Jean-Michel Jarre: le studio tel une tanière

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Jean-Michel Jarre dans son studio.

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Anthony Lucas
Agence France-Presse
Bougival

Jean-Michel Jarre voit son studio comme «l'atelier d'un peintre», une tanière où il aime travailler en solitaire mais qu'il a cette fois ouvert à d'autres musiciens pour son nouvel album où il se promène dans 40 ans de musique électronique.

«Bienvenue dans l'endroit où j'ai passé une bonne partie de ces quatre dernières années», annonce le créateur d'Oxygène, Équinoxe et Rendez-vous, devenus de véritables hymnes, en accueillant l'AFP au milieu d'une impressionnante collection d'ordinateurs, de claviers noirs et blancs et d'écrans. À l'exception de sa fameuse «harpe laser», tout l'univers Jarre est là.

«Ca, c'est le premier synthé que j'ai eu. J'avais vendu ma guitare et mon ampli et j'étais parti à Londres pour acheter le premier synthé européen existant, le VCS3. La moitié d'Oxygène a été faite avec ça», sourit le musicien français de 67 ans à la silhouette juvénile, en manipulant les boutons d'un antique synthétiseur. «Un instrument qui marche toujours» et a été «beaucoup utilisé» sur Electronica 1: The Time Machine, son album qui paraît vendredi.

À côté de la vénérable machine trône une autre «pièce de musée», l'ARP 2500, synthé notamment utilisé par les Who et que Jean-Michel Jarre a intégré dans le morceau qu'il a écrit avec le guitariste du groupe britannique, Pete Townshend.

Pour ce nouvel album, dont le second volet est annoncé pour avril, il a décidé de croiser son univers avec des artistes de différentes générations «qui ont été, ou sont, une source d'inspiration, tous liés directement ou indirectement à la scène électronique sur quatre décennies». Un projet qui s'est transformé au fil des rencontres en «voyage initiatique» pour le fils du compositeur Maurice Jarre, décédé en 2009.

Secrets, tics et tocs

Jean-Michel Jarre, devenu un des «parrains» de la nouvelle scène électro après avoir été moins en vue pendant les années 2000, s'est beaucoup déplacé pour aller voir les musiciens chez eux mais en a aussi accueilli plusieurs dans son antre, dans la banlieue ouest de Paris. «Ce n'est pas facile d'ouvrir la porte de son studio, de partager en fait ses secrets, ses tics, ses tocs et ses points faibles. J'ai été touché que chacun me fasse entrer dans son univers comme je le fais de mon côté.»

On croise dans ce projet quinze artistes dont Moby, 3D de Massive Attack, Vince Clark, Gesaffelstein ou le duo français Air avec qui il a conçu un ambitieux morceau (Close Your Eyes) voulu comme une rétrospective «pour passer en revue toute la lutherie électronique depuis 80 ans»: la rythmique d'introduction provient ainsi de simples bandes magnétiques scotchées et tournant en boucle sur un lecteur alors que les derniers sons du titre proviennent d'un iPad.

«Pour chaque morceau, je me suis fixé une palette sonore, un peu comme un peintre va utiliser plutôt du rouge, du bleu ou du gris», décrit l'ex-membre du Groupe de recherches musicales (GRM) de Pierre Schaeffer, l'un des pères de la musique électronique.

«Ce qui fait la différence entre la musique électronique et le reste, c'est qu'elle est une autre manière de concevoir l'écriture musicale. Pierre Schaeffer était le premier à considérer la musique non pas en termes de notes et fondée sur le solfège mais surtout faite de sons. Cette approche a changé la manière de composer et de produire.»

Visuellement, l'inventeur de quelques-unes des plus grand-messes «sons et lumières» des années 80 et 90 à Paris, Houston ou Moscou, rêve aussi de mettre son grain de sel dans l'univers «aujourd'hui très codé» des festivals.

«Il y a une approche presque communiste des choses, avec des gens tous logés à la même enseigne, avec la même scène, le même matériel», constate-t-il. Son interrogation, c'est «comment arriver à pirater le système pour faire quelque chose qui soit un peu différent des autres, ça ça m'intéresse!»

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