Patrick Bruel: un grand voyage avec Barbara

Barbara a eu une influence déterminante sur Patrick... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Barbara a eu une influence déterminante sur Patrick Bruel: «Elle a représenté beaucoup de choses depuis mon enfance. J'étais fan d'elle depuis l'âge de 8 ans. Elle m'a accompagné durant toute mon adolescence.»

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L'hommage qu'il rend aujourd'hui à Barbara n'a surpris personne dans son entourage. Patrick Bruel, qui a toujours admiré la grande chanteuse française, sort ces jours-ci l'album «Très souvent, je pense à vous...» La Presse l'a rencontré.

C'est sa mère qui lui a fait découvrir «la femme qui chante» alors qu'il n'était encore qu'un enfant. «J'ai eu la chance de grandir dans un éclectisme de bon goût, commence par nous dire Patrick Bruel. Ma mère écoutait Barbara, mais aussi Brel, Brassens, Ferré, l'opéra, la musique classique, les Rolling Stones...»

Il reste que celle qu'on surnommait «la chanteuse de minuit», qu'il a d'abord découverte grâce à sa chanson Madame, a eu une influence déterminante sur lui. L'interprétation de Vienne qu'a faite le chanteur dans un concert symphonique présenté en janvier dernier à l'Opéra Garnier de Paris lui a donné envie de chanter ses chansons.

«Barbara a représenté beaucoup de choses depuis mon enfance, confie-t-il. J'étais fan d'elle depuis l'âge de 8 ans. Elle m'a accompagné durant toute mon adolescence. Comme Brel, Brassens ou Reggiani. J'aimais la chanson. J'aimais la place que ça prenait dans mon quotidien. Les mots de ces gens-là étaient ceux que je n'arrivais pas à dire.»

Le début d'une amitié

En février 1990, il assiste à une série de spectacles de Barbara au Mogador. Il vient de sortir son deuxième album, Alors regarde, qui connaît un immense succès. Il ne le sait pas encore, mais il va rencontrer l'une des idoles. C'est l'imprésario de la chanteuse, Charley Marouani, qu'il connaissait, qui s'est chargé des présentations.

«Moi, je ne voulais pas la rencontrer. J'étais tellement fan que j'avais peur d'être déçu. Ça faisait plusieurs fois que j'allais au concert, et là, il m'a pris par le bras et il m'a dit: «Allez, si tu ne viens pas, tu vas la vexer. Elle sait que tu l'aimes.» Je suis rentré dans sa loge, elle m'a dit: «Enfin. Vous ne pouviez pas me fuir indéfiniment.»»

Les deux artistes se sont liés d'amitié. Lors de sa première série de spectacles au Zénith, elle lui a envoyé un fax: «À l'enfant joueur et prince. Ce soir, c'est une fête ajoutée à toutes les autres. Soyez bien heureux et partez dormir, écrire en silence. Très souvent, je pense à vous avec tendresse et force.» Un mot qui lui a inspiré le titre de son album.

Dévoilée

En réécoutant les 15 chansons que Patrick Bruel a choisi d'interpréter - qu'on pense à Madame, L'aigle noir, Dis, quand reviendras-tu?, Le mal de vivre, Nantes, Göttingen -, on se rend compte à quel point Barbara se dévoilait dans ses chansons. «Elle est totale», acquiesce le chanteur.

L'aigle noir, dont les paroles ont longtemps été entourées de mystère, fait bien sûr partie des chansons qu'il a choisies. On le sait aujourd'hui, elle évoque l'inceste du père de Barbara.

«À l'époque, on croyait que l'ombre de cet aigle noir évoquait le nazisme, qu'elle a connu, puisque sa famille était juive et qu'elle a dû fuir. Mais quand je la chante aujourd'hui, je sais de quoi ça parle», souligne Patrick Bruel.

Qu'a-t-il appris de plus sur Barbara en chantant ses chansons? «J'ai appris pourquoi je l'ai tant aimée, répond-il. Pourquoi ses mots ont tant résonné en moi. Les chansons de Barbara, je les connais par coeur. Mais en les relisant et en les chantant, j'ai trouvé plein de parallèles avec ma propre vie.»

En les travaillant avec son frère David François Moreau, qui a réalisé l'album, il s'étonne même des similitudes. «Quand je lis Nantes, je vois mon histoire aussi. Quand je lis Ma plus belle histoire d'amour, qui parle de la relation d'amour avec son public, c'est la même. Cet album a fait office de psychanalyse. J'ai fait un grand voyage.»

L'écriture très féminine de Barbara a-t-elle été un obstacle dans son travail d'appropriation?

«Non, répond Patrick Bruel. J'ai quand même réussi à me détacher de l'interprète. C'est vrai qu'il y a une sensibilité qui est féminine et qui transpire dans ses chansons. Mais quand on écoute les premières phrases de Perlimpinpin («Pour qui, comment, quand et pourquoi? Contre qui, comment, contre quoi? C'en est assez de vos violences. D'où venez-vous, où allez-vous? Qui êtes-vous, qui priez-vous?»), on se dit que c'est quand même actuel!»

Du 18 au 20 mai, Patrick Bruel sera de retour à Montréal pour une série de concerts avec l'OSM. Il travaille avec Simon Leclerc à l'adaptation de ses pièces. «J'ai très hâte, dit-il. Ça va être super», lance celui qui prend même plaisir à chanter des airs d'opéra, notamment de Puccini. Va-t-il pousser la note avec l'OSM? Patrick Bruel préfère garder la surprise.

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CHANSON. Patrick Bruel. «Très souvent, je pense à vous...». 14 Productions.

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