The Black Keys: en constante évolution

The Black Keys, formé de Dan Auerbach (à... (Photo: fournie par Warner)

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The Black Keys, formé de Dan Auerbach (à l'avant sur la photo) et de Patrick Carney, n'aime pas se tourner vers le passé quand vient le temps de penser à la réalisation d'un nouvel album.

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Obtenir 20 minutes d'entrevue avec Dan Auerbach est un privilège. Habituellement, il délègue cette tâche à Patrick Carney, sa moitié des Black Keys. Homme de peu de mots, Auerbach nous a parlé du divorce qui a inspiré le huitième album de son groupe, Turn Blue, et de son travail de réalisateur avec Lana Del Rey.

Le soir de notre entrevue avec Dan Auerbach, The Black Keys s'apprêtait à monter pour la première fois sur scène avec les chansons de son huitième album, Turn Blue.

«Nous sommes en Alabama pour le festival Hang Out, a indiqué Auerbach. Sauf Fever [premier extrait de l'album], nous n'avons pas encore interprété en concert les ballades et les chansons plus mid-tempo de Turn Blue. Le temps dira si cela va changer l'ambiance du spectacle.»

Complété par le batteur Patrick Carney, The Black Keys est aujourd'hui bien loin de ses débuts comme duo blues-rock lo-fi de l'Ohio, il y a 10 ans. En témoignent huit albums, plusieurs prix Grammy, mais surtout une évolution musicale considérable.

Se tourner vers le passé, très peu pour Dan Auerbach. «Surtout quand je fais un nouvel album, dit le chanteur et guitariste. Nous sommes un groupe très à l'aise avec le changement; nous aimons expérimenter et essayer de nouvelles choses. Ce serait racoleur de se répéter.»

Pour Patrick Carney et Dan Auerbach, tout a changé, mais en même temps, rien n'a changé. «Nous sommes dans un monde différent avec plein de gens qui travaillent pour le groupe», dit le chanteur.

Si une chose n'a pas changé, c'est l'absence de compromis artistique chez The Black Keys. Turn Blue, lancé il y a une dizaine de jours, s'ouvre sur un solo de guitare de deux minutes. Il comporte plusieurs ballades, des claviers psychédéliques et a un ton introspectif.

Le groupe est arrivé en studio les mains vides. «Tout l'album a été improvisé. Chaque matin, nous partions de rien, raconte Auerbach. Nous ne savions pas quel album nous avions en main jusqu'à ce que tout soit pratiquement complété.»

Le troisième membre

Malgré son impressionnante feuille de route comme réalisateur, Dan Auerbach continue de coréaliser les albums de The Black Keys avec Brian Burton, moitié de Broken Bells, membre de Gnarls Barkley et réalisateur émérite (Beck, Gorillaz) recruté récemment par U2.

Brian Burton, alias Danger Mouse, n'agit pas simplement à titre de réalisateur quand il se trouve dans un studio pour un album des Black Keys. Il est un membre en règle du groupe. Certaines chansons de Turn Blue auraient carrément pu se retrouver sur un album de Broken Bells.

«Nous avons travaillé de la même façon que sur l'album El Camino, indique Auerbach. Brian était un collaborateur égal à nous. Il est notre ami depuis huit ans, alors c'est juste plaisant en studio. Nous avons les mêmes intérêts musicaux et nous voyons tous les deux les albums comme un tout. Nous nous mettons au défi. J'apprends de lui et il apprend de moi.»

Le chanteur ne s'en cache pas: les textes de ce disque (Weight of Love, Bullet In The Brain), inspirés de son épineux divorce (son ex-femme a eu des comportements suicidaires), lui ont servi de thérapie. «C'était la première fois que j'écrivais des paroles sans être capable à ce point de me concentrer sur autre chose. J'étais complètement absorbé par ma vie personnelle; ça ressort dans les paroles.»

Auerbach le réalisateur

Dan Auerbach a inauguré en 2010 le studio Easy Eye Sound à Nashville. Il y a réalisé les derniers albums de Bombino, Dr. John, Ray Lamontagne et celui tant attendu de Lana Del Rey, Ultraviolence, prévu pour le 16 juin.

Ce père d'une fillette aime le caractère intime de la ville de Nashville, comparativement à Los Angeles ou New York. «Je viens d'une petite ville», rappelle-t-il.

Dan Auerbach est un gars occupé. Il doit refuser beaucoup d'offres de réalisation. Il carbure aux coups de coeur, dont celui pour le guitar hero touareg Bombino, dont il a réalisé l'album Nomad paru l'an dernier.

Dans le cas de Ray Lamontagne, il a fallu attendre deux ans avant que les horaires des deux hommes puissent s'arrimer pour Supernova, lancé récemment.

Ultraviolence de Lana Del Rey représente la première aventure pop de Dan Auerbach. «J'ai rencontré Lana à New York, raconte-t-il. Nous avons parlé de musique. Elle m'a dit qu'elle passerait quelques jours à Nashville et je lui ai suggéré de venir à mon studio pour une chanson, raconte-t-il. Ça a tellement bien fonctionné que nous avons prolongé son séjour de deux semaines. Finalement, nous avons terminé l'album. C'était vraiment agréable, car tout était spontané.»

«Spontané» n'est pas un mot fréquemment utilisé dans le monde de la pop. «Non, confirme Dan Auerbach. Mais Lana ne répond pas au stéréotype d'une artiste pop. Elle est beaucoup plus créative que la moyenne.»

Pop ou pas, guitares ou claviers: Auerbach s'en fout. «Je veux juste faire en sorte que la chanson soit à son mieux. Je peux jouer du banjo si c'est ce qu'il faut.»

Une grande curiosité musicale anime Dan Auerbach. «J'adore le dernier album de Timber Timbre», un groupe montréalais, dit-il d'emblée quand on lui demande ses derniers coups de coeur, avant de citer également le nom de Metronomy.

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Les billets pour le spectacle des Black Keys au Centre Bell le 18 septembre sont mis en vente ce midi.




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