Jean-Pierre Ferland dévoile l'oeuvre de sa vie

Jean-Pierre Ferland était obsédé par l'idée de monter une comédie musicale sur... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Jean-Pierre Ferland était obsédé par l'idée de monter une comédie musicale sur l'histoire d'amour du duc de Windsor qui a renoncé à la couronne britannique pour épouser la divorcée américaine Wallis Simpson. À 80 ans, il touche presque au but avec la parution de l'album La femme du roi.

Jean-Pierre Ferland a travaillé pendant 10 ans à La femme du roi dont le public peut désormais découvrir la moitié des chansons sur l'album du même nom. Mais il y a beaucoup plus longtemps que cette comédie musicale l'obsède littéralement.

Ferland a fait la connaissance du duc et de la duchesse de Windsor dans un restaurant parisien au milieu des années 60, puis il les a croisés dans le XVIe arrondissement où il habitait à l'époque. Intrigué, il a tout lu sur eux. Mais c'est le soir de la première de Gala, comédie musicale sur la muse de Salvador Dalí qu'il a créée avec le compositeur Paul Baillargeon en avril 1989, que Ferland a pris sa décision.

«J'étais dans la troisième rangée et, au bout de 20 minutes, j'ai su ce que j'avais fait de mal: j'y avais mis trop de recherche et d'analyse, mais pas assez de passion. Je n'avais pas encore lu les mauvaises critiques, mais je me suis dit à ce moment précis que si je faisais une autre comédie musicale, elle porterait sur madame Simpson et le duc de Windsor.»

Ferland a mis du temps à digérer la critique qui a descendu Gala. «Ça m'a tué, je n'étais plus capable d'écrire», dit-il. Tant et si bien que malgré le succès incontestable de son album Écoute pas ça dans les années 90, il ne s'est attelé à l'écriture de son «pop opéra» que dans les années 2000.

Il a toujours cru que La femme du roi, qu'il avait d'abord intitulé Madame Simpson, verrait le jour, assure-t-il. Mais maintenant que le processus est véritablement lancé avec la parution de l'album, il ne cache pas sa hantise. Cette semaine, en jetant un regard par la fenêtre panoramique de son condo sis au 22e étage d'un édifice au pied du mont Royal, il a ressenti un étourdissement.

«Je me suis dit: t'es dedans, c'est ici que ça va se faire. Si c'est un échec comme je l'ai déjà vécu, je me demande si je vais être capable de le prendre.

«Je me sens encore vivant, vivace, assez jeune, mais j'ai tellement de misère à supporter les mauvaises critiques. Ce n'est pas parce que ça m'humilie, mais parce qu'on dirait que je ne suis pas allé au bout de moi.»

Un duo avec Ginette

L'album s'ouvre sur un duo Ferland-Reno, une idée du compositeur Alain Leblanc. La chanson C'est toi que j'veux est en fait une relecture d'Il faut des amoureux de l'album Écoute pas ça. «Ginette a accepté. On s'aime beaucoup et on a eu un hit ensemble, T'es mon amour, t'es ma maîtresse. Ginette va venir chanter C'est toi que j'veux le soir de la première dans chaque ville.»

La femme du roi a comme sous-titre La plus belle histoire d'amour du 20e siècle. Dans le livret du disque, Ferland déclare: «Aimer quelqu'un au point d'en abdiquer son royaume, c'est mon rêve.» Rien d'étonnant de la part de l'incorrigible romantique qui a écrit certaines des plus belles chansons d'amour du répertoire francophone et qui nous dit aujourd'hui: «Moi, si j'étais pas amoureux, je ne serais pas en santé.»

Le spectacle sera rodé à Joliette les lundis et mardis à compter de juin 2015 avant d'être présenté dans les grandes salles de Montréal, Ottawa et Québec à l'automne. Outre Julie Anne Saumur, l'amoureuse de Ferland, dans le rôle de Wallis Simpson, la distribution comprendra Lynn Jodoin, chanteuse d'expérience et compagne d'Alain Leblanc, et des participants de l'émission La voix: Jean-Sébastien Lavoie dans le rôle du duc de Windsor, Étienne Cotton, Julie Massicotte, Jacques Lebel et Francis Mondoux.

La mise en scène a été confiée à Denis Bouchard, et Pierre Séguin sera responsable des décors virtuels. C'est Bouchard qui a convaincu Ferland de monter sur scène pour y tenir le rôle du majordome du roi: «Un majordome qui est au courant de tout, qui voit tout. Je fais les liens qui sont difficiles à comprendre.»

Angélil était intéressé

Ferland estime qu'il lui en coûtera environ 700 000$ pour monter La femme du roi. Il voulait tellement «tenir les guides» de ce spectacle dont il est l'unique producteur qu'il a vendu son condo en Floride, hypothéqué sa maison à Saint-Norbert et investi toutes ses économies dans cette aventure.

René Angélil lui a proposé de produire son spectacle, nous apprend-il. «Après ça, il m'a dit: «Je me sens trop vieux et malade, je vais donner ça à mes subalternes.» Ça ne m'intéressait pas. C'est lui, le cerveau.»

Ferland a confiance que le public va adhérer à ce qu'il considère comme l'oeuvre de sa vie; si ça marche au Québec, il est convaincu que l'Angleterre et la France vont embarquer dans cette histoire qui les fascine. Une traduction anglaise est déjà en cours.

«C'est pour ça que j'ai sorti tout mon argent, dit Ferland. Il faut que j'en laisse à mes enfants, donc je n'ai pas le choix: il faut que j'aie du succès. C'est également pour ça que je joue dedans et que je m'implique au maximum. Oui, ça va être exigeant pour moi, mais je préfère être dans l'action plutôt que de rester chez nous et dire: «Pourquoi ça n'a pas marché? J'aurais dû faire ceci ou cela...»»

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COMÉDIE MUSICALE. La femme du roi. Artistes variés. Tandem.mu/Select.

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