Rendez-vous gare de l'Est: théâtre-vérité

Émilie Incerti Formentini parvient à capter notre attention,... (Photo Elizabeth Carecchio, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier)

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Émilie Incerti Formentini parvient à capter notre attention, même si elle demeure assise pendant presque toute la durée de la pièce.

Photo Elizabeth Carecchio, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier

La PresseJean Siag 3/5

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Il y a de ces rencontres qui sont au moins aussi intéressantes que les créations qui en découlent. Parfois même plus. Rendez-vous gare de l'Est en est un bon exemple.

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Émilie Incerti Formentini parvient à capter notre attention, même si elle demeure assise pendant presque toute la durée de la pièce.

Photo Elizabeth Carecchio, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier

L'auteur et metteur en scène Guillaume Vincent s'est entretenu pendant environ six mois avec une jeune femme trentenaire souffrant de maniaco-dépression. Au fil de ces rendez-vous hebdomadaires, le dramaturge français en a tiré un portrait étonnant, retranscrivant ses mots et plongeant sans retenue dans son quotidien en montagnes russes.

Rendez-vous gare de l'Est relate ces entretiens, du point de vue de l'interviewée évidemment. Un exercice proche du récit documentaire avec tout ce qu'il y a de banal et d'extraordinaire.

États d'âme d'une femme bipolaire

Émilie Incerti Formentini attend patiemment que nous prenions place avant de commencer son récit. C'est avec un plein éclairage dans la salle qu'elle commence son monologue, qui nous est adressé exactement comme si nous étions attablés avec elle. Un flot ininterrompu de mots où il est question de sa vie amoureuse, de son boulot, de ses parents, de sa soeur, de ses nièces, de son désir aussi d'avoir un enfant...

Une vie modulée par ses problèmes de santé mentale, par les effets secondaires de ses médicaments, mais aussi par ses épisodes psychotiques, ses dépressions, ses moments d'euphorie, ses rêves érotiques.

L'actrice française se glisse parfaitement dans la peau de cette femme complexe, à la fois lucide et drôle, mais extrêmement vulnérable et seule.

On comprend le coup de coeur de Claude Poissant, qui a vu ce spectacle solo à Avignon l'été dernier. Du théâtre-vérité qui nous donne un rare accès aux états d'âme de cette femme bipolaire, marginalisée malgré elle.

Assise, mais captivante

Émilie Incerti Formentini, qui a été chaudement applaudie à la fin de cette courte représentation d'une heure, parvient à capter notre attention, même si elle demeure assise pendant presque toute la durée de la pièce. Dans une langue quotidienne qui tantôt s'accélère, tantôt ralentit et parfois même s'embrouille, selon son humeur du moment, sous un éclairage qui finit par se tamiser.

La dernière scène, qui relate la fin de ses entretiens avec Guillaume Vincent, est un peu abrupte, mais elle vous arrachera ce qu'il vous reste d'espoir ou d'utopie. Toujours assise dans sa chaise, on sent que sa vie est sur le point de basculer. Un moment qu'on redoute depuis le début, mais qui semble ici inéluctable. Non, il n'y a pas de « happy end » dans ce récit oral, théâtral jusque dans l'immobilité.

Rendez-vous gare de l'Est. Écrit et mis en scène par Guillaume Vincent. Avec Émilie Incerti Formentini. À la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, jusqu'au 26 septembre.

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