David Usher: faire le pont entre les deux solitudes

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Sur son nouvel album, intitulé Let It Play, David Usher interprète en anglais des chansons québécoises.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Oui, il existe bel et bien deux solitudes à Montréal. La preuve, le musicien David Usher n'avait pas l'air trop au courant des débats enflammés entourant le look de Safia Nolin, ni des dessous de «l'affaire Lagacé» lorsque nous l'avons rencontré cette semaine dans un café du Mile-End.

Cette caractéristique de la ville où deux mondes se côtoient sans se rencontrer est d'ailleurs précisément à la base de la démarche artistique de l'ancien chanteur de Moist, qui a fait paraître dimanche un album-concept inusité.

Intitulé Let It Play, le nouveau projet solo de l'artiste propose une dizaine de relectures de chansons québécoises originales, dans le but de les faire rayonner au-delà de la Belle Province.

Avec l'accord des artistes traduits, David Usher a donc remanié des pièces d'Alex Nevsky, Monogrenade, Dumas, Marie Mai, Ingrid St-Pierre, Karim Ouellet, Caracol, sans oublier Daniel Lavoie et les Français de Baden Baden.

«J'ai travaillé avec beaucoup de Québécois [notamment avec Marie Mai avec Je repars en 2010] et leurs chansons sont magnifiques. J'ai voulu les partager ailleurs, faire le contraire de ce qu'on voit généralement, c'est-à-dire des artistes francophones reprendre des succès anglophones», raconte le musicien, qui a conservé une dégaine juvénile malgré ses 50 ans.

L'entrevue se déroule en anglais, même s'il dit se débrouiller en français, lui qui habite Montréal depuis une douzaine d'années. «Mes enfants sont inscrits à l'école francophone et parlent français de façon impeccable», souligne Usher, convaincu que cette dualité linguistique caractérise sa ville d'adoption (il est né au Royaume-Uni).

«Moi, je ne les ressens pas trop [les deux solitudes], puisque je me promène de communauté en communauté. J'en tire avantage même!»

Let It Play, de David Usher... (image fournie par evil empire) - image 2.0

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Let It Play, de David Usher

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S'il a conservé l'essence des musiques originales et leur inspiration, David Usher s'est permis d'adapter, voire de trafiquer un peu la signification des chansons. Même chose pour les titres. Ainsi, On leur a fait croire d'Alex Nevsky devient They Will Believe (In This Love)Ne me dis pas de Dumas devient Let It PlayL'amour de Karim Ouellet devient War Again et Qui sait? de Daniel Lavoie se traduit assez littéralement en Who Knows.

«On ne peut pas juste traduire des chansons. Je devais me laisser inspirer par le son des mots, leur cadence, et j'avais des besoins spécifiques pour ce que j'avais en tête», explique l'artiste, qui a entrepris son projet il y a un an et demi. Les chansons choisies sont autant de coups de coeur personnels, et la collaboration de leurs créateurs était cruciale. «La plupart étaient très excités. La majorité des artistes veulent faire découvrir leur oeuvre», croit Usher.

D'autant plus que cette collaboration n'est pas passive, puisque chaque artiste chante un peu ou joue d'un instrument sur la version remaniée de sa chanson.

David Usher se prête lui-même au jeu en adaptant en français son succès Black Black Heart, en compagnie de Marie Mai. Ce premier extrait fait d'ailleurs présentement belle figure dans les palmarès. Le duo avait déjà interprété la pièce dans sa version originale, il y a quelques années.

Mais Usher se défend d'avoir une prise favorite parmi sa récolte. «Ça dépend vraiment des jours. En fait, je suis toujours en amour avec la chanson que je termine», répond, magnanime, celui qui ne tarit pas d'éloges envers ses collaborateurs.

David Usher estime par ailleurs que le contexte actuel de l'industrie de la musique - avec la montée en force du streaming - était inévitable, en plus de refléter notre époque. «C'est la première vague de ce qui s'en vient dans beaucoup de domaines», croit le chanteur, qui partage son temps entre la scène et son rôle de chef d'entreprise au sein de Human Impact Lab, un studio créatif rassemblant des artistes, des programmeurs, des développeurs de jeux vidéo et autres, qui réfléchissent à de nouvelles manières de vulgariser et mesurer de grands enjeux sociaux tels que les changements climatiques, l'intelligence artificielle et la robotique.

De grandes réflexions qui méritent qu'on s'y attarde, en français comme en anglais.

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POP ROCK. Let It Play. David Usher. Evil Empire.

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