Sam Roberts Band: traverser le temps

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L'inspiration de Sam Roberts lui vient «sans avertir, parfois en allant reconduire mes [trois] enfants à leur cours de ballet ou à l'école », dit-il.

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Il était là avant Arcade Fire. Cinq albums plus tard, Sam Roberts suscite toujours autant l'enthousiasme avec ses nouvelles chansons. Le rockeur poursuit son chemin et parvient à se réinventer au-delà des modes tout en gardant sa signature. Oui, le «son Sam Roberts» existe.

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Le Sam Roberts Band a confié la réalisation de son nouvel album à Youth (Martin Glover), qui est derrière l'album Urban Hymns de The Verve.

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Le Sam Roberts Band lancera son cinquième album, Lo-Fantasy, mardi. S'y succèdent 11 chansons urgentes à l'entrain rassembleur rock. Des effluves jazz du dernier album Collider, il reste néanmoins des arrangements de saxophone.

«Les rythmiques des chansons ont dicté le ton [de l'album]», explique Sam Roberts, dont le look contraste avec le design épuré de la chambre de l'hôtel W où il enfile les entrevues.

Autant «le son Sam Roberts» habite les 11 chansons de Lo-Fantasy, autant un amalgame d'arrangements et d'influences habille les chansons: des envolées psychédéliques, des claviers sombres (à la Tears for Fears), un aplomb rock et des rythmes africains (Sam Roberts passe beaucoup de temps en Afrique du Sud, où vivent des membres de sa famille).

Après avoir travaillé avec le réalisateur Brian Deck (Modest Mouse, Iron & Wine), le Sam Roberts Band a confié les rênes du studio à Youth (Martin Glover), qui est derrière l'album Urban Hymns de The Verve.

«J'aimais beaucoup son travail, mais je ne savais pas s'il allait accepter mon offre. Je lui ai envoyé des maquettes et il a aimé ce qu'il a entendu. Mais, lors de notre première rencontre, il a remis chaque chanson en question. Il est revenu quelques mois plus tard et nous avons travaillé intensément pour tout boucler l'enregistrement 12 jours», raconte Sam Roberts.

Cela explique l'urgence, la fébrilité et les éclairs de génie pop de certaines pièces. En studio, le mot d'ordre était d'agir sans réfléchir. «Tout était une question de ce que la toune demandait», dit Sam Roberts.

Père de famille

Les textes des pièces (Human Heat, Chasing the Light, Shapeshifters) renvoient à ce qui est plus grand que nous. Qui sommes-nous? Quelle est notre quête? «Nous ne pouvons prédire l'avenir, mais nous sommes tous ensemble dans cet inconnu», explique Roberts.

Le Sam Roberts Band tourne beaucoup à chaque album. «C'est drôle parce que les gens me disent que je sors seulement un album tous les trois ans. Or, aujourd'hui, on tourne tant que la demande est là. Mais à un moment donné, on a besoin de s'énergiser de nouveau avec de nouvelles chansons. Et faire un album prend à peu près un an et demi.»

Sam Roberts se dit plus inspiré que jamais, même avec sa vie de père de famille de l'Ouest-de-l'île. «C'est quoi une bonne chanson? On ne peut pas décider d'en faire une. L'inspiration me vient sans avertir, parfois en allant reconduire mes [trois] enfants à leur cours de ballet ou à l'école.»

Rester intègre

Nous avions interviewé Sam Roberts il y a 11 ans, avant un spectacle qu'il donnait à Sherbrooke au défunt Café du Palais. Sa carrière venait de décoller grâce à sa chanson Brother Down. Depuis, il y a eu l'avènement de l'indie-rock et toute l'effervescence médiatique qui a entouré Montréal. Sam Roberts est resté à l'écart de ce buzz. Or, ce buzz s'essouffle tranquillement et Roberts est toujours bien en vue.

«Il vaut mieux trouver sa voix, sa sonorité et son identité. Si on essaie d'être à la mode, on va peut-être surfer parfaitement sur la vague, mais, à un moment donné, elle va tomber. Je préfère maintenir le cap et accrocher la vague par hasard de temps en temps.»

Le Sam Roberts Band est complété par Dave Nugent (guitare), Eric Fare (claviers), James Hall (basse), Josh Trager (batterie) et Chet Doxas (cuivres). Les musiciens ont la confiance de leur leader. Ayant travaillé avec deux réalisateurs fort différents pour ses deux derniers albums, Sam Roberts semble apprécier les conseils d'un réalisateur externe et de son entourage. Mais disons que ce fut un apprentissage.

«J'ai déjà été «control freak». Sur mes deux premiers albums, je faisais plus mes trucs tout seul. Maintenant, je veux que chaque membre du groupe apporte quelque chose. Nous n'avons presque plus besoin de se parler. Chacun sait quoi faire pour que la chanson se rende là où il le faut. Nous sommes au service de la chanson... et moi aussi.»

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ROCK

SAM ROBERTS

Lo-Fantasy

Paper Bag Records/Universal




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