Panache, la revanche des nerds

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Si le premier album de Panache était plus homogène, Vie de Velours, a été travaillé chanson par chanson.

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Panache est de retour avec un deuxième album au rock fougueux enregistré avec une subvention. Comme quoi le «projet de chambre à coucher intello-sixties» du duo a décollé au-delà des attentes. Une belle revanche des nerds pour Benoît Fréchette et Carl-Éric Hudon.

Si le deuxième album de Panache a pour titre Vie de velours, Benoît Fréchette et Carl-Éric Hudon se la jouent rockeurs plutôt que d'incarner deux gars doux. Le duo a sali ses guitares dans plusieurs couches de grunge, de punk et même de new-wave.

«L'autre album était plus homogène dans le son, dit Benoît Fréchette. Cette fois-ci, on a vraiment travaillé chanson par chanson.»

Panache a enregistré Vie de velours au studio Treatment Room avec Gilles Castilloux (Canailles). «À la base, on voulait enregistrer live avec tous les instruments en même temps, mais Gilles s'est absenté deux jours, puis, à son retour, il a suggéré de garder la base qu'on avait enregistrée et de refaire toutes les guitares», raconte Carl-Éric Hudon.

Comme on dit dans le milieu, Gilles Castilloux a du «gear comme ça ne se peut pas». Il est équipé de guitares, de pédales, de vieux claviers et d'amplificateurs de toutes sortes. «C'est son studio, donc on jouait à la toune et il nous arrêtait pour aller chercher l'un de ses 30 amplis en bas, raconte Benoît Fréchette. C'était un beau terrain de jeu.»

«Le fait d'avoir fait deux ans et demi de tournée nous a fait voir la création autrement, renchérit Hudon. Notre spectacle était beaucoup plus rock que le premier disque.»

Parlons-en du premier disque de Panache, sorti il y a trois ans. À la base, Fréchette était le guitariste de Carl-Éric Hudon, qui mène aussi une carrière solo. Dans leurs temps libres, ils avaient bricolé sans trop d'ambition «un projet de chambre à coucher» où le défi était «d'insérer le plus de références intellectuelles possible» dans des chansons pop d'inspiration sixties. Un album est né de ces beaux délires nocturnes, puis est arrivé un contrat avec l'important label Grosse Boîte (Coeur de pirate, Jimmy Hunt), suivi de deux ans de tournée et d'une cinquantaine de spectacles.

«On n'avait pas trop réfléchi à un plan», résume Hudon.

Textes habiles

Le format ou cadre artistique de Panache permet à Carl-Éric Hudon et Benoît Fréchette d'écrire chacun de leur côté. «Il y a des règles non dites. Je n'arriverai pas avec mon beat électronique à la Radiohead. On s'est créé des balises et on joue là-dedans en repoussant parfois les limites», explique Hudon. «C'est certain que les Kinks et Weezer ressortent. Les Pavement, Nirvana...», ajoute son acolyte.

Les textes du duo sont habiles. Les nouvelles chansons font référence à Blaise Pascal, Pavlov, la Nuit des longs couteaux ou encore Brutus, le fils de Jules César, mais Panache a mis la pédale douce en ce qui concerne les clins d'oeil intellectuels. «L'exercice était plus assumé sur le premier disque. On s'en est éloigné avec Vie de velours pour pas que ça devienne une mauvaise joke, explique Hudon. On est deux gars qui pensent et analysent beaucoup... C'est comme si on se disait: relâche et aie du fun!»

Panache a par ailleurs mis sur disque sa reprise francophone de Fils d'un fusil (de The Vaselines, «repopularisée» par Nirvana). Ne vous fiez pas à la traduction littérale du titre. «On voulait faire un clin d'oeil aux années 60 où Fun, Fun, Fun des Beach Boys devenait Fume, fume, fume (des Excentriques)», explique Benoît Fréchette.

Les filles (Léa, Simone et Stéphanie) sont également au coeur des compositions avec un côté tantôt romantique, tantôt insolent. Et musicalement, c'est accrocheur à souhait, que l'énergie soit dans le tapis (Toi + Moi) ou de ton humoristico-mélancolique (La collectionneuse).

«C'est pour ça que j'ai aimé autant Weezer, souligne Benoît Fréchette. Ils sont arrivés avec un look stiff et leur petit débardeur... c'était comme moi qui avais des bonnes notes en mathématiques et qui jouais de la guitare électrique en cachette.»

«Il y a des gens qui vivent le rock'n'roll 24 heures sur 24, et d'autres comme nous qui ont des vies correctes et qui se pètent juste la coche le vendredi et le samedi dans un show rock», ajoute Carl-Éric Hudon en riant.

Panache, c'est donc une belle revanche des nerds. D'autant plus que le duo multipliera les spectacles au cours des prochaines semaines, notamment en première partie de Caféïne et Gros Méné. De quoi rocker!

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