Groenland: quand le public répond à l'appel

Sabrina Halde, Jean-Vivier Lévesque et les autres membres de Groenland... (Photo Martin Chamberland, LA PRESSE)

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Sabrina Halde, Jean-Vivier Lévesque et les autres membres de Groenland reviennent avec un nouvel album en vente dès demain.

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Après des salles pleines et les 32 000 exemplaires vendus de son premier album The Chase -dont on a entendu des chansons dans Les beaux malaises et The Good Wife -, le groupe montréalais Groenland lance A Wider Space. Qu'ont en commun Martin Scorsese et Pierre Karl Péladeau? La réponse dans cette entrevue avec la chanteuse et parolière Sabrina Halde et son comparse à l'écriture et aux claviers, Jean-Vivier Lévesque.

«C'est toujours surprenant quand tu arrives à Baie-Comeau et que la salle est pleine», dit Sabrina Halde, chanteuse du groupe Groenland, qui lançait vendredi son deuxième album, A Wider Space.

Moins de subventions, une abondance de l'offre et des possibilités radiophoniques restreintes: les groupes anglophones du Québec ont la tâche plus difficile que leurs collègues francophones. Il faut forcément un bouche-à-oreille favorable pour qu'un groupe comme Groenland vende 32 000 exemplaires de son premier album.

Depuis notre première rencontre avec le duo de créateurs, en avril 2013, le groupe a donné plus de 150 spectacles et ses chansons se sont fait entendre dans des séries télé et des publicités prestigieuses, dont une du géant Apple narrée par un certain Martin Scorsese.

«Cela fait un boost, mais le marché américain est tellement immense que j'ai l'impression que ça fait surtout mousser notre image au Québec», pense Sabrina Halde.

«Cela nous a beaucoup aidés financièrement, car nous investissons beaucoup dans nos tournées en Europe. Cela nous a sauvés», ajoute son comparse compositeur et claviériste, Jean-Vivier Lévesque.

La biographie de Groenland ne manque pas de faits saillants depuis ses débuts, en 2013. Le groupe s'est retrouvé sans le vouloir dans une controverse politique quand Pierre Karl Péladeau leur a reproché, en plein spectacle à Rouyn, de ne pas chanter en français. C'est bien malgré lui que Groenland a fait «ressortir de vieilles blessures linguistiques». «C'était tellement gros comme histoire que c'est comme si cela ne nous concernait pas», dit Sabrina Halde, qui ignorait pendant ledit spectacle «magique» quel «mononcle» avait crié.

«Finalement, c'était de la grosse pub gratuite», ajoute Jean-Vivier Lévesque.

Groenland se compte chanceux d'avoir pu se produire dans un paquet de petites villes du Québec, mais aussi en France et en Allemagne. Moment mémorable? Le festival Osheaga en 2013. «C'est comme si je me donnais le droit de me considérer musicienne», dit Sabrina.

Jean-Vivier cite pour sa part le spectacle donné l'été suivant au FestiVoix de Trois-Rivières avec Mac DeMarco et Half Moon Run devant plus de 10 000 personnes. «Et la résidence à Trouville, en France, dans une maison au bord de la mer.»

L'inspiration pour A Wider Space

Passage obligé quand le premier album d'un jeune groupe lui permet de multiplier les spectacles, la tournée a été un dur apprentissage pour les six membres de Groenland. Il faut apprendre à gérer sa fatigue et la routine. «Il arrive des moments où tu as hâte de passer à autre chose.»

Sur la route pendant plus de deux ans, Sabrina et Jean-Vivier étaient alors incapables d'écrire de nouvelles chansons. «Nous avons perdu notre confiance au point de nous demander si on était encore capables d'écrire», relate Jean-Vivier.

«Le switch entre la tournée et composer me stressait vraiment. J'avais perdu confiance en ma compo», renchérit Sabrina.

Au retour à la maison, tout est rentré dans l'ordre. Les deux complices créateurs ont loué un chalet, et l'inspiration est venue pour un nouvel album.

«Nous avons laissé tomber certains trucs. Nous avons écouté beaucoup de hip-hop, et je voulais jouer moins de ukulélé et que ce soit moins folk», explique Sabrina.

Tout en gardant sa touche unique orchestrale, Groenland a lui aussi suivi l'évolution de la scène indé qui est passée du rock à l'électro R & B.

A Wider Space de Groenland... (Image fournie par Bonsound) - image 2.0

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A Wider Space de Groenland

Image fournie par Bonsound

Un nouveau son

Groenland se distingue des autres groupes sur plusieurs points: une chanteuse à voix, une section orchestrale et des chansons écrites au piano et non à la guitare.

«C'est notre contrainte, mais c'est notre son», dit Jean-Vivier.

Pour Groenland, dont Philippe B a réalisé le premier album, il allait de soi que le groupe allait travailler de nouveau avec un réalisateur. Bonsound a proposé le nom de Marcus Paquin, qui a guidé des groupes de la trempe de Local Natives, Arcade Fire et The National. «Il a joué un grand rôle. Nous avions besoin d'une direction finale.»

La pièce Distractions incarne le nouveau son électro de Groenland, avec une mélodie menée par un clavier Juno et une batterie électronique.

Sabrina tenait à garder la finale «jammée à la Simon and Garfunkel» d'Appalaches, alors que les autres avaient des doutes, dit-elle en riant.

Cabin, simple ballade au piano, a pris une demi-heure à boucler. «En spectacle, il faut des chansons qui font retomber l'énergie», dit Sabrina.

L'album raconte comment on peut retomber sur terre après un épisode vertigineux. «Trouver les moyens de s'inspirer, de guérir, de se retrouver...», énumère la parolière de Groenland.

Remonter sur scène

«C'est fascinant comment notre public est large», dit Sabrina Halde. «Nous sommes un groupe humain», ajoute Jean-Vivier Lévesque.

Ajoutez à cela de la bonne musique, et c'est sans doute pourquoi Groenland remplit autant ses salles partout au Québec.

Avec A Wider Space, le sextette - complété par Jonathan Charette, Ariane Gruet-Pelchat, Marianne Bertrand et Simon Gosselin - lorgne toujours l'international, mais «prudemment».

Après un an de pause, Groenland est remonté sur scène pour la première fois au festival Grosse Lanterne, il y a un mois.

Sabrina et Jean-Vivier étaient très stressés, mais ils ont retrouvé leurs moyens. Les nouvelles chansons du groupe leur apportent un vent de fraîcheur. «Cela nous sort de notre zone de confort, dit Sabrina. Il y a plus d'électro, donc les séquences nous sécurisent.»

Et la longue tournée qui s'annonce déjà? «Tout le monde a appris à se connaître et maintenant, on sait à quoi s'attendre.»

Bonne route.

Après des spectacles en Colombie-Britannique, Groenland se produira au Club Soda le 22 septembre dans le cadre de Pop Montréal, puis dans des dizaines de villes du Québec.

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INDIE POP. A Wider Space. Groenland. Bonsound. En magasin.

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