Half Moon Run: une place au soleil

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Half Moon Run a donné quelque 300 spectacles dans la mouvance de son premier album, Dark Eyes. Réalisée par le Britannique Jim Abbiss (Adele, Arctic Monkeys), sa suite, Sun Leads Me On, vient de sortir. Entrevue sans faux-semblants avec Conner Molander et Isaac Symonds.

«Cela fait juste un an que nous avons arrêté de tourner avec l'album Dark Eyes, lance Conner Molander sur la terrasse d'un hôtel chic du Quartier international de Montréal. C'était difficile de nous poser, car nous étions sur la route depuis deux ans. Nous étions dissipés, fatigués... Nous tentions d'écrire des chansons, mais cela n'aboutissait pas. Toutefois, après quelques semaines à Montréal, la forme est revenue et les chansons ont commencé à couler.»

Les membres de Half Moon Run ont alors mis le cap sur Oceanside, près de San Diego. «Nous avons loué une maison pendant trois semaines et là, nous étions en marche!»

Le soleil et une influence folk traditionnelle s'entendent sur le nouvel album du quatuor, Sun Leads Me On, sorti vendredi. «Nous avons apporté moins d'équipement en Californie, donc nous étions dans un esprit minimaliste et de roadtrip avec une atmosphère positive et rêveuse.»

Des chansons comme Hands in the Garden et Devil May Care sont nées dans cet esprit, précise Isaac Symonds, le plus récent et quatrième membre officiel du groupe. Des pièces douces-amères apaisantes aux racines acoustiques.

Portée internationale

Depuis Arcade Fire, aucun groupe formé à Montréal n'a connu une ascension internationale comparable à celle de Half Moon Run. On se souvient encore d'avoir reçu par courriel sa chanson Full Circle. «Écoute ça», insistait un représentant du label montréalais Indica.

Dark Eyes, qui a eu droit à une deuxième sortie officielle à l'étranger avec Communion Records - un label indépendant de Glassnote Entertainment Group, qui réunit Mumford & Sons, Chvrches, Phoenix -, a permis à Half Moon Run de jouer dans la cour des grands.

Pour son deuxième album, le quatuor a pu faire appel aux services du réalisateur auréolé de prix Grammy Jim Abbiss, associé aux débuts fulgurants des Arctic Monkeys, Adele, Kasabian et Ladytron.

Half Moon Run a retrouvé Jim Abbiss en janvier dernier au studio Bathouse, en Ontario, qu'on dit idyllique. Celui de Tragically Hip.

«Jim est bon pour capturer le moment, signale Isaac Symonds. On fait des prises et des prises et, à un moment donné, il dit: «C'est la bonne!»»

«Tu joues, il te dit: «Pas mal, j'en veux une autre» et soudainement, il lance: «Les gars, c'est magique, continuez comme ça.» Puis, à un moment donné, il dit: «J'ai ce qu'il faut»», renchérit Molander.

Plus complexe en concert

Les chansons de Sun Lead Me On s'avèrent plus complexes à interpréter que celles du premier opus. «Par rapport à Dark Eyes, que nous jouons les yeux fermés après 300 shows, certaines nouvelles chansons comportent des défis, note Conner Molander. Mais en studio, nous ne pensions pas au live pour ne pas nous décourager. Nous nous disions que nous allions trouver une façon de les reproduire.»

Half Moon Run voit-il Sun Leads Me On comme la continuité logique de Dark Eyes ou comme un virage majeur? «Des gens disent que c'est différent, mais cela a du sens pour moi, répond Conner Molander. C'est plus calme, expansif, abouti, et je suis satisfait.»

Half Moon Run accouche d'un album au son folk-rock classique et intemporel où les harmonies vocales sont mises en valeur et où des claviers viennent donner un ton haletant et plus électro-rock, notamment sur l'extrait Turn Your Love.

«Nous aimons tous chanter», indique Isaac Symonds. «C'est automatique, ajoute son comparse. Une obligation pour être dans le groupe.»

Un métier exigeant

En juin dernier, Half Moon Run a entrepris une minitournée de rodage de son deuxième album, de Saint-Hyacinthe à Saint-Georges de Beauce. «On peut répéter comme on veut, mais il n'y a rien comme jouer live. Nous avons donc décidé de nous produire dans de petits marchés au Québec, où le public nous aime et où nous aimons aussi le public, peu importe ce qui arrive. Nous avons appris beaucoup et nous avons pu amener les chansons à un autre niveau», raconte Conner Molander.

C'est connu: les membres de Half Moon Run sont tous des travailleurs acharnés. «Personne ne pourrait être dans le groupe sans cet état d'esprit. Plusieurs considèrent les musiciens comme des gens qui glandent et qui font la fête. Mais, si on le considère comme un travail et de l'artisanat, on veut être le meilleur dans tous les aspects du métier.»

«Il y a des qualifications requises pour être dans le groupe», lance Isaac, qui a rejoint Half Moon Run après la sortie de Dark Eyes.

«On a toute sa vie pour faire son premier album et le deuxième se fait souvent le plus vite possible», souligne-t-il.

Est-ce que 300 spectacles attendent aussi Half Moon Run avec Sun Leads Me On? Sans doute pas autant. Conner Molander ne s'en cache pas: il a eu le vertige à l'idée de repartir sur la route.

«Nous avons travaillé sur cet album intensément pendant un an. Pour moi, cela représente la fin d'un long voyage. Là, il faut tourner.»

«J'étais très troublé par rapport à cela l'été dernier, poursuit-il. J'en ai parlé à des gens que j'admire. Jean-Marc Vallée m'a donné de bons conseils. Il m'a invité à considérer le tout comme des saisons: l'une est créative, l'autre sera consacrée à la promotion et une autre, à la tournée.»

Rappelons que le réalisateur Jean-Marc Vallée a sondé Half Moon Run pour écrire une chanson pour son film Demolition, après la remise des prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, le printemps dernier.

Ambassadeurs montréalais

Half Moon Run aime profondément le Québec et Montréal. «Nous avons un home town, dit Conner Molander. J'y pense souvent. Combien d'autres groupes ont un port d'attache? Nous sommes chanceux.»

Half Moon Run ouvre la voie pour d'autres groupes, dont ceux de son label Indica. Le groupe compte aussi parmi les influences d'autres musiciens plus jeunes. «Ça, c'est fou!», lancent Symonds et Molander à tour de rôle.

Half Moon Run remercie Indica d'avoir cru en lui à ses débuts. «Ils ont pris des risques pour que nous puissions nous consacrer à 100% à la musique. C'était crucial pour nous.»

Prochaine étape, donc? La tournée. «Les deux prochaines années de nos vies sont tracées d'avance dans un document», lance Isaac Symonds.

Combien de soirs au Métropolis au printemps 2016? Quatre, du 1er au 4 avril. Tous à guichets fermés.

En quelques dates

Octobre 2009

Conner Molander et Dylan Phillips, qui ont grandi à Comox, en Colombie-Britannique, sont à la recherche d'un musicien et mettent une annonce sur Craigslist. Devon Portielje, originaire d'Ottawa et aussi expatrié à Montréal, leur répond. Puis survient «un jam magique», un soir d'octobre 2009.

Avril 2010

Half Moon Run donne un spectacle au BarFly devant une poignée d'amis.

Décembre 2010

Le trio obtient un contrat avec le label montréalais Indica.

Novembre 2011

Half Moon Run se produit au GAMIQ et est en vitrine à M pour Montréal.

Mars 2012

Le groupe lance Dark Eyes avec Indica. Il tourne à l'étranger, notamment en première partie de Metric et de Patrick Watson.

Décembre 2012

Half Moon Run donne un vibrant spectacle à guichets fermés au National.

Décembre 2012

Quelques jours plus tard, le groupe annonce que Dark Eyes ressortira en grand à l'étranger avec Communion Records, label indépendant de Glassnote Entertainment Group.

Fin 2012

La Presse fait figurer Half Moon Run parmi ses «nouveaux visages» de 2013.

Année 2013

Half Moon Run se produit en tête d'affiche partout dans le monde et assure des premières parties (parfois devant 20 000 personnes) pour Mumford & Sons.

Mars 2014

Invité sur le plateau de Tout le monde en parle, Half Moon Run annonce qu'il se produira en grand au festival Osheaga. Ses chansons tournent à CHOM et à NRJ.

Octobre 2014

Participe au gala de l'ADISQ.

25 juin 2015

Half Moon Run dévoile son nouvel album sur scène à Saint-Hyacinthe avec le premier spectacle d'une minitournée québécoise de rodage.

23 octobre 2015

Sortie de Sun Leads Me On.

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Rock. Half Moon Run. Sun Leads Me On. Indica.

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