L'heptade en sept temps

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Le groupe Harmonium en 1977.

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Le 15 novembre 1976 paraissait un album double ambitieux considéré aujourd'hui comme un classique du rock québécois. Quarante ans plus tard, Serge Fiori et Louis Valois lancent L'heptade XL et nous racontent la petite histoire de ce grand disque d'Harmonium.

Harmonium avant L'heptade

Harmonium est un trio inconnu quand il lance le premier album nourri de guitares acoustiques qui porte son nom, en 1974. Le succès est immédiat. Dans la foulée de Pour un instant, les chansons de Serge Fiori, Louis Valois et Michel Normandeau tournent aussi bien à CHOM qu'à la radio francophone. Le claviériste Serge Locat et le flûtiste-saxophoniste-clarinettiste Pierre Daigneault se joignent au trio sur scène et, ensemble, ils enregistrent l'album Si on avait besoin d'une cinquième saison, qui paraîtra en 1975.

«Quand t'as composé Histoire sans paroles [de la Cinquième saison], c'était la prémisse, le départ de L'heptade: cette espèce de concept sans les mots avec tous ces moods et cette progression dans une toune assez longue», lance Valois à Fiori dans le studio du Vieux-Montréal où ils ont «revisité» leur album phare 40 ans plus tard.

Pourtant, dès la naissance du groupe, Fiori avait fait entendre à Valois les ébauches de chansons qui allaient finir par trouver leur place dans L'heptade. À cette étape, le chanteur d'Harmonium n'imaginait pas qu'elles feraient partie d'un album double aussi ambitieux. Par contre, il savait que ces chansons n'étaient pas prêtes à voir le jour.

«C'était pas le moment, vraiment pas. Et, non, à ce moment-là, il n'y avait pas de concept. J'ai jamais pensé que pour la Cinquième saison, on serait cinq et qu'on serait sept à L'heptade», dit Fiori en rigolant.

Harmonium jouait des chansons de L'heptade sur scène avant même que l'album ne paraisse le 15 novembre 1976. Le 26 juin précédent, sur le mont Royal, Fiori avait même chanté des versions incomplètes de Comme un fou et Comme un sage dans le spectacle collectif OK nous v'là réunissant Harmonium, Beau Dommage, Octobre, Contraction, Richard Séguin et Raôul Duguay.

«Personne ne connaissait ces tounes-là, fallait être complètement sauté, se souvient Fiori. C'était débile, notre agent voulait nous arracher la tête. Mais c'était la meilleure façon de voir si les tounes tenaient la route.»

Le batteur Denis Farmer venait d'intégrer Harmonium, mais Daigneault avait quitté le navire comme allait bientôt le faire Normandeau, qui a toutefois participé à l'écriture de quelques chansons de L'heptade.

Serge Fiori et Louis Valois en spectacle avec... (Photo Pierre Côté, Archives La Presse) - image 2.0

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Serge Fiori et Louis Valois en spectacle avec le groupe Harmonium, en 1977.

Photo Pierre Côté, Archives La Presse

L'album

Serge Fiori avait élaboré avec Michel Normandeau un concept sur les religions dans lequel tout passait par le chiffre 7.

«Les 7 portes de l'église, les 7 chakras... GreatSo fucking what? Ça ne donnait absolument rien», dit aujourd'hui le leader d'Harmonium.

Fiori s'est sorti de ce dédale philosophico-ésotérique en écrivant des textes plus personnels sur le thème des sept niveaux de conscience, mais inspirés d'un incident qu'il avait vécu et qu'il n'a jamais raconté à ce jour. L'heptade, dit-il, est devenu un parcours initiatique de la folie à la sagesse, de l'inconscience à la conscience.

«C'est drôle parce que quand je l'ai écrit, je ne savais pas que je pratiquerais la méditation pendant 30 ans. Mais j'ai compris ce que je disais dans L'heptade en étudiant la méditation.»

L'enregistrement de L'heptade s'est fait par étapes. Dans sa maison de Saint-Césaire, Fiori a enregistré des maquettes avec le claviériste Serge Locat, puis le bassiste Louis Valois et le batteur Denis Farmer les ont rejoints pour les pistes de base. Par la suite, des voix, dont celle de Monique Fauteux, la guitare de Robert Stanley et les cuivres et les vents de Libert Subirana ont été ajoutés, de même que les parties orchestrales composées et orchestrées par Neil Chotem, enregistrées à la salle Claude-Champagne.

C'est l'ingénieur du son Michel Lachance qui leur a recommandé Monique Fauteux et Neil Chotem.

«Michel savait que notre concept tournait autour du chiffre 7 et il a vu que Neil avait fait la musique de Pythagore 1 à 7, pour Radio-Canada. J'ai entendu des commentaires sur la vieillerie de l'arrangement pour L'heptade. C'est un son très particulier que Neil a créé pour nous. Moi, c'est ça que j'aime», dit Fiori.

Monique Fauteux, elle, a été recrutée comme choriste, au même titre que Pierre Bertrand, Richard Séguin et Estelle Ste-Croix.

«Quand je me suis assise au milieu de la gang, j'ai senti qu'il s'était passé quelque chose, raconte-t-elle. Il y avait un respect, une énergie que dégagent des gens qui travaillent ensemble depuis un bout de temps et qui savent qu'ils tiennent quelque chose.»

Puis, un beau jour, on lui a demandé de chanter seule Le corridor. «Le corridor, c'est elle. Je l'ai su dès l'instant où j'ai entendu sa voix», se souvient Fiori.

De fil en aiguille, on l'a invitée à chanter et à jouer du piano dans la tournée de L'heptade.

Serge Fiori et Louis Valois en spectacle avec... (Photo Pierre Côté, Archives La Presse) - image 3.0

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Serge Fiori et Louis Valois en spectacle avec le groupe Harmonium en 1977.

Photo Pierre Côté, Archives La Presse

L'impact

L'heptade a coûté plus de 100 000 $ à produire, une somme considérable pour l'époque. Même si ses sept longues chansons n'ont pas tourné à la radio, cet album double qui allait passer à l'histoire a connu un succès immédiat: en deux mois, il a été certifié disque d'or (50 000 exemplaires vendus) et la certification platine (100 000) a suivi neuf mois après sa sortie. 

Cet album était très attendu dans un Québec où la musique progressive avait la cote, rappelle André Ménard, qui était alors producteur délégué de la tournée L'heptade pour la maison Beaubec de Paul Dupont-Hébert.

«Harmonium avait le même genre de crédibilité que les grands bands prog. Le buzz sur L'heptade était assez fort: les gens savaient qu'il y avait eu des enregistrements de cordes et que ça serait un album ambitieux comme jamais au Québec. Harmonium ne pouvait quasiment pas se tromper avec ça. Serge Fiori marchait sur l'eau, dans ce temps-là, mais il n'était pas très à l'aise avec le fait d'être considéré comme un prophète.»

Beaubec avait mis en vente les billets pour 10 spectacles à l'Outremont du 24 février au 5 mars 1977 avant même la sortie du disque. Ils ont vite trouvé preneurs et trois spectacles au CEPSUM de l'Université de Montréal ont été ajoutés.

«Serge n'a jamais voulu envisager l'idée d'aller faire le Forum. Pour lui, ça n'avait pas de bon sens», se souvient André Ménard, à l'époque producteur délégué de la tournée L'heptade.

Ce n'était pas un show simple à monter. L'attirail des sept musiciens était trop imposant pour la moyenne des salles de spectacles.

«C'était la préhistoire des gros shows, avec des diapos plutôt que des projections vidéo, rappelle Ménard. Mais Denis Farmer avait une grosse batterie et Serge Locat, deux mellotrons qu'il devait ajuster avec un tournevis tous les jours. Parfois, ça pouvait retarder la balance de son de trois heures.»

La veille de la première, Ménard avait dû faire recouvrir les instruments d'Harmonium d'une grande courtepointe pour permettre à Ravi Shankar de donner son concert sur la scène encombrée de l'Outremont avec le percussionniste Alla Rakha, père de Zakir Hussain.

«Serge [Fiori] trouvait que ce concert de la veille était une super bonne idée pour mettre du spirit dans la salle», se remémore Ménard.

Harmonium a promené L'heptade au Québec, à Ottawa, à Toronto, à Vancouver et même à Los Angeles, où le groupe a donné son dernier spectacle le 3 octobre 1978. L'automne précédent, il avait assuré la première partie de la tournée européenne de Supertramp.

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Le leader d'Harmonium en 1977.

Photo archives la presse

La fin de l'aventure

L'heptade avait beau être une aventure collective, la pression retombait inévitablement sur les épaules de Serge Fiori. Les musiciens qui étaient devenus des vedettes en se joignant à Harmonium avaient désormais une carrière enviable et il était question d'un album en anglais, ce à quoi Fiori ne pouvait se résoudre.

Pendant la série de spectacles à l'Outremont, Ménard devait à l'occasion rassurer un Fiori fragile: le public l'adorait, il voyait en lui un musicien pas comme les autres qui pouvait entraîner le Québec à sa suite. «Oui, disait-il à Ménard, mais toute la marde qui vient avec ça, ça ne se peut pas.»

«Harmonium ne pouvait pas continuer dans l'écriture, dit Fiori aujourd'hui. J'étais très peiné parce que je n'étais plus capable d'imaginer qu'après L'heptade, je pourrais écrire autre chose qui pourrait amener ça plus loin. C'était impossible. L'album Fiori-Séguin, je l'ai produit pour [Richard] Séguin quasiment comme Louis [Valois] a produit celui de Marie-Claire [Séguin].»

Il y avait aussi, dit Fiori, que le public d'Harmonium voulait davantage vivre un happening qu'écouter sa musique: «Dans le show d'aréna, c'était épouvantable. Des fois, je disais n'importe quoi - "C'est drôle depuis mon café que l'appareil est dans mon dos" - et le monde faisait "yeah, Fiori!". C'était n'importe quoi.»

«La solitude qu'on ressentait, c'était triste. C'était triper pour triper», affirme Louis Valois.

Fiori a donc fait avec son ami Richard Séguin l'album Deux cents nuits à l'heure et les deux hommes ont donné quelques spectacles en compagnie de musiciens de L'heptade qui voyaient là une sorte de prolongement d'Harmonium.

«La base de cet album était très acoustique, avec lui et moi, mais Richard voulait vivre le band parce qu'il ne l'avait jamais vécu. C'était trop, beaucoup trop», se souvient Fiori.

À la fin des années 80, des anciens d'Harmonium ont joué sans Fiori le répertoire du groupe lors d'un spectacle au festival de Lanaudière qui a laissé un goût amer dans la bouche de Fiori.

«Je pense qu'il y avait quelque part une volonté de faire quelque chose ensemble musicalement. Mais sans Serge, ça ne pourra jamais prétendre être Harmonium, ça va de soi», convient Monique Fauteux.

Louis-Jean Cormier... (PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE) - image 5.0

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Louis-Jean Cormier

PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE

L'héritage

«L'heptade, ça n'a quand même pas beaucoup vieilli, mais le monde ne se souvient pas de grand-chose non plus», estime André Ménard, qui a vécu la naissance de l'album double et a été l'un des producteurs de la tournée qui a suivi.

Le vice-président du Festival international de jazz de Montréal cite pour appuyer ses dires le spectacle du Mondial choral que Gregory Charles a monté à Laval, le 23 juin 2008, au cours duquel 480 musiciens et chanteurs ont interprété l'intégrale de L'heptade: «Tout le monde s'est aperçu que ce n'était pas de la musique de party. C'est tout sauf ça», dit Ménard en riant.

Monique Fauteux, elle, ne compte plus le nombre de fois au cours des 40 dernières années où on lui a demandé de chanter la chanson Le corridor.

«J'ai toujours été frappée par les réactions des gens et les raisons pour lesquelles ils me demandaient ça. C'est très actuel, ça fait partie d'eux. Ils viennent te voir pour te dire: "Continue à la chanter, on en a besoin."»

Louis-Jean Cormier n'était pas né quand L'heptade a connu son heure de gloire. C'est pourtant un album qui l'a beaucoup marqué.

«C'est un album majeur pour une grande partie de mes amis musiciens et moi-même, reconnaît Cormier. Quand on était au cégep et qu'on était en train de former Karkwa, L'heptade était aussi tripant et prenant à écouter qu'OK Computer ou même Kid A de Radiohead, qui venait de sortir. On était fans de prog. Moi, j'écoutais du King Crimson, du Yes, certains disques de Genesis, et il y a dans Harmonium quelque chose qui m'a toujours plu.

«L'heptade, c'était aussi un album-concept, ajoute Cormier. Autant avec Karkwa que dans ma carrière solo, j'ai toujours voulu faire des disques qui étaient bien attachés, bien entrelacés, bien ficelés, quelque chose qui soit presque une histoire. Ça a été une grande grande influence pour moi, ce disque-là. Avec Patrick [Watson], avec Karkwa, avec mon projet solo, on a souvent voulu sortir Serge Fiori de sa tanière, mais il est difficile à déloger de là. Ça aurait été le fun de faire un genre de Karkwatson avec Serge.»

L'heptade XL qui paraîtra le 18 novembre se décline... (Image fournie par la maison de disques) - image 6.0

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L'heptade XL qui paraîtra le 18 novembre se décline en cinq configurations: un album de deux vinyles, un boîtier de deux CD, un autre de deux CD et un DVD, un coffret super de luxe contenant deux vinyles, deux CD, un DVD et un livret format géant et, finalement, le DVD.

Image fournie par la maison de disques

L'heptade XL

À l'automne 1990, alors qu'il venait de faire un nouveau matriçage de L'heptade pour sa parution en CD, Serge Fiori nous avait dit qu'il n'avait surtout pas été question de le remixer: «On n'a pas le droit de faire ça. L'heptade, c'est L'heptade

Si l'album double a finalement été remixé pour ses 40 ans, c'est que Fiori et Louis Valois ont mis la main sur les bandes d'origine de L'heptade, qu'ils croyaient disparues à jamais, mais que Sony a retrouvées dans un classeur.

Désormais, il était possible de ramener les voix et la musique du groupe un peu plus en avant dans le mix fait à Toronto 40 ans plus tôt. La technologie moderne aidant, Fiori pouvait même unir sa voix à celle de Monique Fauteux, comme ils le faisaient en spectacle à l'époque, dans deux segments du Corridor et de Lumières de vie.

Fiori, Fauteux et Valois ont enregistré ces duos cette année dans le studio de ce dernier dans le Vieux-Montréal. «On a fait deux prises et je ne pense pas qu'on aurait été capables d'en faire plus», dit Fiori, tellement l'émotion était intense. L'accompagnement musical (piano, basse) du segment qui commence par les mots «Seuls ensemble» dans Le corridor a également été refait, mais Fiori et Valois en parlent plutôt comme d'une «revisite» qui ne dénature en rien L'heptade d'origine.

L'heptade XL, qui paraîtra le 18 novembre, se décline en cinq configurations: un album de deux vinyles, un boîtier de deux CD, un autre de deux CD et un DVD, un coffret super de luxe contenant deux vinyles, deux CD, un DVD et un livret format géant et, finalement, le DVD.

Le DVD en question, intitulé Viens voir le paysage, est en fait le film du spectacle de L'heptade à l'Outremont le 4 mars 1977. Pour célébrer le 25e anniversaire de naissance de Fiori le jour même, on avait demandé à une équipe de l'atelier vidéo du cégep de Maisonneuve de filmer le concert. Avec la collaboration de la boîte montréalaise 4U2C, on a colorisé ces images d'archives en ne masquant pas leurs imperfections, mais en leur superposant à l'occasion des images qui ne détonneraient pas au Planétarium. Et on a puisé à quelques occasions dans les enregistrements sonores d'autres spectacles de la même tournée sans que rien n'y paraisse.

La beauté de la chose, c'est qu'on y peut y voir Harmonium dans toute sa splendeur improviser joyeusement en faisant de L'heptade la matière première d'un concert qui nous emmène ailleurs.

Louis Valois et Serge Fiori... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 7.0

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Louis Valois et Serge Fiori

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Des pistes pour l'avenir

Serge Fiori et Louis Valois ont d'autres projets communs. Pas question de faire revivre Harmonium sur scène, comme l'espèrent encore des fans finis du groupe, mais il n'est pas impossible que d'autres documents d'époque soient un jour commercialisés.

Valois pense notamment à deux maquettes différentes de L'heptade qui témoignent de l'évolution de l'oeuvre: une première où Fiori et Serge Locat jouent ensemble les chansons auxquelles il manque encore des bouts de textes, et une deuxième jouée par le band dans la maison de Saint-Césaire pour voir où L'heptade en est rendue.

«Moi, je n'aime pas tellement voir comment on s'est rendus là. Je préfère écouter ce que c'est. Je suis plus hésitant que lui», lance Fiori en riant.

«Lui, il est hésitant, mais moi, je trouve que ce serait bon de le redonner aux fans un jour», répond Valois.

Valois va bientôt fermer le studio du Vieux-Montréal qu'il gère avec Michel Lachance, l'ingénieur du son d'Harmonium, à l'époque. Une partie de l'équipement va se retrouver dans le studio maison de Fiori à Longueuil.

«Serge a des projets d'écriture, on a des projets ensemble ou avec Monique [Fauteux, sa conjointe], glisse Valois. Je préfère ne pas en parler parce qu'on ne sait jamais s'ils vont se réaliser.»

«On veut monter le studio chez nous et faire des projets de chansons», ajoute Fiori. Il attend toujours l'inspiration qui lui a permis d'enregistrer en 2014 son premier album depuis des lustres, qui a connu le succès que l'on sait. «Je suis en attente de la petite lumière», dit-il en souriant.

Entre-temps, il y a le lancement de L'heptade XL au Métropolis le 15 novembre. Ce jour-là, en 1976, L'heptade arrivait en magasin et Harmonium se produisait sur une scène de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, où on leur avait installé une télé pour suivre le résultat des élections qui allaient porter le Parti québécois au pouvoir pour la première fois.

Faut-il s'attendre à un clin d'oeil à cette soirée historique, mardi au Métropolis?

«On y pense sérieusement, répond Fiori. Il y aura sûrement des gens dans la salle qui vont arborer le clin d'oeil.»

Mardi donc, on présentera un court montage du film Viens voir le paysage, puis Fiori et Valois répondront aux questions de l'animateur Paul Arcand. Cette période de questions sera diffusée en direct sur Facebook à 18 h. Les internautes qui voudront poser une question aux deux musiciens pourront le faire sur la page Facebook du groupe et Paul Arcand relaiera l'une de ces questions.

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