un peu ridicule en comparaison de ce que vivent les réfugiés syriens. Mais c'est quand même beaucoup de travail et on n'a pas le temps de faire une pause pour prendre un peu de recul.»

«Le vedettariat est un truc jetable, difficile à cerner. Ça te paraît réel, mais ça ne l'est pas et ça peut prendre fin très rapidement. Tu te demandes pourquoi les gens t'aimaient, si c'était juste une mode ou s'ils aimaient vraiment ta musique.»

k.d. et les Stones

Chose certaine, les Rolling Stones aimaient sa musique, eux qui ont vite reconnu que leur chanson Anybody Seen My Baby?, sortie en 1997, ressemblait à s'y méprendre à Constant Craving.

«Tout là-dedans était relié, depuis la partition de guitare. Ça ne faisait aucun doute quand tu écoutais les deux chansons, rappelle k.d. lang. Mais ce qui m'a impressionnée, c'est qu'avant même de sortir leur chanson, ils nous ont contactés, Ben [Mink, son partenaire d'écriture] et moi, pour nous offrir à chacun le quart des droits. J'ai entendu dire que Keith Richards écoutait le mix de la chanson [Anybody Seen My Baby?] à la maison et que sa fille s'est mise à chanter Constant Craving en disant que ça sonnait pareil. Keith aurait lancé: "Oh merde, c'est vrai!"»

Elle ne cache pas qu'elle était flattée de voir son nom associé à celui du tandem Jagger-Richards sur une chanson des Stones.

«Absolument! Totalement! Vous plaisantez?», répond-elle en éclatant de rire.

Outre les chansons d'Ingénue, k.d. lang célébrera à sa façon le 150e anniversaire du Canada en chantant en concert quelques-uns des titres de son album de reprises Hymns of the 49th Parallel, dont sa version remarquable d'Hallelujah de Leonard Cohen.

«Tellement de gens ont repris cette chanson, mais ça va être spécial de la chanter à Montréal, la ville natale de Leonard», dit-elle modestement.

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À la salle Wilfrid-Pelletier le 2 septembre et au Grand Théâtre de Québec le lendemain.




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