Un moment signé Philippe Brach

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Comment diable décrire un spectacle de Philippe Brach? Comment parler de ce frisé iconoclaste qui tire dans toutes les directions et, évidemment, plus vite que son ombre sans être réducteur?

Pour apprécier à sa juste valeur le Saguenéen d'origine, il y a ses deux albums, particulièrement le très bon et récent Portraits de famine qu'il nous presque joué au complet, hier au National.

Mais pour vraiment comprendre ce qui fait de lui une drôle de bibitte du paysage de la chanson québécoise, c'est sur scène qu'il faut le voir comme l'ont fait quelques centaines de convertis hier soir.

Brach, c'est le genre de gars intarissable qui nous menace d'entrée de jeu de nous chanter du Ciccone et du Dan Bigras et qui, non content de mettre sa menace à exécution, nous gratifie pour le même prix de pubs auxquelles Bigras a prêté sa voix.

Ou qui glisse dans sa décapante Race-pape quelques phrases empruntées aux Beastie Boys qu'il livre de façon convaincante.

Toujours sur une patte, il oublie le segment «what the fuck» de son spectacle tellement il veut nous chanter sa Crystel, qu'enrichit le quatuor à cordes qui se greffe à l'occasion à ses quatre musiciens. L'un d'eux lui signale son oubli et le voilà qui plonge tête première dans rien d'autre que Paranoid Android de Radiohead dont il s'excusera par la suite auprès d'un Thom Yorke absent.

Les trucs de «mise en scène» comme ceux-là, qui feraient l'envie des Lepage et autres Poissant, a dit Brach, et les carcasses d'animaux tout autour qu'affectionne le chanteur ne sauraient nous faire oublier l'essentiel.

Agréablement imprévisible

Combien d'artistes dans la mi-vingtaine sont capables de passer comme Philippe Brach du rock de Né pour être sauvage, pas mal plus «rentre dedans» que son emprunt à Radiohead, au délire de Dans ma tête ou à la colère et au sarcasme de Bonne journée puis, avec la même aisance, le même naturel, de nous faire nous pâmer devant la beauté troublante de Monsieur le psy ou l'heureux mariage de sa voix aux multiples possibilités avec celle de l'invitée Klô Pelgag qui partage avec Brach un sens certain de l'inusité?

Philippe Brach, c'est tout ça et plus encore. Le plus beau dans tout ça, c'est que ce showman né, sacré révélation de l'année au récent gala de l'ADISQ, ne donnera probablement pas tout à fait le même spectacle la prochaine fois.

Raison de plus pour être au rendez-vous.

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