Au paradis avec Jean Leloup

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Imaginez un Jean Leloup qui pète le feu et qui reprend plusieurs de ses meilleures chansons en les parant de cordes sans compromettre en rien leur essence rock and roll. C'est cela, et plus encore, qui attendait le Métropolis bondé, qui a fait hier soir un triomphe mille fois justifié au premier de sa série de concerts dont les supplémentaires n'en finissent plus de se multiplier, en 2016.

Quand le rideau s'est enfin levé, vers 20 h 50, Leloup était juché au sommet d'un escalier au beau milieu de la scène, coiffé de son chapeau blanc, sa guitare à la main. À sa gauche, le contrebassiste Martin Roy et un quatuor à cordes qui nous servait en guise d'amuse-gueule la très courte intro du Roi se meurt de son plus récent album À Paradis City. L'instant d'après, Leloup était sur scène dans le féerique décor de l'agora des Marguerites réchauffé par un soleil de feu. Bellement appuyé par le batteur Alain Berger et le pianiste David Mobio, Johnny Ze Wolf revisitait coup sur coup Barcelone et Isabelle pendant qu'au parterre le public sautillait et chantait à s'époumoner. Pour faire court, il exultait.

Ça crevait les yeux - et les oreilles! -, Leloup était en grande forme. Il chantait avec abandon, gesticulait, incarnait des personnages et haranguait la foule, qui n'avait pas besoin d'un signal de sa part pour taper des mains.

Ce public en symbiose parfaite avec l'artiste criait aussi fort son plaisir quand il reconnaissait les premières mesures des récentes Petit papillon et Willie que pour un classique comme Le dôme, bluesé et stonien à souhait.

Déferlante de chansons

Les chansons, toutes plus fortes les unes que les autres, s'enchaînaient sans interruption. La guitare funky de Leloup annonçait une Paradis perdu magnifiquement orchestrale qui allait être suivie de l'hallucinée Fashion Victim, portée par la section de cordes. Des cordes qui, disons-le, n'étaient pas décoratives, mais participaient pleinement à ce déferlement d'énergie comme si elles avaient fait partie prenante de ces chansons de toutes les époques de Leloup depuis leur création.

On aurait pu s'amuser à tisser des liens savants entre Paradis City, la ville des villes de la planète Pêche, et la jungle du Dôme ou le Paradis perdu dont on ne reviendra plus, mais c'était peine perdue: Leloup et sa bande ne nous en laissaient pas le temps.

Ce fut tout aussi intense en deuxième partie du concert, dans laquelle Leloup a glissé davantage de chansons de son dernier album, plus électriques que sur le disque. Pendant Voyageur, un spectateur en fauteuil roulant s'est essayé au crowd-surfing - était-ce le même brave qu'à Osheaga l'été dernier? Et je ne me souviens pas avoir vu un parterre du Métropolis aussi frénétique que pendant Les fourmis qui a suivi.

On a bien hâte de voir ce que Leloup nous aura préparé comme show solo en décembre à Wilfrid-Pelletier, tant il a mis la barre haut.

Ce concert avec orchestre éclipse tout ce qu'on a vu cette année.

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