Les anniversaires de Nana Mouskouri

Nana Mouskouri revient chanter à la Place des... (Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Nana Mouskouri revient chanter à la Place des Arts presque 50 ans après y avoir donné un spectacle avec Harry Belafonte.

Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse

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Nana Mouskouri avoue avoir hésité avant d'entamer, l'automne dernier, cette ultime tournée baptisée Happy Birthday. «J'étais complexée de revenir parce que j'avais déjà fait une tournée d'adieux il y a huit ans, a-t-elle confié à La Presse au bout du fil, de Vancouver. Mais je me suis dit: au fond, j'ai la chance de pouvoir encore chanter à mon âge, pourquoi rester chez moi?»

Le prétexte de cette tournée? La célébration d'un certain nombre d'anniversaires...

D'abord le sien - elle fêtera ses 80 ans cette année. Mais aussi les 50 ans de son premier album réalisé par Quincy Jones. La chanteuse évoque aussi sa collaboration avec Harry Belafonte, avec qui elle a chanté dans la nouvelle Place des Arts en 1965. «Le spectacle avait commencé avec deux heures de retard parce qu'il y avait eu une grosse tempête de neige!», se rappelle-t-elle.

C'est d'ailleurs grâce à Harry Belafonte que Nana Mouskouri - qui a vendu plus de 200 millions d'albums! - a fait son premier tour de chant à Montréal.

«Harry Belafonte m'a vue au concours Eurovision, que j'ai remporté en 1963. À son retour aux États-Unis, il est allé voir Quincy Jones en lui disant: «Tu connais une chanteuse française avec des lunettes?» Il lui a répondu: «D'abord, elle n'est pas française, elle est grecque, et je viens de faire un disque avec elle!» C'est comme ça que Harry a pris contact avec moi. C'est avec lui que j'ai chanté à Montréal en 1965!»

Avec l'imprésario montréalais Sam Gesser - un proche de Harry Belafonte - , Nana Mouskouri s'est produite régulièrement au Québec et ailleurs au Canada. «J'ai fait plusieurs tournées au Canada, nous dit-elle. Je me sens comme une enfant du pays. Je me souviens d'une chanson grecque (Quatre soleils) qu'Eddy Marnay avait adaptée. J'ai découvert en arrivant chez vous que cette chanson était connue!»

Au Québec, elle a chanté dans tous les coins de la province. Elle se souvient entre autres de son passage à Rivière-du-Loup, incapable de se rendre jusqu'à Rimouski à cause d'une tempête de neige (encore!). Cette fois, elle fait le voyage avec sa fille Lénou (Hélène Petsilas) qui chantera sur scène avec elle. «C'est spécial parce qu'elle a l'âge que j'avais quand je tournais. Ça m'encourage beaucoup.»

Une ville, un programme

Le répertoire de Nana Mouskouri, qui chante en plusieurs langues, est monumental. La chanteuse l'adapte aux villes qu'elle visite. Et se fait un devoir de chanter quelques chansons en français lorsqu'elle se trouve dans les provinces anglophones du Canada.

À 30 ans, Ioanna Mouskouri se souvient d'avoir chanté en français Un Canadien errant dans l'Ouest canadien, hymne à l'exil forcé des Canadiens français, évoquant entre autres la déportation des Acadiens à partir de 1755... «C'est une chanson qui me faisait penser aux problèmes qu'on vivait dans mon pays... À Montréal, les gens n'en revenaient pas que j'aie chanté cette chanson à des Anglais!»

Vie montréalaise

Si vous croyez avoir croisé Nana Mouskouri dans la rue, vous n'avez pas rêvé. Car la chanteuse vient fréquemment à Montréal pour voir son fils Nicolas Petsilas qui y vit avec sa femme et ses trois enfants depuis plus de 10 ans.

«Il fait de la musique, mais pour son plaisir. Il travaille dans le milieu du cinéma comme caméraman. Il a fêté son premier anniversaire à Montréal!»

L'an dernier, Nana Mouskouri a reçu un doctorat honorifique de l'Université McGill ainsi que l'Ordre national du Québec des mains de Pauline Marois. «J'admire beaucoup Mme Marois. C'est une femme formidable que je respecte énormément; j'espère qu'elle ira jusqu'au bout! Vous savez, ce séjour-là m'a donné le goût de remonter sur scène. J'ai toujours été touchée par l'amour et le respect que m'ont montré les Québécois.»

«Le plus beau souvenir que j'ai de Montréal, poursuit-elle, c'est l'accueil que j'ai reçu à la Place des Arts. La première fois avec Belafonte, puis toute seule. Le public m'a écoutée, puis applaudie alors que j'étais une inconnue. Ça m'a beaucoup émue. C'est quelque chose qu'on n'oublie pas. Montréal et Québec m'ont donné beaucoup d'amour.»

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À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts samedi.




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