Festival de la littérature: Thomas Hellman, chercheur d'or

Thomas Hellman est un chercheur d'or, un trouveur de pépites qui s'est donné... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Josée Lapointe

Thomas Hellman est un chercheur d'or, un trouveur de pépites qui s'est donné pour mission de partager ses découvertes. «J'avais un certain ennui avec la chanson telle qu'elle était formatée, je sentais un vide. J'adore la musique, mais je trouve davantage de sens dans la littérature. Ce qui m'intéresse, c'est d'injecter ce sens dans la musique.»

C'est ce que nous a raconté le chanteur d'origine franco-américaine la semaine dernière, alors qu'il était en pleine répétition pour le spectacle Rêves américains, qu'il présente à compter de vendredi dans le cadre du Festival international de la littérature. Un spectacle qui se sert du folk traditionnel pour raconter le rêve américain, de la ruée vers l'or à la grande crise.

«Ce projet est parti des chroniques que je tenais à l'émission de radio La tête ailleurs, dit Thomas Hellman, qui a traduit, adapté, réécrit des chansons des années 20 et 30 pour mieux plonger au coeur du mythe. Je me suis rendu compte que la musique folk est un moyen privilégié pour accéder aux petites histoires qui font la grande histoire.»

Voilà donc un autre projet hors des sentiers battus pour Thomas Hellman, qui avait gagné son pari il y a trois ans avec le très beau livre-disque dans lequel il avait mis en musique des poèmes de Roland Giguère. «Je l'ai fait tout seul, rappelle-t-il. Personne ne voulait financer ça. Finalement, le disque s'est super bien vendu, alors qu'il était seulement en librairie. On a fait 70 spectacles et j'ai donné plein des conférences!»

Il espère avoir le même rayonnement avec Rêves américains, dans lequel il poursuit sa quête de sens et son désir de faire le lien entre texte et musique.

«La poésie mise en musique, ça s'est fait souvent. Mais la prose, beaucoup moins.» La scène lui semblait le bon lieu pour «explorer les possibilités entre le storytelling et la musique». Rêves américains devait d'ailleurs au départ n'être qu'un spectacle, il est maintenant aussi un disque, qui correspond surtout à sa première partie.

«J'ai cherché le même contraste dans le disque que dans le spectacle, entre la recherche de deux promesses: celle de la conquête et des prospecteurs, et celle de la quête de paix, de se trouver un lieu près de la nature, un lac, comme mes grands-parents l'ont fait.»

Une galerie de personnages

Rêves américains, dit Thomas Hellman, est le projet qui lui aura demandé le plus de temps. «À cause de la recherche derrière, qu'on ne voit pas nécessairement.» Il a beaucoup réfléchi avant de trouver sa forme et a même bien failli tout abandonner. «Je ne voulais pas que ce soit didactique ni chronologique. Je voulais susciter plus de questions que de réponses.»

Il ne voulait pas non plus d'un spectacle protest qui parle de la vie des mineurs et des travailleurs, mais exprimer quelque chose de «plus universel» sur le rapport au territoire et à l'identité, grâce à la «force évocatrice incroyable» du folk qui se cache derrière son apparente simplicité.

Il a pu y arriver en faisant parler les nombreux personnages, des premiers «hobos» aux chasseurs de bisons, en passant par sa grand-mère et la figure de Henry D. Thoreau. Le résultat est un spectacle polyphonique beaucoup moins linéaire que celui sur Roland Giguère, assure-t-il, qui «groove» davantage, qui est amusant et varié. 

«On rit beaucoup, parce que ces personnages sont souvent plus grands que nature.»

À la mise en scène, Thomas Hellman a retrouvé sa complice Brigitte Haentjens, qui comme lui est «obsédée» par le texte et les détails. «J'aime aussi son travail dans le minimalisme et le dépouillement, on se ressemble à cet égard. Elle est arrivée quand j'avais déjà pas mal choisi tout le matériel et m'a aidé à cerner le projet, à travailler la rythmique, le visuel, la forme finale.»

Sur scène, il sera appuyé par Olaf Gundel (banjo, guitare, piano, percussions) et le contrebassiste Sage Reynolds. Et les harmonies vocales y ont la part belle, à la manière des barbershops de l'époque.

«On a travaillé très fort sur les arrangements vocaux. On pouvait passer deux jours sur une seule chanson. Mais je ne voulais pas singer l'époque ni faire de pastiche. C'est un clin d'oeil, mais il fallait aussi rendre ça agréable et pertinent pour l'écoute d'aujourd'hui.»

Et que peuvent nous dire ces chansons d'autrefois? «Qu'il y a de l'espoir, répond Thomas Hellman. C'est un spectacle qui plonge dans la noirceur pour émerger dans la lumière. Je crois que les gens ont besoin de se faire raconter des histoires où on émerge du tunnel.»

Et dans notre époque où les seules formes d'art valables semblent être celles d'aujourd'hui, ajoute-t-il, on a beaucoup à apprendre du passé. «Il y a des formes d'art très riches qui sont sorties de cette époque en particulier, et qui peuvent nous aider à vivre. Je le crois pour vrai.»

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En spectacle au Petit Outremont les 25 et 26 septembre, et du 29 septembre au 3 octobre, dans le cadre du Festival international de la littérature.

FOLK. Rêves américains, tome 1. Thomas Hellman. Les productions Onimus.

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