Le rock d'Editors plus insaisissable que jamais

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Tom Smith, chanteur du groupe Editors, lors d'un spectacle près de Lisbonne en 2013.

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Kilian Fichou
Agence France-Presse
Londres

Formation caméléon de la scène musicale britannique, Editors continue son exploration de l'électro-rock avec un cinquième album sombre et éthéré, délaissant les guitares énergiques de ses premiers opus pour une expérience plus proche des origines du disco.

«C'est un album à la fois pop et expérimental», dit le chanteur Tom Smith à propos d'In Dream, conçu en six semaines et demie dans une petite maison d'artiste à l'ouest de l'Ecosse, en complète autarcie. Dix chansons entre sons organiques et violons lancinants.

«Ce cinquième album est un bon résumé de ce que l'on fait», explique à l'AFP le bassiste Russell Leetch, concédant toutefois qu'il vaut mieux avoir suivi l'évolution du groupe de Birmingham depuis le début pour en comprendre toutes les subtilités.

Dès leurs premiers pas en 2002, les membres d'Editors ont cherché à se démarquer de la scène rock existante. «On a commencé en même temps que des groupes comme Bloc Party ou Maximo Park, qui faisaient partie d'une nouvelle vague de groupes britanniques qui se ressemblaient tous un peu», se souvient Leetch.

Editors se démarque par des chansons nerveuses et glaciales aux guitares puissantes, portées par la voix grave de Tom Smith. Une alchimie réussie qui a réveillé très rapidement les souvenirs engourdis de Joy Division, groupe mythique des années 80 issu de Manchester. «La majorité des chanteurs pop n'ont pas une voix de baryton, donc forcément, ça sonne tout de suite plus sombre, plus dense», analyse Leetch, qui préfère citer The Cure ou Radiohead au rang de ses inspirations.

Deux albums plus tard, classés respectivement numéro 2 (The Back Room, 2005) et numéro 1 (An End Has a Start, 2007) au Royaume-Uni, Editors semble bien parti pour décrocher sa place au soleil de la scène pop-rock outre-Atlantique. Au lieu de quoi le groupe entame un virage à 180 degrés pour se plonger dans des sons plus électro, recourant aux synthés et à une nouvelle palette d'instruments. In This Light and on This Evening (2009) porte en lui les germes de ce que sera, six ans plus tard, In Dream, et se pose comme un album de rupture.

In Dream, un «heureux accident»

Rupture qui prend également la forme du départ du guitariste, Chris Urbanowicz. «Chris n'avait plus vraiment d'idées, il ne savait plus vraiment ce qu'il voulait faire dans la musique, et c'est pour ça qu'on s'est séparés», se souvient Leetch. «On a essayé de faire le quatrième album ensemble, on y a passé près de deux ans. Mais l'atmosphère n'était pas bonne, ce n'était pas une période agréable».

L'arrivée de deux nouveaux membres permet au groupe de se relancer avec The Weight of your Love en 2013, revenant à des sonorités plus classiques.

Mais la formation n'a pas perdu ses envies d'expérimentations, et décide de partir s'isoler en Écosse pour travailler. «C'était un lieu vraiment reculé, à 35 minutes de la ville la plus proche, dans les montagnes, un endroit vraiment pittoresque et balayé par le vent», raconte Leetch. «À l'origine, nous y sommes allés simplement pour écrire, pas pour enregistrer. C'est un heureux accident que ça se soit transformé en album».

Chaque nouvelle chanson est disséquée, réinterprétée de différentes façon, la formation classique guitare, basse et batterie progressivement abandonnée. Même la voix sombre de Smith bascule ici de façon déroutante vers l'aigu. La présence de la chanteuse britannique Rachel Goswell, première artiste invitée sur un album du groupe, contribue également à cette nouvelle mue d'Editors.

Reste à présent à retranscrire cette ambiance crépusculaire sur scène, lors d'une tournée qui démarre au Royaume-Uni le 9 octobre avant de continuer en Europe, avec notamment un passage à Paris le 28 octobre. «C'est toujours un vrai challenge», explique Russell Leetch. «Il faut retravailler certaines chansons, et parfois leur donner plus de volume».

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