Heat: mercure à la hausse

Susil Sharma et Raphaël Bussières, membres du groupe... (Photo: David Boily, La Presse)

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Susil Sharma et Raphaël Bussières, membres du groupe Heat, étudient les partenariats possibles à l'étranger, alors que leur musique suscite de plus en plus l'engouement.

Photo: David Boily, La Presse

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Si le bon vieux rock guitare-basse-batterie est condamné à disparaître, force est d'admettre que ça se bouscule en masse au chevet du mourant. Du côté de Montréal, les gars de Heat se joignent au peloton et se proposent d'en prolonger joyeusement l'agonie.

Connectés aux sérums du Velvet Underground, de Television, Echo & the Bunnymen, Johnny Marr, Jesus & Mary Chain et autres Strokes, ces Montréalais dans la vingtaine ne se prennent pas la tête afin de déterminer si leur allégeance au rock est bien de leur époque.

«Nous ne réinventons pas la roue», convient calmement Susil Sharma, chanteur et guitariste sans qui Heat ne serait pas Heat, groupe montréalais dont l'indice d'octane et le potentiel de succès international s'annoncent très élevés.

L'appel du rock

De ce garçon courtois et posé, on devine l'attitude rock dans les sourires en coin, dans la gestuelle à la fois gracieuse et indolente, dans cette douce arrogance émanant de ses expressions faciales. Sa physionomie trahit ses origines népalaises: ses parents ont quitté Katmandou pour étudier dans l'Illinois avant que le père ne débusque un poste d'universitaire à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, là où il a grandi.

Il y a neuf ans, Susil Sharma s'était inscrit à l'Université McGill afin d'y mener des études supérieures, comme l'ont fait ses deux soeurs - opticienne et docteure en philosophie. Le cheminement scolaire a été brusquement interrompu par l'appel du rock, résume-t-il dans un français plus qu'acceptable.

«Mes parents souhaitaient que je devienne ingénieur ou médecin, j'ai préféré faire de la musique. J'ai fait partie de plusieurs groupes de la scène du Mile End avant de créer une première bonne maquette de Heat.»

Susil Sharma

À ses côtés, le bassiste Raphaël Bussières révèle un parcours fort différent, dont l'aboutissement ne pourrait avoir lieu ailleurs qu'à Montréal. De Chibougamau, ce fils d'une enseignante au primaire et d'un détaillant de pièces de véhicules s'est rapproché de Montréal pour faire un DEC au Collège Lionel-Groulx, à l'option théâtre, plus précisément en conception d'éclairage, décors et scénographie.«Dans ma région natale, rappelle-t-il, j'avais joué dans différents groupes, dont des formations autochtones. J'ai toujours joué dans des bands pendant mes études. Encore aujourd'hui, je fais de l'éclairage pour gagner ma vie et je fais du rock pour m'amuser.»

Le troisième larron de Heat brille par son absence à l'entrevue: d'origine calabraise, le guitariste Matthew Fiorentino est né à Kingston, en Ontario, et a grandi à Laval. Il a fait des études et se consacre au rock. «Je connais Matthew depuis sept ans; tout le monde de cette scène du Mile End se connaissait, et les musiciens finissaient souvent par jouer ensemble», raconte Susil.

Et le batteur? Pas de batteur permanent jusqu'à nouvel ordre.

«Nous étions cinq avec trois guitares, puis quatre, puis trois, puis quatre... Aujourd'hui, le groupe est composé officiellement de trois membres, tant et aussi longtemps qu'un batteur ne sera pas admis pour de bon. Vous savez, c'est très difficile de retenir un bon batteur de rock...», résume le leader de Heat.

Que des tubes!

«Nous sommes sur le coup», ajoute Raphaël, qui s'est joint au groupe lorsque le réalisateur du clip de la chanson Rooms, un ami pour qui il a déjà travaillé, lui a parlé d'un poste vacant. «J'ai écouté la musique de Heat; ça ne m'a pas pris beaucoup de temps avant d'embarquer.»

On apprendra en outre que le batteur Michel Aubinais sera de la partie cette semaine. Il a intérêt à se décider rapidement, car ça pourrait se passer pour Heat. Les cinq titres du maxi sans titre (en écoute gratuite sur Bandcamp) sont des tubes! Des chansons contagieuses, éminemment populaires, couchées sur des moquettes de guitares saturées. La vraie patente rock!

«Il n'y a pas vraiment de soliste dans le groupe. Nos accords, riffs et solos sont intercalés», affirme Susil Sharma.

«Le rythme, précise Raphaël, n'est pas assuré par les guitares, mais bien par la basse et la batterie. Les beats et les lignes sont vraiment simples.»

Heat est devenu un projet viable au fil d'une paire d'années, raconte Susil: «Depuis 2013, nous sommes passés aux choses sérieuses. Nous avons joué dans différents contextes, nous sentons le buzz autour de Heat. Nous avons joué dans plusieurs clubs à New York (dans le cadre du CMJ Music Marathon), nous avons fait des premières parties de groupes connus, dont Foxygen au National. Nous parlons avec des tourneurs et des labels, nous prenons notre temps avant de décider avec qui nous allons travailler hors du Québec.»

Un maxi de trois chansons sortira en décembre, un premier album sera assurément lancé en 2015.

«L'objectif, c'est de s'amuser et vivre de cette musique, conclut Raphaël. Pour que ça se produise, on se donne à fond.»

Contrairement au mercure dont la chute est imminente pour de longs mois à venir, celui de Heat est vraisemblablement à la hausse. Deux présences à M pour Montréal devraient le confirmer.

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Au Café Cléopâtre, jeudi à 20 h 30, et à La Vitrola,  samedi à 23 h 35, dans le cadre de M pour Montréal.

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