James Blake: maturité acquise

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James Blake lors d'un précédent spectacle à Austin, au Texas, le 25 septembre dernier.

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Mercredi soir au Métropolis, force était de constater que l'Anglais James Blake était clairement passé de succès d'estime à succès tout court. On se souvient encore de sa première escale au Club Soda il y a cinq ans: riches ambiances mais la présence diffuse d'un artiste très prometteur et très timide... n'ayant  pas encore réalisé qu'il ne faisait plus face au mur de sa chambre à coucher. Hier, l'artiste de 28 ans laissait au contraire l'impression qu'il avait pigé pas mal de choses sur les planches.

Bien qu'il ne soit (toujours) pas lui-même une bête de scène, James Blake compensait par des projections, éclairages et animations vidéo de très bon goût, jamais trop chargés mais assez spectaculaires pour étoffer sa performance.

Conçus pour la tournée, ses arrangements donnaient du tonus aux très beaux enregistrements studio qu'on lui connaît, mélange circonspect de sons synthétiques (ou «naturels») traités en temps réel et d'une exécution à trois musiciens - lui aux claviers et machines, Benjamin Assiter-May, un batteur capable de déclencher des éléments électroniques, et Robert McAndrews, un multi-instrumentiste aux claviers et guitare électrique. Rien de virtuose au programme, mais un juste équilibre et une qualité à la hauteur de ce dont James Blake nous a habitués.

Depuis son émergence au début de cette décennie, il a puisé dans le dub, le dubstep, usé de basses fréquences abyssales et d'autant plus puissantes. Ce visage pâle s'est aussi inspiré de la soul afro-américaine pour ainsi peupler à peu près la moitié de son répertoire de ballades sensuelles et romantiques, ce qui lui confère un pouvoir d'attraction considérable auprès des amateurs de pop.

Cela étant, ses ballades efficaces et bien senties finissent par sembler redondantes, et ce malgré leurs habillages créatifs. Pour les fans de musique tout court, ses pièces appuyés rythmiquement s'avèrent plus nourrissantes, leur références y sont diversifiées, du dubstep à la tech-house - pour faire une histoire courte! Bref, James Blake nous convie à un carrefour entre chanson pop de qualité et quête signifiante sur le territoire électro.

Grosso modo, le très doué musicien, réalisateur et chanteur a surtout défendu la matière de son troisième album, The Colour In Anything - Always, Choose Me, Timeless, Love Me In Whatever Way, My Willing Heart, I Need A Forest Fire, I Hope My Life, la pièce-titre de l'opus, Modern Soul (entonnée de concert avec l'invité Moses Sumney). Il a de plus émaillé sa performance de succès tirés de ses deux opus précédents - Life Around Here, Voyeur, Retrograde, Measurements, sans compter un remix de l'artiste électro Untold (Stop What You're Doing) et des reprises très personnelles de Feist (Limits To Your Love), Beyoncé (Forward) et Joni Mitchell (A Case of You).

Maturité acquise au programme!

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