Rosie Valland: par vocation

Après Safia Nolin, une autre diplômée de l'École internationale de la chanson... (PHOTO FRANCOIS ROY, LA PRESSE)

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Après Safia Nolin, une autre diplômée de l'École internationale de la chanson de Granby à la voix forte lance son premier album. Avec Partir avant, Rosie Valland marque son territoire dans le renouveau folk québécois.

Pendant qu'elle étudiait à l'École de la chanson de Granby, Rosie Valland avait des crises d'angoisse et de larmes répétées. «Je me disais: «Je ne sais pas faire autre chose que de la musique. Je suis dans la merde si ça ne marche pas.» Mon prof me disait: «Si tu n'as pas le choix de faire cela, c'est ce que tu vas faire.»»

Née en Montérégie, Rosie Valland a grandi à Granby, bien avant de fréquenter son École internationale de la chanson. «Je jouais du piano, mais c'est à l'école que tout a démarré, avec quelque chose de plus assumé.»

«Je me suis inscrite en piano, mais j'ai changé rapidement pour la guitare, raconte-t-elle. J'ai découvert un instrument avec lequel je me sens libre. J'ai une formation classique en piano et je me juge beaucoup. À la guitare, c'est intuitif. J'ai aussi trouvé ma voix après avoir travaillé fort avec mon professeur de chant.»

Une voix qu'on pourrait comparer à celle de Salomé Leclerc, campée dans un univers minimaliste et introspectif.

«À l'école, je me souviens d'une fois où il fallait adapter une chanson de Joe Dassin et, dans mon cas, c'était toujours super triste. Mais mon univers est moins naïf et plus lucide aujourd'hui», dit-elle.

Jesse et Rosie

C'est aussi à Granby, en assistant au festival un an avant d'y participer, que Rosie Valland a fait la rencontre la plus déterminante du début de sa carrière: celle du musicien solo et guitariste accompagnateur Jesse Mac Cormack, qui a réalisé son premier EP et son premier album complet, Partir avant, sorti vendredi.

«En 2011, il jouait au festival avec Mélanie Boulay qui faisait son projet solo. Il est venu vers moi. Je ne savais pas qui il était, puis il m'a dit: «Allo, je suis Jesse.» Je ne crois pas au destin, mais il a changé ma vie. Il fallait qu'on se rencontre.»

Après avoir fini l'école de Granby et s'être faufilée en finale du festival en 2012, Rosie Valland a déménagé à Montréal. Elle a demandé à Jesse de collaborer avec elle pour réaliser son premier EP. Depuis un an, le musicien partage aussi la scène avec Jean-Philippe Levac (Pandaléon) et elle.

Entre son EP et Partir avant, Rosie Valland a gagné en maturité et forgé son identité. «Je sais ce que je veux. Je suis une jeune femme maintenant et je suis mieux dans ma peau. Quand j'ai fait l'EP, je disais non à tout, car je manquais de confiance en mon son et je ne voulais pas le dénaturer. J'avais l'impression de me battre contre Jesse. Tout me faisait peur.»

Il y a deux ans, Rosie Valland n'aurait pas sorti une pièce comme St-Denis, qu'elle aurait jugée trop pop. «Aujourd'hui, je sais ce que je suis et mon amitié avec Jesse a évolué. Il est tellement important pour moi. Je n'ai plus peur, j'ai du plaisir.»

Fait rare pour un premier album officiel, Rose Valland n'a pas réuni des chansons écrites depuis longtemps. Elle en a écrit les titres dans la courte et intense période qui a suivi un chagrin d'amour.

«En deux mois, l'été dernier, j'ai dû écrire 20 chansons. Il y avait une urgence. Il fallait que ça sorte», explique-t-elle.

Son ex était aussi son grand complice musical. Tout d'un coup, Rosie Valland s'est retrouvée seule à écrire de la musique. Et elle a adoré cette prise de contrôle, période où elle s'est mise à la guitare plus sérieusement. «Aujourd'hui, je me lève la nuit pour jouer de la muse...»

En studio, Rosie Valland avait comme modèles le dernier album de Cat Power, Sun, et Pure Heroine de Lorde. Jesse et elle ont longuement «jammé les tounes» avant de les enregistrer.

Premières parties

Après avoir assuré la première partie de Louis-Jean Cormier, Rosie Valland réchauffera la salle pour Ariane Moffatt cet automne et pour les Soeurs Boulay au printemps. «Je n'ai pas envie de divertir; j'ai le goût de créer un moment en spectacle. Je ne parle pas beaucoup. Comme si je disais aux gens: «Voici mes chansons, écoutez...» Je m'approche de plus en plus du spectacle que je veux faire.»

«Je suis en éternelle quête d'apprentissage. Je me sens au début de quelque chose», ajoute la musicienne, citant en exemple la carrière d'Ariane Moffatt, une auteure-compositrice dont le public n'a jamais pu prédire le prochain virage.

Rosie Valland est tellement déterminée qu'elle doit s'arrêter pour se réjouir du cours de sa carrière. «J'ai signé mon contrat de disques et il a fallu que Fred [Poulin, d'Ambiances Ambigu[ë]s et Duprince] m'apporte des fleurs pour que je comprenne. Dans ma tête, je suis rendue là.»

La musique est une vocation pour Rosie Valland. «J'ai besoin d'écrire tout le temps. C'est viscéral. Si je ne travaille pas sur un riff pendant deux semaines, j'ai l'impression de ne rien faire.»

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FOLK ALTERNATIF. ROSIE VALLAND. PARTIR AVANT. DUPRINCE.

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