Snails: sortir de sa coquille

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Le nom de Snails est peu connu ici par rapport à son succès à l'étranger. Diplo et Skrillex l'ont remercié au dernier gala des Grammy pour la touche qu'il a apportée à leur chanson Holla Out. «C'est fou. Je suis le seul artiste producteur et non chanteur avec qui ils ont collaboré sur l'album de Jack Ü.»

Plus de 220 000 personnes aiment la page Facebook de Snails, né Frédérik Durand, à Joliette. C'est énorme pour un artiste québécois. C'est presque autant que Kaytranada (222 000) et six fois plus que le très populaire Karim Ouellet (33 000).

Récemment, Snails s'est produit à Hawaii, à Atlanta et à l'important festival de musique électronique Ultra de Miami. Le soir de notre entrevue, il y a plusieurs semaines, le musicien de 27 ans devait se rendre à Mexico pour le festival Electric Daisy Carnival.

Vendredi soir, il rentre à la maison pour un spectacle à guichets fermés au Club Soda, avant de se produire au festival Coachella, dans le désert californien.

Prêts pour le «Vomitstep»?

Le DJ et beatmaker a bien fait de ne pas écouter les gens qui lui déconseillaient d'utiliser l'étiquette «Vomitstep» pour décrire sa musique énergétique unique, qui fait le pont entre le dubstep et le trap.

Frédérik Durand est DJ depuis huit ans. Des amis de Joliette ont démarré un blogue de musique électronique, qui a permis à Snails de rencontrer plusieurs collaborateurs, dont Julien Maranda, de son étiquette actuelle Kannibalen Records (il collabore avec l'agence Circle Talent aux États-Unis).

Snails au festival Ultra, à Miami.... (PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE SNAILS) - image 2.0

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Snails au festival Ultra, à Miami.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE SNAILS

Entre-temps, il a acquis ses habiletés à créer des motifs rythmiques et des mélodies à l'ordinateur. «J'avais ma boîte de graphiste, puis à un moment donné, je me suis lancé à 100 % dans la musique.»

Snails a fait partie du duo Dooze Jackers avant de lancer en 2013 son premier EP solo, Magnet. «C'était trop bizarre, mais j'ai fait ma marque.»

Ensuite, il a lancé avec succès une perche au blogue américain d'influence This Song is Sick, ce qui a permis à sa chanson dubstep Wild (créée en collaboration avec Antiserum) de sortir sur l'étiquette de Skrillex, OWSLA. Cela lui a donné beaucoup de visibilité, tout comme la chanson plus EDM (à la Tiësto) Pump This. «Le style Vomitstep me permet de ne pas avoir un seul rythme BPM», souligne-t-il.

À l'automne 2014, Snails était à Los Angeles quand Skrillex l'a invité dans son studio-maison pour collaborer avec Diplo et lui. «C'était beaucoup de pression. Je suis arrivé à 22 h et je suis reparti le lendemain matin. C'était effervescent et ç'a été un bel échange d'idées.»

Un talent inné

Des producteurs et beatmakers comme Snails n'ont besoin que d'un ordinateur pour créer de la musique. Ils ne connaissent pas les règles du solfège, mais ils ont un grand flair mélodique et rythmique.

«Je crois que le fait d'être DJ avant de produire de la musique m'a aidé.»

Snails ne parle pas de la musique comme d'un emploi, mais comme d'un jeu. Or, il gagne très bien sa vie avec la musique et il collabore aujourd'hui avec d'anciennes idoles, dont le DJ et producteur anglais Flux Pavilion. Il tourne pratiquement toutes les semaines depuis un an.

Il garde en mémoire ses prestations à Montréal au festival ÎleSoniq, en 2014 et 2015. «C'était fou. Cela m'a ouvert des portes. Et la crowd de Montréal est incroyable.»

Dans ses spectacles, Snails mise sur le visuel, son «branding» et sur un thème narratif. «Les gens entrent dans mon monde, Slugz City.»

Snails boude le modèle traditionnel de vente d'albums. «Je viens de la culture électronique et EDM. Tout va très vite. On établit un plan marketing et on peut sortir un single par mois. On ne veut pas perdre le public.»

Il y a quelques jours, Snails a par ailleurs dévoilé gratuitement sur SoundCloud la chanson Take it Off, faite en collaboration avec Protohype.

À l'image de Skrillex, Snails veut profiter de sa visibilité grandissante pour donner une chance à des artistes underground. «Si je ne gosse pas de musique pendant quelques jours, je deviens triste», dit-il.

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Au Club Soda vendredi soir (à guichets fermés), avec Michael Sparks et Henward.

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