Matthew Barber: du bar jazz au théâtre

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On connaît davantage le travail artistique de la soeur de Matthew Barber, Jill, que le sien. Cela pourrait changer, alors que l'auteur-compositeur-interprète s'installe à Montréal pour quelques semaines.

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Contrairement à sa soeur Jill, c'est surtout dans le milieu du théâtre anglo que l'auteur-compositeur-interprète torontois Matthew Barber est connu à Montréal. Il est en ville ces jours-ci pour nous présenter sur scène son récent album Big Romance et chanter dans la pièce théâtrale inspirée du film The Graduate.

Tant qu'à s'installer à Montréal pendant un mois et demi pour chanter dans The Graduate, Matthew Barber a décidé de faire d'une pierre deux coups en se produisant vendredi qui vient au bar jazz Upstairs.

Moins connu ici que sa soeur Jill, qui a lancé récemment un album de reprises en français intitulé Chansons, l'artiste torontois titulaire d'une maîtrise en philo a tout de même ses habitudes à Montréal, surtout dans le milieu du théâtre anglophone. Il a composé et interprété la musique de la pièce The Haunted Hillbilly, qui a été jouée au Centaur et au Centre Segal, et les chansons ont été regroupées sur son avant-dernier album, Songs From The Haunted Hillbilly.

«Je suis arrivé hier soir, et j'ai loué un petit appartement dans le Mile End jusqu'à la fin septembre. C'est super!», a-t-il dit à La Presse lundi matin, après la première réunion de l'équipe de The Graduate. Cette pièce, créée à Londres en 2000 d'après le roman et le film de Mike Nichols qui a révélé un certain Dustin Hoffman en 1967, misait sur de la musique préenregistrée de l'époque, dont, évidemment, les chansons de Simon and Garfunkel. Le metteur en scène de théâtre Andrew Shaver a demandé à Matthew et à son bon ami Justin Rutledge de jouer quelques chansons du duo américain, mais surtout des compositions de leur cru aux côtés des comédiens sur la scène du Centre Segal.

«Justin et moi avons écrit des chansons exprès pour cette pièce, raconte Matthew. On ne voulait pas trop copier le son de Simon & Garfunkel, mais on s'inspire évidemment de l'esprit folk des années 60, l'univers dans lequel on installe la musique. On porte des costumes semblables à ceux des Beatles des débuts, parce que la pièce est située en 1964, alors que le film se passait en 1967.»

Un hommage à Magic Greg

C'est également avec Justin Rutledge que Matthew Barber va se produire au bar Upstairs vendredi. Les deux amis, qui n'ont jamais joué dans le même groupe, vont proposer leurs chansons séparément puis en faire quelques-unes ensemble.

Ce sera l'occasion de découvrir les chansons du récent album Big Romance, un très bon disque à saveur folk-country-rock dans lequel Matthew rend un hommage senti à Magic Greg, l'artiste d'origine britannique Greg Kramer qui a passé les dernières années de sa vie à Montréal.

«Je l'ai écrite le jour où j'ai appris que Greg venait de mourir, raconte Matthew. J'ai fait sa connaissance parce qu'il jouait dans la pièce The Haunted Hillbilly. C'était un gars fascinant qui a fait partie de la scène punk des années 70 à Londres. Il a eu un problème de drogue, a fait une cure de désintoxication, a éprouvé des ennuis de santé et est venu vivre au Canada, puis s'est installé à Montréal. C'est là qu'il se sentait le mieux, je pense.

«Greg était un homme de la renaissance des temps modernes, un acteur, un romancier, un musicien, mais aussi un magicien qui nous divertissait avec ses trucs pendant les pauses. J'ai eu un choc quand j'ai appris sa mort subite, et la chanson est venue tout naturellement.»

Big Romance, qu'a réalisé l'Américain Gary Louris, des Jayhawks, compte également des chansons d'amour et de réconfort, dont Hold Me, que Matthew chante avec Jill. Le frère et la soeur comptent d'ailleurs enregistrer l'an prochain l'album qu'ils se proposent depuis toujours de faire ensemble, composé de reprises et de chansons écrites à deux.

La chanson qui tranche le plus sur Big Romance est sans contredit On the 505, au sujet de Sammy Yatim, un jeune d'origine syrienne abattu par un policier dans un tram de Toronto l'an dernier.

Matthew raconte: «J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour ceux qui, comme Bob Dylan et Neil Young, peuvent écrire des chansons sur des sujets d'actualité et le faire d'une façon nuancée qui ne sonne pas trop prêchi-prêcha. C'est très difficile, et j'ai évité ce genre de sujet par le passé. On the 505 n'est pas tant une prise de position politique qu'une réponse émotionnelle à une tragédie survenue là où je vis, dans un quartier pacifique du West End de Toronto. Personne ne pouvait imaginer qu'une telle chose puisse se produire rue Dundas, et il y a eu des manifestations dans le coin après cet incident. Je baignais littéralement dans cette actualité et ça m'a poussé à écrire cette chanson.»

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Matthew Barber et Justin Rutledge, au jazz-bar Upstairs, le 22 août à 20 h et 22 h 15; The Graduate, au Centre Segal, du 31 août au 21 septembre

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