B-Real: «La musique stupide incite les jeunes à faire des choses stupides»

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Des membres de Rage Against the Machine, Public Enemy et Cypress Hill se sont unis pour répondre à un besoin criant: le manque de musique contestataire et dénonciatrice. Prophets of Rage se produira deux fois au Québec d'ici à la fin du mois. La Presse s'est entretenue avec B-Real, l'un des rappeurs du supergroupe.

Le groupe Prophets of Rage a offert des... (Photo Patrick T. Fallon, Archives Agence France-Presse) - image 1.0

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Le groupe Prophets of Rage a offert des concerts en marge de la convention républicain en juillet dernier. Sans surprise, il dénonce les positions de Donald Trump. Sur la photo, on aperçoit B-Real et Tom Morello. 

Photo Patrick T. Fallon, Archives Agence France-Presse

La formation rap californienne Cypress Hill célèbre cette année ses 25 ans de carrière. Les auteurs d'Insane in the Brain étaient d'ailleurs au festival Osheaga il y a quelques semaines. Son leader, B-Real, sera de retour à Montréal, le 23 août, puis à Québec, le 30 août, avec un nouveau groupe : Prophets of Rage. Louis Freese, de son vrai nom, sera cette fois accompagné du guitariste Tom Morello, du bassiste Tim Commerford et du batteur Brad Wilk de Rage Against the Machine, ainsi que du rappeur Chuck D et de DJ Lord de Public Enemy.

« Nous sentions qu'il y avait un besoin pour de la musique avec un propos, qui traite de tout ce qui se passe actuellement, explique B-Real. Avec nos groupes respectifs, nous avons des chansons qui font réfléchir et dans le cas de Rage, elles n'étaient plus jouées devant des foules. En nous associant, nous offrons un vaste répertoire de chansons puissantes, qu'on rend avec beaucoup d'énergie. »

Prophets of Rage a enregistré deux nouvelles pièces depuis sa création, il y a quelques mois. Mais lorsque Tom Morello a demandé à ses amis de longue date s'ils voulaient former une nouvelle entité, c'était dans le but de partir en tournée et jouer des chansons bien connues, mais quelque peu oubliées, devant de grandes foules. On pourra donc entendre dans leur concert Killing in the Name, Take the Power Back, Bullet in the Head, Bulls on Parade, Shut 'Em Down, (Rock) Superstar et bien d'autres. « Les gens ont faim pour cette musique depuis longtemps et lorsqu'on commence, c'est tellement puissant qu'ils deviennent fous », assure B-Real.

LA MUSIQUE QUI REMPLIT LES PRISONS

Pour plusieurs, il s'agit d'une théorie du complot, pour d'autres, c'est la seule explication logique. De nombreuses prisons privées aux États-Unis seraient la propriété de conglomérats qui détiennent aussi des maisons de disques, des stations de radio et d'autres sociétés ayant un rapport avec la musique. Afin de maintenir un haut taux d'occupation dans les prisons, la musique aux propos violents et contribuant au maintien des inégalités sociales serait systématiquement mise de l'avant, surtout dans les milieux défavorisés.

B-Real croit fermement qu'il s'agit de la triste réalité. « La musique stupide incite les jeunes à faire des choses stupides », résume-t-il. 

« Presque toute la musique qu'on entend aujourd'hui fait la promotion du matérialisme. Ils ont retiré tout ce qui pourrait inspirer les gens à faire des choses positives et à avoir de la compassion pour les autres. »

« En appauvrissant le message, on appauvrit les gens et les prisons restent bien pleines », ajoute-t-il.

L'artiste latino de 46 ans ne blâme toutefois pas les artistes, mais les dirigeants de l'industrie. « Il y a plein de groupes de punk rock, de métal et de hip-hop qui parlent de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui. Le problème est que leur voix est tue ou mise en sourdine, car ils n'ont aucun soutien de la radio. Cette musique reste donc marginale, underground, puisqu'elle devient difficile à vendre pour les maisons de disques. »

B-Real souhaite que d'autres artistes soient inspirés par la démarche de Prophets of Rage. « Nous étions tannés de nous plaindre et de ne rien faire. Nous avons décidé de profiter de la notoriété que nous avons acquise dans nos groupes respectifs pour tenter de rejoindre le plus grand nombre de gens possible. Pour l'instant, ça fonctionne et j'espère que d'autres vont emboîter le pas. »

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