Wyclef Jean: quelle fête montréalo-haïtienne!

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Le spectacle de l'été sur la place des Festivals? Peut-être bien. C'est nul autre que Win Butler qui a présenté Wyclef Jean, hier soir, sur une place des Festivals bondée de spectateurs par une soirée d'été parfaite. «Une légende», a dit le chanteur du groupe montréalais Arcade Fire.

Il a suffi de la célèbre introduction de Lauryn Hill sur Ready or Not pour que la foule soit déjà aux anges. Au milieu du tube des Fugees, son ancien groupe, Wyclef Jean s'est mis à improviser vocalement.

Le célèbre rappeur américain d'origine haïtienne a salué son ami acteur-humoriste Dave Chappelle (qui se produisait en salle hier soir) et Arcade Fire, avec qui il partage la cause du bien-être d'Haïti. Le musicien a affirmé qu'il ne prendrait jamais sa retraite comme Jay Z. Il a averti la foule qu'il allait passer de l'anglais au créole en passant par des bribes de français.

Après avoir rappelé qu'il avait brigué la présidence d'Haïti, il a empoigné une guitare pour reprendre No Woman No Cry de Bob Marley. Il a délaissé son instrument pour danser comme un enfant. Parmi la foule, des drapeaux d'Haïti.

Au terme d'une soirée chaleureuse, plus que généreuse et festive à souhait (pour ne pas dire frénétique), Wyclef Jean a fait plaisir à tous ses publics pour le coup d'envoi du festival Haïti en folie dans le cadre de Juste pour rire. Celui des Fugees, de ses tubes pop, de ses albums solos, et de la communauté haïtienne. Un beau carnaval.

La star a garni son spectacle de reprises et de tubes, qu'il a métamorphosés selon son inspiration du moment. De la bombe rap Thug Angels (transformée en hymne des Caraïbes avec Wyclef au conga) à 911, Gone Till November (dont beaucoup de spectateurs fredonnaient le refrain par coeur).

Du répertoire des Fugees, il a aussi offert un pot-pourri de Fu-Gee-La et Killing Me Softly. Il a repris un deuxième titre de Marley, Redemption Song, qu'il a mixé avec Knockin' on Heaven's Door de Bob Dylan.

Il a interpellé le maire Denis Coderre, qui devait être parmi la foule, pour pouvoir faire du bruit jusqu'à une heure du matin. Il a reçu sur scène sa protégée, Nikki Yanofsky, dont il réalisera le prochain album. La chanteuse montréalaise a fait découvrir à la foule toute la puissance et l'émotion de sa voix avec le classique I'd Rather Go Blind, popularisé par Etta James.

Wyclef s'est bombé le torse à souhait, rappelant qu'il figurait sur le tout premier succès de Beyoncé avec Destiny's Child, No, No, No. Mais l'intimité qu'il avait avec le public rachète le fait d'avoir fait trop reluire (malgré sa grande qualité) son curriculum vitae musical. Ah, la bravade habituelle des rappeurs! Mais sa bravade à lui était certes méritée.

Quelle ambiance quand il chantait des hymnes haïtiens avec un drapeau d'Haïti sur la tête et le chandail du Canadien de Montréal de P.K. Subban sur le corps.

Après Hips Don't Lie (tube de Shakira sur lequel il figure), il a fait danser des enfants sur scène. Il a invité les spectateurs à trouver un partenaire pour danser le konpa. Il a rendu un hommage à Cuba avec une reprise diablement efficace de Guantanamera. Il a parlé de son mentor Busta Rhymes quand il était jeune à Brooklyn.

Il s'est offert un solo de basse avec un chandail de l'Impact sur le dos, avant de dévoiler une chanson de son nouvel album, Clefication. Le titre: Rich Girl, où figure Pusha T, chanson pendant laquelle il a fait monter sur scène la première équipe haïtienne de hockey «[qu'il ait] vue de [sa] vie».

Puis le spectacle s'est conclu en party dansant dans un hommage à la musique noire avec un pot-pourri allant des Jackson Five à House of Pain.

Retenu par les spectateurs, Wyclef Jean a pris un bain de foule, gravissant même l'échelle de la structure en métal où se trouvaient les éclairagistes.

Quel party! À 22 h 45, il a demandé «une extension de 20 minutes».

«Il y a de l'amour ici», a-t-il crié avant une reprise de Smells Like Teen Spirit de Nirvana.

Un musicien, ce Wyclef Jean, qui a appris à chanter dans l'église de son père avant d'apprendre le jazz, mais aussi un mélomane qui affectionne tous les styles. Et un redoutable animateur de foule (qui devait terminer la soirée à trois heures du matin derrière les platines).

Rarement a-t-on vu une foule aussi heureusement agitée sur la place des Festivals.

Haïti en folie

Pour ceux qui se demandent pourquoi Wyclef Jean, qui ne donne pas dans l'humour, se produisait à Juste pour rire, précisons qu'il donnait plutôt le coup d'envoi du 9e festival Haïti en folie, qui se tient dans le cadre du festival de Gilbert Rozon (qui entend néanmoins multiplier de plus en plus les formes d'art dans sa programmation de rue, incluant la musique, ce qui empiète sur d'autres festivals).

«Nous collaborons avec Juste pour rire depuis trois ans», explique Fabienne Colas, présidente d'Haïti en folie.

«Wyclef, c'est un rêve devenu réalité. C'est plus haut que ce que l'on aurait pu espérer. Il donnera le plus gros show extérieur de cet été à Montréal», plaide-t-elle.

Haïti en folie se poursuit au cours des prochains jours. Parmi la programmation musicale du parc La Fontaine, soulignons les spectacles, vendredi, du porte-parole Wesli après Vox Sambou avec Nomadic Massive. Au programme samedi: Rara Soley, Toto Laraque en compagnie de Son Band, et une célébration du 60e anniversaire de la musique konpa avec Ralph Boncy et DJ Jean Nonez.

Enfin, Dany Laferrière prendra part jeudi soir à une discussion à la Grande Bibliothèque sur son intronisation à l'Académie française.

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