Lorsque Ponctuation dépasse la fiction...

Guillaume et Maxime Chiasson, membres du groupe Ponctuation.... (Photo: David Boily, La Presse)

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Guillaume et Maxime Chiasson, membres du groupe Ponctuation.

Photo: David Boily, La Presse

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Balayons d'abord ce cliché avant de passer au sujet principal: «Si on est tannés de se faire dire qu'on est les Black Keys de Québec? Ouin... Je n'ai pas un h#$&i* d'album de ce groupe!», soupire Guillaume Chiasson, chanteur, multi-instrumentiste, parolier et compositeur de Ponctuation, groupe de la capitale qui s'apprête à monter à Montréal pour y lancer une dizaine de chansons neuves sous une bannière de feu: La réalité nous suffit.

Ni les frères Chiasson (Guillaume et Maxime) ni les Black Keys n'ont innové en choisissant la formule du tandem rock. A-t-on vraiment besoin de dresser une liste? Il faut écouter les deux opus de Ponctuation pour réaliser que ce furieux mélange de kitsch yéyé, stoner rock, psychédélique et punk n'a pas grand-chose à voir avec le blues (de moins en moins) sauvage du célébrissime duo américain.

Ponctuation s'avère plutôt une heureuse apparition keb francophone, plus ou moins cousine des Breastfeeders, Deuxluxes, Les Indiens et autres Il danse avec les genoux. 

«Au départ, on avait trouvé ça cool de jouer à deux. Là, on voulait aller ailleurs; on s'est éloignés du concept. En show, d'ailleurs, on sera trois: Laurence Gauthier-Brown jouera de la basse et des claviers», affirme Guillaume Chiasson.

En route vers le power trio, donc. Sans hésitation aucune, le frontman de Ponctuation affirme que le deuxième album de son band est différent «à plusieurs égards» de 27 Club, paru en mars 2013.

«Notre premier album était plus naïf, plus yéyé; ce côté est encore là, mais pas autant. Il y a un paquet d'influences dans celui-ci. Nous sommes de vrais mélomanes, nous écoutons toutes sortes de trucs: Parquet Courts, White Fence, The Modern Lovers, Syd Barrett... On se plonge dans toutes les périodes: post-punk, pop, glam rock. Chaque journée est différente. Pour nos compos, nous essayons de faire en sorte qu'il y ait un fil conducteur à tout ça. Chaque chanson a son univers et compte plus d'un style, mais ça se tient.»

RETENIR L'ESSENCE DES CHANSONS

Outre les choix stylistiques, le processus de création de La réalité nous suffit se distingue de celui de l'album précédent.

«Au fur et à mesure que nos nouvelles chansons étaient prêtes, on les enregistrait pour ne pas en perdre l'essence originelle. Elles restaient presque intactes par la suite. Pas de préproduction, donc. Pour 27 Club, c'était complètement différent: nous avions tout enregistré à Montréal, au studio hotel2tango. Nos chansons étaient rodées, les prises de son avaient été faites en deux jours par Howard Bilerman. Cette fois, nous y avons mis six mois!»

Pas de réalisateur vedette, pas d'ingénieur du son émérite. Pure confection maison: 

«Nous avons tout enregistré dans notre propre studio. D'abord en analogique, avec un magnétophone à bande huit pistes, ensuite en numérique. Ce fut un véritable moteur de création. Nous avons monté un studio dans notre local de répétition, soit au complexe coopératif Pantoum à Québec. Lorsque nous nous y sommes installés, nous nous y sommes sentis très bien et nous avons décidé d'y enregistrer. Encore maintenant, on y passe beaucoup de temps.»

DEUX FRÈRES, PLUSIEURS CHAPEAUX

Ainsi donc, Guillaume Chiasson joue des guitares, de la basse, des claviers gugusses. Il chante, écrit, compose. Et que fait Maxime Chiasson?

«Mon frère est très important dans la direction artistique de l'affaire. Il est un vrai connaisseur; il a notamment coordonné la programmation des concerts au Cercle à Québec. Je ne ferais pas ça sans lui. Il n'a pas de formation académique, il joue de la batterie depuis quelques années à peine. C'est moi qui lui ai demandé d'essayer! Il a un bon backbeat, il est excitant à voir en show

La fratrie, en tout cas, semble fonctionner rondement. Priorité absolue?

«Ce projet prend à peu près la moitié de notre temps. On ne vit pas de ça à 100 % et ce n'est pas ce qu'on vise. Père de famille, mon frère gagne sa croûte en tant que menuisier-charpentier. Moi, je joue dans trois bands, dont de la basse dans le groupe Jésuslesfilles (je monte souvent à Montréal!) et avec Monsieur Leblanc, ex-punk des Aversions recyclé dans le folk. Je fais aussi un peu de studio, je travaille dans un bar, et je termine mon baccalauréat en guitare jazz à l'Université Laval. Pas pour devenir jazzman, mais bien pour m'améliorer en tant que musicien. Je suis plutôt un gars de pop.»

Et les mots? Guillaume Chiasson exclut toute démarche conceptuelle, bien que la réalité le rattrape lorsqu'il est temps de coller les mots aux sons.

«Quand je lis tout ça, je constate que je parle souvent de l'imperfection des humains, de cette réalité impossible à fuir. On est un peu des esquisses dans cette vie chaotique...»

Lorsque Ponctuation dépasse la fiction...

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Spectacle-lancement mercredi, 21 h, au Ritz P.D.B.

ROCK. Ponctuation. La réalité nous suffit.

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