Zucchero: le blues c'est «la folie, la mélancolie et la sensualité»

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Zucchero en spectacle au Stade de France en mars 2009.

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Anthony Lucas
Agence France-Presse
Paris

Le rockeur italien Zucchero s'immerge dans le delta du Mississippi pour célébrer le blues, une musique synonyme de «folie, mélancolie et sensualité», et chante aussi les blessures de Paris dans un nouvel album qui sort vendredi.

La chanson Streets of Surrender, inspirée par les attentats du 13 novembre dans la capitale française, a été écrite par le chanteur de U2, Bono, présent avec son groupe à Paris le soir où des jihadistes ont tué 130 personnes, dont 90 dans la salle de concerts du Bataclan.

«J'avais composé la musique, avec des mots inventés en anglais», explique à l'AFP Zucchero, qui a écrit les paroles de la version italienne sans faire référence aux attentats.

Mais il a finalement demandé le texte à Bono, avec lequel il a déjà collaboré par le passé, après un concert de U2 à Turin où le groupe irlandais l'avait invité sur scène. Résultat: deux versions de la chanson sur le disque, l'une en italien, l'autre en anglais mais une même musique.

Bono «fait référence à Paris, mais cette chanson va au-delà, elle dit qu'il ne faut pas combattre la haine par la haine», estime le rocker italien, qui a fêté en septembre ses 60 ans.

L'interprète de Senza Una Donna, succès de 1987, assure s'«amuser encore», et «même davantage encore que par le passé» à l'heure de sortir ce nouveau disque, Black Cat.

«Je me sens plus libre aujourd'hui. Vous savez, après une carrière aussi longue et dense, il n'y a plus de compétition. Aujourd'hui, ma seule envie c'est d'expérimenter avec d'autres musiciens», sourit dans sa barbe le «Joe Cocker» d'Émilie-Romagne, la région d'Italie où il est né.

«Entre le diable et l'eau bénite»

Fan de rock et de r'n'b, Zucchero (Adelmo Fornaciari, de son vrai nom) s'est frotté par le passé au chant lyrique avec son compatriote Luciano Pavarotti puis à la musique cubaine, avec notamment un concert mémorable à La Havane en 2012.

Cette fois, c'est retour «à un son blues/rock et aux pères fondateurs, cette fameuse musique du Delta du Mississippi». Une partie de l'album a d'ailleurs été enregistrée à la Nouvelle-Orléans sous la houlette d'un trio de producteurs spécialisés dans ce genre musical: T Bone Burnett (Elvis Costello, Elton John), Brendan O'Brien (Springsteen, Pearl Jam, AC/DC) et Don Was (Rolling Stones, Dylan).

Zucchero affirme «se retrouver» dans le blues: «Je suis quelqu'un d'ouvert, de chaleureux, mais j'ai aussi le sang chaud! Le blues a toutes ces caractéristiques: la folie, la mélancolie, la sensualité aussi. J'ai toujours eu l'impression que c'est entre le sacré et le profane, entre le diable et l'eau bénite...»

La chanson Hey Lord, avec des choeurs d'esclaves en introduction, symbolise l'univers d'un disque reliant l'Europe du sud et les États-Unis, avec des paroles mêlant italien et anglais et des rythmes lancinants et moites. Une chanson aux allures de prière où Zucchero fait implicitement écho à la souffrance des migrants arrivant aujourd'hui en Europe, en provenance d'une «terre lacérée».

Zucchero, qu'on a souvent vu participer aux concerts à but humanitaire, se dit sensible à la cause de ces migrants, même s'il estime que «la France, l'Allemagne ou l'Italie essaient en toute bonne foi de trouver une solution».

L'Italien repartira en tournée à la rentrée. D'abord chez lui à Vérone à partir du 16 septembre puis en Europe avec des concerts prévus notamment au Luxembourg, en Belgique, Suisse et France (avec trois soirs à l'Olympia, du 6 au 8 novembre).

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