Kanaval Kanpe: David Byrne, roi de la fête

David Byrne donnera le coup d'envoi du quatrième... (Photo Alain Décarie, collaboration spéciale)

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David Byrne donnera le coup d'envoi du quatrième Kanaval haïtien Kanpe, vendredi à la SAT.

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Que ce soit avec Talking Heads, dans l'album My Life in the Bush of Ghosts avec Brian Eno au début des années 80 ou en fondant les labels Luaka Bop et Todo Mundo, David Byrne a toujours eu un faible pour les musiques du monde, même avant qu'elles ne deviennent à la mode.

On ne s'étonne pas que cet artiste curieux s'amène à Montréal pour participer au quatrième Kanaval haïtien Kanpe, au profit de la fondation mise sur pied par Régine Chassagne d'Arcade Fire et Dominique Anglade - devenue récemment ministre québécoise de l'Économie - pour accompagner les familles haïtiennes les plus vulnérables vers l'autonomie.

À titre de roi du Kanaval, Byrne donnera donc le coup d'envoi de la fête vendredi à la SAT avec la reine Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d'Haïti.

Au cours de la soirée, l'artiste américain chantera accompagné de Régine Chassagne, Win Butler et Richard Reed Parry d'Arcade Fire, du Preservation Hall Jazz Band de La Nouvelle-Orléans et de percussionnistes haïtiens. Régine elle-même et l'acteur américain Rainn Wilson (The Office) animeront cette soirée à laquelle participeront également DJ Windows 98 (Win Butler), Saul Williams, Gardy Fury, Vox Sambou, Fwonte, Paul Beaubrun, des musiciens rara, des percussionnistes et des danseurs.

« Je vais reprendre une vieille chanson que le Preservation Hall Band connaît très bien et quelques-uns de mes succès qui, je pense, se prêtent à l'ambiance du Kanaval. En plus d'une autre chanson festive », dit David Byrne au bout du fil depuis sa résidence new-yorkaise.

Malgré sa passion pour les musiques du monde, Byrne n'est pas un grand connaisseur de musique haïtienne : « Je connais quelques groupes, j'ai entendu parler du Kanaval, mais je ne suis jamais allé là-bas et je ne connais pas très bien cette musique. » Par contre, l'amie Régine lui a abondamment parlé de Kanpe et il se reconnaît tout à fait dans sa volonté affirmée d'imprégner Montréal de l'esprit du carnaval haïtien tout en récoltant des fonds.

« C'est vraiment super, ce que Régine et les autres font en établissant un lien entre la culture haïtienne et le concert », dit David Byrne.

« Il ne s'agit pas uniquement d'injecter de l'argent ou de fournir une aide ponctuelle à Haïti : Kanpe agit de façon intelligente et sensible à une petite échelle et les projets sont gérés par la population locale en Haïti, poursuit Byrne. C'est un peu différent d'autres organismes d'entraide qui donnent de l'argent aux survivants du séisme, mais ne font plus rien par la suite. Ce sont des interventions durables. »

En novembre 2013, Byrne a également prêté son nom et son talent à un spectacle-bénéfice pour venir en aide à la population des Philippines ravagées par le typhon le plus dévastateur de l'histoire de ce pays.

« Comme j'avais créé un spectacle de théâtre musical sur les Philippines [Here Lies Love, écrit avec Fatboy Slim et inspiré d'Imelda Marcos], j'ai communiqué avec des Philippins pour savoir quel était le meilleur moyen de leur envoyer de l'argent. Comme pour le Kanaval Kanpe, il y avait un véritable lien culturel : une collecte de fonds, mais aussi une prise de conscience de la situation dans ce pays. »

LES AMIS MONTRÉALAIS

David Byrne, comme David Bowie, a été l'un des premiers artistes d'envergure à vanter les mérites d'Arcade Fire.

Tôt dans leur carrière, il a chanté avec les membres du groupe la chanson This Must Be the Place (Naive Melody) qu'ils lui avaient empruntée puis, en 2011, il a participé à l'enregistrement de leur chanson Speaking In Tongues dont le titre était un clin d'oeil amusant à l'album du même nom de Talking Heads. 

Quand il est venu chanter à Pop Montréal en 2012, Byrne s'est prêté volontiers à une conversation publique avec Win Butler sur le thème de la création et de la performance scénique.

« Je me plains souvent de l'internet, mais c'est grâce à un site web de musique que j'ai découvert Arcade Fire, explique Byrne. Ça me paraissait très intéressant et comme j'étais curieux, je suis allé les voir en concert et je les ai trouvés incroyables. »

« C'était rafraîchissant : ils n'avaient pas l'air blasés et ne donnaient pas l'impression de suivre un plan de carrière préconçu. Ils croyaient beaucoup en ce qu'ils faisaient et je crois que c'est toujours vrai aujourd'hui. En plus, leurs chansons sont bonnes », dit David Byrne.

Le coup de pouce que Byrne a pu donner à Arcade Fire, il l'avait lui-même reçu de Bowie quand Talking Heads était un groupe peu connu. Le même Bowie à qui, le mois dernier, Arcade Fire a rendu hommage en reprenant sa chanson Heroes avec le Preservation Hall Jazz Band dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans.

« Quand, à l'époque, j'ai entendu dire que Bowie aimait ce qu'on faisait, j'ai trouvé ça extrêmement flatteur, affirme Byrne. On s'est rencontrés à quelques occasions même si on n'a jamais travaillé ensemble et je suis demeuré un fan. Même si je n'aimais pas tout ce qu'il faisait, je m'intéressais à ses projets et à ses disques par curiosité. J'ai beaucoup de respect pour lui et son oeuvre. »

Byrne nous annonce qu'il a presque terminé un nouvel album « très énergique » auquel a contribué encore une fois Brian Eno. Il planche également sur un autre spectacle de théâtre musical qui devrait être créé dans un an environ.

À la SAT le 19 février.

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