Bonnie Raitt: rien à son épreuve

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Bonnie Raitt

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Les fans de Bonnie Raitt ont sans doute été étonnés de l'entendre chanter Need You Tonight sur son plus récent album Dig in Deep. On n'associe pas la chanteuse rouquine américaine dont la guitare slide est omniprésente sur ses disques à ce tube dansant des années 80 du groupe INXS.

Mais voilà, pour Bonnie Raitt, une bonne chanson est une bonne chanson, qu'elle soit de son cru ou pas. Et elle n'a aucune difficulté à se mettre en bouche Need You Tonight, dont elle livre une version plutôt sexy, comme a pu le constater il y a quelques semaines le public australien qui a bien connu INXS.

«Quand on a joué Burning Down the House de Talking Heads, les gens étaient pas mal surpris également, a raconté Bonnie Raitt au cours d'une interview par Skype en prévision de son concert à L'Olympia, le 31 mai. J'ai toujours aimé toutes sortes de musiques. La première fois que j'ai entendu cette chanson, j'ai su que j'allais l'enregistrer un jour. Et puis je voulais la jouer en concert, pas seulement dans les balances de son.»

Sur Dig in Deep, elle reprend aussi bien I Knew, une chanson fort belle mais pas immensément connue de son compatriote Pat McLaughlin, que Shakin' Shakin' Shakes de Los Lobos, dont elle livre une version hyper énergique. Rien de plus normal pour cette dame enjouée qui nous rappelle qu'elle a obtenu son premier succès à la radio en 1977 avec la chanson Runaway de Del Shannon, alors qu'elle en était déjà à son sixième album.

«J'ai finalement accédé au top 20 en faisant une version inspirée d'Al Green de cette chanson qui avait connu beaucoup de succès dans ma jeunesse. La plupart des reprises que je fais sont des chansons R&B et rock'n'roll que je mets de côté jusqu'à ce qu'elles trouvent leur place parmi celles d'un de mes albums.»

Depuis le début des années 70, Bonnie Raitt a connu des hauts et des bas. En 1989, l'album Nick of Time lui a valu son plus grand succès critique et populaire alors qu'elle avait 40 ans. Au milieu des années 2000, elle a fait une pause le temps de pleurer ses parents, son frère et une personne qui lui était très chère. Elle est revenue en force avec deux albums de premier plan, Slipstream, qui lui a valu un Grammy, et Dig in Deep.

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Militer dans un pays divisé

Les fans néo-zélandais de Bonnie Raitt n'ont sans doute pas été étonnés quand, pendant son concert à Auckland le 1er avril dernier, elle leur a lancé à la blague qu'elle était venue les voir pour fuir Donald Trump.

L'artiste de 67 ans n'a jamais hésité à exprimer ses opinions politiques et à militer pour les droits des femmes et l'écologie. On jurerait que sa chanson The Comin' Round Is Going Through, qui parle de la concentration de la richesse dans son pays, est un commentaire sur l'ère Trump si elle n'avait pas été lancée des mois avant l'élection du président américain.

«Absolument, acquiesce-t-elle. Cette chanson était d'actualité le jour de l'élection, qui était également le jour de mon anniversaire de naissance, et elle va malheureusement le demeurer pendant un bon bout de temps, particulièrement en cette ère Trump. Elle suscite beaucoup d'émotion dans le public, et je suis vraiment contente d'avoir cet exutoire par les temps qui courent. Ce n'est pas le temps d'être complaisants. Il y a des gens frustrés des deux côtés du spectre politique, et il faut absolument trouver des moyens de travailler ensemble dans un pays qui est fondamentalement divisé. Il ne faut pas se contenter de prêcher aux convertis; il faut s'asseoir et trouver des solutions qui conviennent aux deux camps.»

Après sa tournée canadienne qui démarrera à L'Olympia montréalais, Bonnie Raitt chantera l'été prochain dans des arénas et des stades de baseball aux États-Unis avec James Taylor, son ami de longue date.

«On a donné un concert à guichets fermés très réussi devant 40 000 spectateurs au Fenway Park [de Boston] il y a deux ans, explique-t-elle. Normalement, on ne jouerait pas dans ces grands stades ensemble, mais si vous avez vu les spectacles de Paul McCartney et des Stones, avec les écrans haute définition et une sonorisation de première qualité, ça devient un événement tribal. Et ça nous permet de chanter et de jouer un peu ensemble, James et moi. J'ai hâte.»

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À L'Olympia, ce soir.




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