The Loodies: jeunes élus de la mouvance indie

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The Loodies se produiront à la Casa del Popolo le 5 mai.

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À peine sortis de l'adolescence, ils ont des cultures musicales grosses comme ça. Éduqués dans les meilleures écoles de Montréal, à l'écoute de tout. Qui plus est, de l'expérience: The Loodies sortent un deuxième album d'expression anglaise, sans titre, sous étiquette Indica. Tout y est arrangé collectivement, tout est écrit et composé par le très doué Ludovic Alarie, à qui on doit aussi un opus solo interprété en français.

Ludovic et Lysandre, tous deux âgés de 21 ans, représentent leur groupe pour cette interview. À l'évidence, ils ne viennent pas de nulle part. Ludo est un auteur-compositeur précoce, de surcroît le fils d'un des meilleurs contrebassistes de jazz au pays (Frédéric Alarie). Lysandre peut compter sur une solide formation classique et jouit actuellement d'un puissant éclairage médiatique - à cause du rôle de l'étudiante musicienne qu'elle campe dans le récent film de Léa Pool, La passion d'Augustine.

Ludovic Alarie: «J'avais 16 ans quand j'ai commencé à écrire des chansons pour The Loodies. C'était à l'école Pierre-Laporte avec Sacha Woodward, notre batteur. Nous avions enregistré un maxi, après quoi nous avons connu Lysandre et Jérémy à Vincent-d'Indy. Nous avons fait notre premier album en 2011, pendant nos études. À Vincent-d'Indy, j'ai fait mon DEC en guitare classique avant de m'inscrire en électroacoustique à l'Université Concordia. J'ai dû m'arrêter au bout d'un an: j'en avais plein les bras avec mes projets.»

Lysandre Ménard: «J'ai commencé le piano très jeune, j'ai eu des leçons privées jusqu'à la fin de l'école secondaire [au collège Durocher Saint-Lambert], puis j'ai étudié à Vincent-d'Indy, où j'ai connu les gars des Loodies. Je suis présentement inscrite en piano classique au Conservatoire de musique de Montréal. C'est difficile pour moi de me concentrer sur un seul genre musical: il me faut explorer d'autres mondes musicaux.»

LA TOUCHE DE WARREN C. SPICER

Exploration multipolaire! Ils n'avaient pas 20 ans et tournaient en Europe, jouaient le répertoire de leur premier album réalisé par Howard Bilerman et Jace Lasek, bonzes montréalais de la mouvance indie, comme on le sait. Alors? Semble-t-il que cet opus est déjà loin derrière pour les Loodies!

L.A.: «On n'en joue plus souvent les pièces... Très différentes de ce qu'on vient de faire.»

Aujourd'hui, le groupe est composé de Ludovic Alarie, voix, guitares et synthés; Lysandre Ménard, claviers et voix; Jérémy Delorme, guitares; Sacha Woodward, batterie; et Étienne Dextraze-Monast, basse électrique.

L.M.: «C'est la formation originelle, sauf le bassiste... Depuis un an et demi, nous avons Étienne, qui a étudié avec le père de Ludovic.»

Ils brillent sur la queue de la comète indie. D'où la réalisation de Warren C. Spicer, de Plants & Animals, groupe important de la génération qui les précède.

L.A.: «Nous lui devons beaucoup. Les trois quarts du disque avaient été réalisés avant mon projet solo au sein duquel il s'est aussi impliqué. Tout s'est mélangé dans le temps, et nous avons finalisé l'album des Loodies.»

L.M.: «Pour l'album précédent, c'était super avec Howard Bilerman et Jace Lasek, mais leur implication n'était pas la même.»

L.A.: «C'était un autre état d'esprit: Howard voulait capter fidèlement ce que le band jouait en studio, sans altérer quoi que ce soit, alors que Warren s'est impliqué dans le concept. Il a aussi joué de la guitare, de la basse, il a chanté avec nous.»

L.M.: «Warren était à l'écoute. Lorsqu'il avait une idée, il nous la proposait. Il y avait un échange constant entre le réalisateur et le groupe.»

L.A.: «La vision qu'on avait au départ pour cet album, c'était un mélange de Blonde Redhead (surtout les albums 23 et Misery Is a Butterfly) et de l'album blanc des Beatles. Avec le recul, je trouve que nous sommes restés proches de l'idée originelle.»

CHANTER COMME IL PARLE

On leur soumet d'autres noms: Maison Brume, Mutual Benefit et... ils ne connaissent pas ou très peu ces groupes de pop vaporeuse dont les voix délicates se fondent dans le mix, un tantinet à la manière des Loodies. Chose certaine, ce mélange à la fois doux et consistant n'est pas une vue de l'esprit.

L.A.: «Je ne parle pas fort, je ne chante pas fort non plus. Ma musique représente ma personnalité. L'accent n'y est pas mis sur la voix, mais sur le son d'ensemble. Nos chansons sont chargées musicalement; une voix comme la mienne permet de mettre l'accent sur la musique.»

Le texte? Secondaire. Le leader des Loodies découvre à peine le pouvoir des mots. Il en est conscient.

L.A.: «Les mots sont plus importants dans mon projet solo, moins dans The Loodies. Dans les deux cas, la musique l'emporte. J'ai grandi avec Radiohead, Malajube, Plants & Animals... Je n'ai pas vraiment porté attention aux textes jusqu'à récemment; j'ai découvert d'excellents paroliers de différentes générations comme Leonard Cohen, Elliott Smith, Bill Callahan, Neil Young, Lou Reed...»

Quant au radar musical, il est toujours allumé chez les Loodies.

L.M.: «En ce moment, nous sommes sur les derniers albums de Kendrick Lamar, Sufjan Stevens ou Godspeed You ! Black Emperor. L'électro? Mount Kimbie. Andy Stott? Tim Hecker? Oui, j'ai écouté. Travailler à un projet commun avec des gens qui ont plein d'idées, c'est un exercice intéressant, gratifiant, très stimulant. Explorer à plusieurs têtes nous fait développer les forces en nous.»

Mercredi dernier au Ritz P.D.B., soit le surlendemain de cette rencontre, The Loodies rayonnaient. Exhalaient une assurance peu commune. Témoignaient d'une véritable expérience de la scène. Pour des kids au début de la vingtaine, on peut parler d'un départ canon. Inutile de conclure que ces jeunes gens ont le vent dans les voiles. Cet esprit à la fois candide et conquérant qu'ont les jeunes élus au tournant de la vingtaine.

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The Loodies se produiront à la Casa del Popolo le 5 mai.

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