Un buzz nommé The Barr Brothers

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Photo: Olivier Jean, La Presse

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Il souffle un vent puissant, très favorable aux Barr Brothers, à l'aube de la sortie de leur deuxième opus et de leur rentrée montréalaise en novembre.

Chez Secret City Records, label du groupe ainsi que de Patrick Watson, Basia Bulat, Thus Owls, Owen Pallett ou Suuns, on énumère fièrement les indices du buzz:

- Les trois premiers extraits de l'album à paraître mardi ont été entendus 1,6 million de fois sur la plateforme Spotify. La chanson Half Crazy tourne à fond dans les FM américaines de catégorie «adult album alternative» (AAA).

- À Londres et Édimbourg, les spectacles des Barr Brothers affichent complet avant leurs escales prévues ce mois-ci. Les périodiques Exclaim!, Rolling Stone France, MOJO, Uncut, Q Magazine et NME prévoient publier la recension de Sleeping Operator.

- Aujourd'hui, les membres des Barr Brothers sont les invités de Jian Ghomeshi, animateur-vedette des ondes radio-canadiennes. La semaine dernière, l'influente station californienne KCRW a convié le groupe à se produire à une émission de grande écoute, Morning Becomes Eclectic.

On en passe et des meilleures...

À l'évidence, tout baigne pour l'auteur-compositeur-interprète et guitariste Brad Barr et le percussionniste Andrew Barr, Montréalais d'adoption.

Originaires de Providence, Rhode Island, ces frères de sang et de son ont vécu 10 ans à Boston avant d'en passer une autre dizaine à Montréal et d'intégrer sa grande famille anglo indie. Leur trio avant-rock The Slip y fut remplacé par The Barr Brothers, groupe créé de concert avec la harpiste Sarah Pagé auquel s'est joint le multi-instrumentiste Andrés Vial après la sortie d'un premier album (sans titre) en 2011.

«À son arrivée à Montréal, Brad s'est installé rue Sherbrooke, coin De Lorimier, rappelle Andrew, assis aux côtés de Brad et Sarah Pagé. Un jour, il a entendu le son de la harpe à travers le mur de son appartement. Il a fini par cogner à la porte d'à côté; Sarah Pagé lui a ouvert. Il lui a alors dit qu'il avait appris la musique qui venait de chez elle. La chanson Sarah Through the Wall était née.»

Une décennie plus tard, nous sommes dans l'espace de création des Barr Brothers, au coeur du Mile End. Vaste sous-sol, déco improvisée, ameublement bancal, salle de répétition, espace assurément propice à la musique. Dans ce sympathique bric-à-brac, on se sent très à l'aise pour converser avec des musiciens courtois et chaleureux.

Andrew amorce le récit de Sleeping Operator: «Le résultat peut sembler méticuleux, mais nous avons d'abord procédé à l'inverse. Une chanson naissait au bout d'une dizaine de prises de son, nous passions à la suivante. Au bout d'une trentaine de chansons, nous avons laissé reposer le tout. Par la suite, nous avons choisi celles qui avaient les meilleures qualités pour une interprétation sur scène. Nous avons émondé, intégré de petits éléments.»

Brad poursuit: «Après ces semaines passées au studio Mixart, nous avons enregistré 15 autres chansons. Les 13 qui ont été sélectionnées ont été à peine retouchées. Elles ont conservé leurs qualités originelles.»

Une foule d'invités ont participé à cet enregistrement: voix, cordes, cuivres issus d'horizons différents. Plusieurs amis pourraient d'ailleurs se joindre aux Barr Brothers lorsqu'ils se produiront au Métropolis, laissent-ils entendre.

Sarah se montre ravie de la prise de son du Californien Ryan Freeland. «Il a enregistré avec nous à Montréal et mixé ensuite à Los Angeles où il réside. Grâce à Ryan, chaque instrument a trouvé sa place, toutes les subtilités de notre jeu, tous les détails de l'enregistrement ont été mis en valeur.»

Dans la bonne direction

Mais... comment se démarquer aujourd'hui dans cette mouvance indie de plus en plus récupérée, formatée, standardisée par l'industrie de la musique?

Brad fournit cette réponse: «Nous ne sommes quand même pas Mumford & Sons, The Head and the Heart ou The Lumineers. Bien que nous aimions certains aspects de leur travail, nous ne nous faisons pas partie de quelque mouvance pop acoustique, folk pop ou indie pop.»

De quoi les Barr Brothers sont-ils particulièrement fiers?

Brad fait preuve d'humilité à ce titre: «Ce n'est peut-être pas encore notre magnum opus, mais c'est un pas en cette direction. C'est ce qu'on pouvait faire de mieux à ce stade. Nous avons beaucoup appris, notamment à jouer avec plus de dynamique, à maîtriser davantage certains styles.

«Notre groupe est devenu plus cohésif au cours de la dernière année. Nous avons réussi à mieux intégrer la harpe; Sarah se sent plus libre et peut mieux s'exprimer.»

Sarah confirme: «J'ai mis beaucoup d'efforts pour que le son de ma harpe prenne sa place dans un tel groupe. La délicatesse du son posait problème. Pour ce, je travaille avec l'entreprise Dusty Strings [de Seattle]; nous mettons au point ensemble différents procédés d'amplification pour mon instrument - permanente ou amovible. D'ailleurs, plusieurs harpistes du monde entier m'écrivent pour savoir comment je m'y prends! En fait, je me sens comme une interprète de musique de chambre au sein d'un groupe de jazz, de blues, de musique africaine ou de folk.»

Sourire aux lèvres, Andrew conclut sur l'ambiance familiale et rassurante qui émane de Sleeping Operator: «Une des belles réalisations de cet album, c'est d'avoir créé un son chaud et confortable. C'est l'expression d'une vraie famille, d'une réelle communauté d'artistes. Je ressens cet enregistrement comme une couette épaisse, enveloppante.»

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FOLK/BLUES. The Barr Brothers. Sleeping Operator. Secret City Records. Sortie mardi prochain

Le groupe sera en spectacle au Métropolis le 6 novembre. Première partie: Bahamas.

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