Live at Pompeii: l'anti-Woodstock d'Adrian Maben

Le réalisateur Adrian Maben n'a pas eu de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le réalisateur Adrian Maben n'a pas eu de difficulté à convaincre Pink Floyd de tourner un film sur le célèbre site de Pompéi. Ce fut une tout autre affaire de convaincre la Société du patrimoine archéologique. «Ils avaient peur que notre concert attire des millions de personnes, alors qu'au contraire, on ne voulait aucun public. Un professeur de l'Université de Naples, qui était aussi un fan de Pink Floyd, a plaidé en notre faveur.»

Le Soleil, Caroline Grégoire

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le réalisateur écossais Adrian Maben a eu une idée folle en 1971, celle de faire jouer l'un des jeunes groupes les plus branchés de l'époque dans un amphithéâtre complètement vide situé sur les ruines de la cité antique de Pompéi et de filmer le tout pour en faire un film musical. Quarante-deux ans après sa sortie, le film Pink Floyd: Live at Pompeii marque encore l'imaginaire des amateurs de rock progressif.

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Pink Floyd: Live at Pompeii

«Ce que je voulais faire, c'était un peu l'anti-Woodstock! J'en avais assez de ces films de concerts où ce qui comptait, c'était le mariage du public avec les musiciens et l'atmosphère de fête», expliquait Maben au Soleil lors d'un récent passage à Québec pour assister au spectacle du groupe Eclipse inspiré de son oeuvre.

C'est parce qu'il connaissait bien Steven O'Rourke, leur gérant, que Maben a pu avoir accès à Pink Floyd, un groupe qui était alors une étoile montante du rock britannique et faisait salle comble à chacun de ses spectacles à Londres presque sans publicité. «Il ne faut pas oublier que les Floyd étaient réticents à tous les projets à cette époque, car ils avaient un mépris des médias. Ils n'en avaient pas besoin! Ils n'avaient même pas besoin d'affiches pour leurs concerts. Le bouche-à-oreille et quelques flyers faisaient le travail», se remémore-t-il.

O'Rourke avait cependant ouvert une porte au réalisateur de 29 ans. «Il m'avait dit que si je pouvais lui trouver un lieu original et intéressant où Pink Floyd pourrait faire un concert, il me permettrait d'en faire un film.»

Passeport perdu, idée trouvée

C'est une malchance lors de vacances à Pompéi qui a donné à Maben l'idée qui allait devenir un film. «J'avais visité les ruines de Pompéi et j'avais perdu mon passeport. Comme j'étais convaincu que je l'avais oublié dans les ruines de l'amphithéâtre, où je m'étais arrêté pour manger des sandwichs, j'ai décidé d'y retourner», explique le réalisateur.

De retour alors que le lieu était fermé au public, Maben a supplié les gardiens de le laisser entrer et a arpenté seul les rues de la ville détruite par l'éruption du Vésuve en l'an 79.

«C'était presque la nuit, on n'entendait que les grillons, les oiseaux et les chauves-souris et leur écho sur la pierre. C'était un peu fantomatique comme ambiance! Je suis retourné à l'amphithéâtre et je n'ai jamais retrouvé mon passeport... mais j'avais trouvé un lieu, l'ancien amphithéâtre, où il y avait un véritable esprit!» raconte Maben.

Le réalisateur a immédiatement téléphoné à Steve O'Rourke, lui présentant son idée folle d'un concert dans un lieu vide où Pink Floyd pourrait jouer pour... personne, sauf les âmes des personnes décédées il y a deux millénaires.

«La réponse a été très rapide : les Floyd m'ont dit oui tout de suite», explique Maben. Il fallait toutefois convaincre les autorités de la Société du patrimoine archéologique de Pompéi, ce qui n'était pas une mince affaire. «Ils avaient peur que notre concert attire des millions de personnes alors qu'au contraire, on ne voulait aucun public. Il n'y avait donc aucune possibilité de dégradation des monuments. Un professeur de l'Université de Naples, Ugo Carputi, qui était aussi un fan de Pink Floyd, a plaidé en notre faveur.»

Ainsi, l'amphithéâtre de Pompéi a pu être fermé pendant trois jours pour permettre à ce concert particulier d'avoir lieu. Adrian Maben avoue cependant que, même si on voit Pink Floyd se produire sans public dans le film, il y avait tout de même quelques spectateurs durant le tournage.

«Cinq enfants de la ville ont réussi à se faufiler pour voir et écouter le spectacle. On a finalement décidé de leur permettre l'accès, mais en leur demandant de se faire invisibles. Quand je suis retourné à Pompéi en 2000 pour le lancement du Director's Cut du film, un employé de l'Office du tourisme m'a salué et s'est mis à me parler, mais je ne le reconnaissais pas. C'était l'un des enfants, qui avait beaucoup grandi depuis!» conclut le réalisateur.




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