Hommage à Leonard Cohen, un artiste moderne

La chorale de la Congrégation Shaar Hashomayim a... (Photo Jean-Philippe Sanfaçon, fournie par Pop Montral)

Agrandir

La chorale de la Congrégation Shaar Hashomayim a lancé la soirée.

Photo Jean-Philippe Sanfaçon, fournie par Pop Montral

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'est un Leonard Cohen bien en vie et un tantinet irrévérencieux qu'ont célébré une trentaine d'artistes réunis par Pop Montréal, jeudi soir au Théâtre Rialto.

Présenté à peine un mois après la disparition du grand artiste et écrivain, God Is Alive, Magic Is Afoot: Un hommage montréalais à Leonard Cohen, sentait parfois l'improvisation, tranchant en cela avec les spectacles hyper rodés qu'a donnés Cohen en fin de carrière. D'autres célébrations plus solennelles, dignes du monument qu'était Leonard Cohen, seront sûrement organisées au cours de la prochaine année mais le spectacle de Pop Montréal aura eu le mérite de nous rappeler combien cet artiste moderne a su toucher toutes les générations, y compris celle de musiciens et écrivains nés plusieurs décennies après lui.

La chorale de la Congrégation Shaar Hashomayim a lancé la soirée en interprétant a cappella la prière If It Be Your Will qui a si bien marqué l'enfant Cohen qu'il se l'est appropriée par la suite. L'émotion était tout aussi palpable quand, juste avant le rappel, la chorale a bouclé la boucle en nous servant la chanson titre du tout récent album de Cohen, You Want It Darker, à laquelle ces chanteurs ont prêté leurs voix.

Tôt dans la soirée, on avait entendu la voix unique de Leonard Cohen nous expliquer avec l'humour pince-sans-rire qu'on lui connaissait pourquoi Suzanne était une chanson documentaire puis d'ajouter très sérieusement qu'un auteur-compositeur qui oublie le lieu de naissance de sa chanson est perdu. Ce lien indéfectible entre l'artiste et Montréal allait être évident dans les extraits de poèmes et de romans que sont venus lire des écrivains admiratifs, sans doute la découverte essentielle de cette soirée pour qui n'a pas fréquenté l'oeuvre écrite de Leonard Cohen.

Marie-Pierre Arthur s'est investie de toute son âme... (Photo Jean-Philippe Sanfaçon, fournie par Pop Montral) - image 2.0

Agrandir

Marie-Pierre Arthur s'est investie de toute son âme dans sa chanson préférée, So Long, Marianne.

Photo Jean-Philippe Sanfaçon, fournie par Pop Montral

Kathryn-Jezer Morton nous a dit avec beaucoup d'aplomb le poème French and English dans lequel un jeune Cohen provocateur se moquait des guéguerres que se livraient les deux groupes linguistiques de sa ville natale. Montréal était tout aussi présent dans l'extrait sur le thème du printemps du roman Beautiful Losers dans lequel Cohen fait le constat annuel qu'encore une fois l'hiver ne nous a pas tués. Mais c'est Kaie Kellough qui a emporté la mise en nous a rappelant à l'aide d'un passage du même Beautiful Losers qu'à l'époque où Claude Gauvreau inventait le langage exploréen, Leonard Cohen était lui aussi un explorateur du langage aux «tendances expérimentales».

Ces performances toniques nous ont presque fait oublier le passage de Philip Tetrault qui a peiné à lire des poèmes de son cru inspirés par son vieil ami Leonard et nous a servi un solo de flûte de Pan dans lequel même les fans finis de Cohen n'ont probablement pas reconnu sa chanson Dress Rehearsal Rag. Malaisant.

La plupart des numéros musicaux, sous la direction du géant Li'l Andy, furent très inspirés. Jake Smith, un membre très en voix du groupe Lakes of Canada et de la chorale de la synagogue de Westmount, a bien défendu l'immortelle Suzanne, Brad Barr a été chaudement applaudi pour sa relecture bluegrass/rock de Tower of Song et Marie-Pierre Arthur s'est investie de toute son âme dans sa chanson préférée, So Long, Marianne. L'atmosphère était au recueillement quand Neema a livré une version très cohenienne d'Avalanche et qu'Emilie Kahn a chanté en s'accompagnant à la harpe Hey, That's No Way To Say Goodbye comme pour dire tout doucement à Leonard Cohen qu'il était parti trop tôt. L'intensité a grimpé de plusieurs crans quand Laura Sauvage [Vivianne Roy des Hay Babies] a mordu dans la toute première mouture, moins connue, de Chelsea Hotel et que le duo Thus Owls s'est lancé dans une version néo-rétro de Dance Me to the End of Love.

Mais celui qui nous a vraiment soufflé c'est Daniel Isaiah qui, en reprenant Don't Go Home With Your Hard-On, nous a rappelé que l'élégant artiste qu'on vénérait pouvait être coquin à ses heures. «La chorale voulait la chanter mais on m'a appelé en premier», a dit à la blague Isaiah dont la version vitaminée, sur un rythme à la Bo Diddley avec en prime un solo de saxophone gras à souhait, aurait sans doute plu à Leonard Cohen.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer