Tremors: galette de SOHN

Né à South London, SOHN (Christopher Taylor) vit... (Photo: Christian Pitschl, fournie par l'artiste)

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Né à South London, SOHN (Christopher Taylor) vit à Vienne depuis 2010, bien qu'il retourne régulièrement à Londres pour y réaliser ou remixer les enregistrements de figures montantes.

Photo: Christian Pitschl, fournie par l'artiste

Il a remixé Lana Del Rey et Rhye, s'est distingué à SXSW, s'amène demain au Il Motore. Tremors, premier album de SOHN sous étiquette 4AD, a récolté d'excellentes critiques depuis sa récente parution. Construites sur charpentes électroniques, ses chansons portent les atours de la pop qui s'imprime dans vos circuits pour ne plus s'effacer.

Né à South London, Christopher Taylor vit à Vienne depuis 2010, bien qu'il retourne régulièrement à Londres pour y réaliser ou remixer les enregistrements de figures montantes - Banks, Kwabs, Disclosure, Angel Haze, etc.

La Presse l'a joint à Vienne, en pleine séance de studio. Le trentenaire cause doucement; on a tôt fait de confirmer le lien entre cette voix d'ado haut perchée, bellement exprimée dans Tremors, et celle qui parle au bout du (sans-)fil.

Commençons par le commencement.

«Depuis l'adolescence, j'écris des chansons. Je suis devenu SOHN à travers ce processus, sans adopter une double identité!», dit-il en riant sans hausser le ton.

Vu l'environnement électronique de son premier opus, qui fait suite à quelques singles remarqués, on présume le boulot de SOHN abattu en solitaire. «À l'écoute de ce matériel, on peut effectivement m'imaginer seul, car il y a beaucoup d'électronique dans le processus. Je n'avais pas souhaité faire les choses sans personnel, mais cela s'est produit ainsi, sauf exception - Stefan Fallman a joué de la basse sur quelques chansons; Albin Janoska a aussi fait des synthés. Sur scène, toutefois, je joue avec des musiciens: trio de claviers.»

La chaleur des vieux synthés

Cela étant, pas question de se produire devant public avec des ordinateurs portables mollement pitonnés. «À ce titre, je me passionne pour les synthétiseurs analogiques. C'est pour moi la découverte de sons chauds qui conviennent très bien aux ambiances électros de mon travail. Je reste très intéressé par les technologies numériques, mais j'ai aussi besoin d'un rapport physique à l'instrument. Dans cette optique, les vieux synthés constituent le complément idéal pour la scène et une solution pour moi, en tant que musicien.»

La voix et la mélodie sont au coeur de l'esthétique SOHN; le principal intéressé corrobore cette observation. «Les arrangements et la composition de mes chansons sont au service de leurs lignes mélodiques et de mon expression vocale. Métaphoriquement, j'ai imaginé Tremors tels des courants d'air frais. Le travail nocturne de la production est aussi palpable dans le résultat. Je rentrais chez moi à l'aube, il faisait encore frais, le soleil se levait...»

Les 11 chansons de Tremors, apprend-on par ailleurs, ont été enregistrées dans des lieux différents, mais peaufinées principalement dans sa ville d'adoption.

«J'aime Vienne, mon cercle d'amis s'y trouve. En tant que citoyen de l'Union européenne, il est facile de s'établir dans la plupart des grandes capitales... et j'en profite! Oui, j'aurais pu m'installer à Berlin ou à Paris, mais j'ai préféré les conditions de création que m'offre Vienne. C'est que je peux m'y concentrer sur mon travail sans me laisser distraire. J'aimerais aller davantage au concert, remarquez. J'adore la musique impressionniste, par exemple; il y a tant de concerts classiques à Vienne!»

Chansons pop

À l'écoute de Tremors, on découvre un fabricant de chansons pop malgré l'angle électro. SOHN en convient et résume sa démarche en tant que compositeur et instrumentiste.

«J'ai étudié la musique sommairement, confie-t-il, mais je me considère surtout comme autodidacte. J'ai quitté l'école à l'adolescence; je crée intensément des chansons depuis l'âge de 16 ans. À travers tout ça, j'ai écouté toutes sortes de musique; beaucoup de pop, énormément de musique électronique, de plus en plus de musique classique. Ce bagage sert à étoffer ce que je suis d'abord et avant tout: un artisan de la chanson.»

Quant à la pérennité de son métier, il la sait fragile et préfère ne pas se projeter dans l'avenir. «Je sais que la pop peut être éphémère, mais je fais des chansons par nécessité psychologique. Quoi qu'il advienne, je continuerai à en créer.»

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Au club Il Motore, demain, 21h.




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