Nikki Yanofsky: un disque qui lui ressemble

Pour la jeune chanteuse Nikki Yanofsky, «le jazz... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Pour la jeune chanteuse Nikki Yanofsky, «le jazz est trop souvent perçu comme un genre fait sur mesure pour un public plus âgé ou une musique trop intimidante pour la moyenne des gens».

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Nikki Yanofsky lancera enfin mardi l'album Little Secret, qu'elle chantait déjà au TNM lors du Festival de jazz de l'an dernier. Un disque de chansons plus pop et actuelles et pourtant vraiment enracinées dans le jazz, explique la jeune chanteuse montréalaise.

Nikki Yanofsky est une habituée du Festival de jazz de Montréal où elle chantait déjà à 12 ans, mais elle en sera à son premier concert au Métropolis le 27 juin. C'est pourtant la salle qui convient le mieux à la musique de son nouvel album, Little Secret, dont le producteur exécutif est nul autre que Quincy Jones.

De passage à La Presse, la chanteuse de 20 ans s'en réjouit: «Quand les gens sont debout, ils sont plus portés à danser et il y a plus d'énergie dans la salle.»

Elle ne le dira surtout pas, mais le Théâtre du Nouveau Monde n'était pas l'endroit idéal pour étrenner, près d'un an avant la parution de Little Secret, les chansons de ce disque plus pop et rhythm and blues que le répertoire plus traditionnel que lui connaissaient ses fans montréalais.

Le public du TNM était «réservé» l'an dernier, reconnaît-elle poliment. «Mais au Festival de jazz, même quand je fais plus de standards, c'est un public qui apprécie la musique, qui écoute, donc ce n'est jamais vraiment une foule en délire, ajoute-t-elle. De toute façon, je voulais donner un avant-goût des choses à venir au Festival de jazz parce que c'est un peu là que tout a commencé pour moi.»

Nikki en a fait du chemin depuis sa première présence sur une scène extérieure du Festival de jazz en 2006. Ces dernières semaines, elle était au Japon et en France pour présenter ses nouvelles chansons bien rodées avec un groupe plus soudé. À l'été, elle fera la tournée des festivals européens, dont le Love Supreme britannique qui l'enthousiasme au plus haut point.

«Même si ce disque a un son plus contemporain, il y a tellement plus d'éléments de jazz dans les chansons», dit-elle avec assurance. Nikki y fait souvent allusion, pas tant pour impressionner la galerie ou satisfaire aux exigences de la «police du jazz» qui l'a à l'oeil, blague-t-elle, mais parce que c'est tout naturel pour elle, qui s'est fait connaître en reprenant du Ella Fitzgerald. Ce disque lui fournit également quelques occasions de donner dans la haute voltige vocale, mais elle n'en abuse pas. Ce serait manquer de maturité, estime-t-elle.

Un disque d'été

Pourquoi Little Secret a-t-il mis tant de temps à paraître?

«Je visais l'automne dernier, mais le son de cet album en fait plus un disque d'été, dit-elle. Si le processus a été long, c'est aussi parce que je voulais avoir la meilleure sélection de chansons possible. J'ai écrit tout près de 100 chansons pour cet album. Même si elles n'étaient pas toutes bonnes, je voulais filtrer toutes les idées et garder la crème de la crème.»

Certaines de ces chansons n'existaient même pas quand elle a mis les pieds au TNM l'an dernier. Comme Necessary Evil, inspirée d'une vieille chanson d'Aznavour, Parce que tu crois, dont on a emprunté l'intro de cuivres, comme l'avaient fait jadis Dr. Dre, Eminem et Xzibit ainsi que Blu Cantrell et Sean Paul.

«J'adore faire ça», dit-elle dans un élan d'enthousiasme. Elle s'est également follement amusée à rafraîchir une chanson des années 30 rebaptisée Jeepers Creepers 2.0 et à greffer à sa propre chanson Something New des éléments de Soul Bossa Nova de Quincy Jones et de Watermelon Man de Herbie Hancock, en guise de coup de chapeau à ses deux mentors.

«C'était une surprise pour Quincy, dit-elle. J'étais tellement heureuse qu'il l'aime parce que c'était très énervant de lui présenter cette chanson qui contient un peu de la sienne. Something New incarne vraiment ce qu'est cet album: un mélange de neuf et de vieux. Le jazz est trop souvent perçu comme un genre fait sur mesure pour un public plus âgé ou une musique trop intimidante pour la moyenne des gens.»

Pour la première fois dans sa jeune carrière, assure-t-elle, elle a refusé tout compromis, comme le lui avait suggéré le trompettiste Wynton Marsalis il y a quelques années. C'est pour ça qu'elle n'a pas hésité à emprunter une nouvelle direction.

«Pour moi, c'était la prochaine étape logique. Ce disque me ressemble vraiment. Ce n'est pas juste d'enfermer une personne de 16 ans dans un son précis jusqu'à la fin de ses jours. Je change constamment, j'évolue. Peu importe ce que vont en dire les critiques, cet album est un pas vers la maturité pour moi. Ça, personne ne peut me l'enlever.»

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Au Métropolis le 27 juin.

POP JAZZÉE. Nikki Yanofsky. Little Secret. A440/Universal. Sortie mardi.




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