Des pétards sur la musique d'Harmonium

Serge Fiori et Louis Valois ont créé la trame sonore du... (PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE )

Agrandir

Serge Fiori et Louis Valois ont créé la trame sonore du dernier feu d'artifice de l'International des Feux Loto-Québec en puisant dans le répertoire d'Harmonium et de Fiori.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE 

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Serge Fiori était flatté qu'on lui propose que sa musique soit la trame du dernier feu d'artifice de l'International des Feux Loto-Québec le 5 août. Il a également accepté de remettre le prix au gagnant de la compétition le soir même. Mais ce qui l'emballait surtout, c'était une occasion rêvée de faire d'une pierre deux coups.

« Ça m'a fait extrêmement plaisir parce qu'on avait des projets pour le 375e qui ont viré à gauche et qu'on a décidé de ne pas faire. Et je tenais à faire quelque chose pour le 375e », a dit Serge Fiori, de passage à La Presse avec son ami, et ex-Harmonium, Louis Valois.

«Mais il y avait un petit problème : qu'est-ce que tu fais quand tu as juste une demi-heure et que tu peux facilement faire une demi-heure avec une seule de tes tounes ?»

Serge Fiori

Fiori et Valois ont donc fait un montage musical en puisant dans les trois albums d'Harmonium et l'album solo portant le nom du chanteur qui a connu le succès que l'on sait depuis son lancement en 2014.

« Fallait juste monter les extraits dans un ordre qui ne donne pas une espèce de medley standard... », explique Valois.

« ... et plate, ajoute Fiori. On a fait une thématique dans le temps à partir des albums, mais il fallait que ça ait un certain sens et une fluidité. C'est pas mal chronologique sauf à la fin où on a mis une partie de mon album solo avant L'heptade parce qu'on voulait finir avec L'heptade pour le clin d'oeil. »

L'heptade, cet album double ambitieux créé au milieu des années 70, a connu une renaissance spectaculaire dans sa version XL pour son 40e anniversaire en 2016. Il a également provoqué les retrouvailles artistiques de Fiori et de Valois.

« On a abordé ce montage musical comme une fresque », ajoute Valois à propos de la trame musicale du dernier feu de la saison.

«Ce n'est pas une accumulation de chansons, mais plutôt une grande chanson. Un peu comme dans le temps quand on faisait des pièces assez longues avec des momentums et des temps de relaxation. La magie a opéré.»

Louis Valois

Les deux musiciens ont travaillé en toute liberté. Tout au plus ont-ils dû faire deux ou trois ajustements pour faciliter la tâche de l'équipe qui crée les feux d'artifice. Plus encore, ils ont exigé - et obtenu - que leur musique soit mixée en son « surround », une première dans l'histoire des feux de La Ronde.

« Le chorégraphe des feux veut des pétards, explique Serge Fiori. Une fois qu'il a reçu la musique, il s'installe avec ses ordinateurs et simule une chorégraphie. Il va construire les pétards à partir de cette chorégraphie. »

Cet exercice a bouleversé Fiori, qui ne passe pas l'essentiel de ses journées à réécouter ses vieux disques.

« Ça me jette à terre d'écouter tout ça, de revivre les souvenirs du moment où on a enregistré ça, où on l'a joué en show, dit-il. C'est derrière toi, mais tout à coup tu es assis dedans. Je me revois à Outremont dans mon appartement à 90 piastres. Je retrouve quelque chose que j'ai un peu tassé de ma vie. J'en ai fait des rêves, mais des rêves le fun. »

Valois, qui n'en manque pas une, se met aussitôt à chantonner : « Si c't'un rêve, réveille-moé donc... »

Et les deux hommes pouffent de rire.

LES PROJETS NE MANQUENT PAS

L'an dernier, Louis Valois a fermé son studio dans le Vieux-Montréal. Il a apporté une partie de son équipement chez lui, où se trouve le piano de Neil Chotem, orchestrateur de L'heptade. Fiori a dû faire solidifier sa maison de Longueuil pour y accueillir l'autre partie du studio de son ami.

« On est toujours ensemble, on lance des projets », dit Valois.

«Ça vient intuitivement. C'est sûr que d'avoir fait L'heptade XL nous a donné le goût de revisiter les deux premiers albums.»

Serge Fiori

Valois avait déjà chez lui les pistes du premier album d'Harmonium et ils ont réussi à récupérer celles du deuxième. Elles ont pris le chemin de New York pour être numérisées comme l'ont été les pièces de L'heptade

Les deux albums seront relancés éventuellement si Fiori et Valois trouvent une façon d'en donner un peu plus à leurs fans, en y greffant des enregistrements en spectacle de l'époque, par exemple. Valois tente également depuis longtemps de convaincre Fiori de mettre des images sur la pièce instrumentale Histoire sans paroles qui clôt l'album Si on avait besoin d'une cinquième saison.

« Depuis L'heptade XL, il s'est passé tellement de choses qui n'ont pas abouti encore, dit Valois. Il y a des projets sur scène, toutes sortes de choses dont on ne peut pas parler, mais c'est concret, avec des gens qui sont là pour y travailler. Quand est-ce que ça va se passer ? We don't know. »

RÊVER DU CIRQUE DU SOLEIL

Fiori, lui, a une idée en tête depuis une éternité : un spectacle du Cirque du Soleil basé sur la musique d'Harmonium. Il en a touché mot aux gens du Cirque il y a longtemps déjà, dit-il.

« J'aimerais que ça vive dans un contexte très ludique. Love et , les shows du Cirque à Las Vegas, m'ont jeté à terre. C'est sûr que tu ne fais pas Harmonium à Las Vegas, mais il y a sûrement moyen de le faire ici », lance-t-il dans une référence à peine voilée aux spectacles montés à Trois-Rivières à partir des répertoires de Beau Dommage, Charlebois et Plamondon.

«Une fresque du Cirque où on n'utilise pas nécessairement les chansons, mais des éléments de ces chansons-là, ça ouvre la porte à tellement de choses.»

Louis Valois

« Je l'ai essayé récemment : on a pris les pistes de L'heptade où on entend juste le piano dans une espèce d'écho. Tu te retrouves dans un état... Mais on fait juste triper, explorer », lance Valois.

Les fans les plus optimistes de Fiori espèrent encore le revoir sur scène un jour, lui qui, on le sait, est freiné depuis longtemps par un problème de neurotransmetteurs. Mais sa condition s'est améliorée avec l'aide de la médication et il est nettement plus en contrôle qu'il ne l'a été depuis des décennies.

« J'y pense beaucoup, mais faut trouver le moyen de contourner ma condition, dit-il. C'est pas la scène, c'est les moments de perte que j'éprouve qui font que c'est difficile. On en parlait hier, on en parle fréquemment. En 2014, je voulais tellement jouer mon album solo live que je me suis quasiment rendu malade. C'était une obsession : tous les soirs je me faisais un setlist, en ajoutant des tounes d'Harmonium, pour voir comment ça sonnait dans l'ordre. Mais l'espoir est là. Dans le fond, c'est le plus beau de tous les projets. »

À La Ronde, le 5 août, à 22 h




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer