Le retour de Half Moon Run

Half Moon Run lors d'un concert à Osheaga... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)

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Half Moon Run lors d'un concert à Osheaga en août 2014.

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(Saint-Hyacinthe) «Ça nous fait plaisir de vous présenter pour la première fois les chansons de notre deuxième album», a lancé le batteur Dylan Phillips à la foule privilégiée qui a pu écouter en primeur les nouvelles compositions de Half Moon Run.

Le groupe montréalais faisait son grand retour jeudi soir à Saint-Hyacinthe, sur la scène du Centre des arts Juliette-Lassonde. Le premier arrêt de la minitournée de rodage de ce deuxième album - dont la date de sortie et le titre demeurent secrets - affichait complet.

Rodage n'est pas le mot juste, puisque Devon Portielje, Conner Molander, Dylan Phillips et Isaac Symonds avaient manifestement déjà répété de longues heures. À nos oreilles, ils étaient en bonne possession de leurs moyens, heureux de voir que le courant passait avec le public.

«Si le show a bien été? Nous sommes trop critiques, nous disait hier Dylan Phillips, attrapé au téléphone après son test de son en vue du deuxième spectacle à Lévis. Nous avons enregistré le spectacle et l'avons réécouté dans le camion. Dans l'ensemble, tout a bien été, mais on doit s'habituer. C'est beaucoup de nouveau matériel.»

Les membres de Half Moon Run étaient très nerveux avant de monter sur scène. «Les nouvelles chansons comportent plus de défis. Nous avons de nouveaux instruments et de nouvelles sonorités, mais on a gardé une simplicité dans l'écriture», souligne Dylan Phillips. À un moment donné du spectacle, ce dernier martelait sa batterie d'une main et pianotait sur un clavier de l'autre.

Folk et électro-rock

Pour en avoir entendu tous les titres jeudi soir, nous pouvons dire que le deuxième album sera en effet plus complexe et hétéroclite. Des pièces folk et americana (interprétées en formule bivouac avec un harmonica) se faufilent entre des titres électro-rock touffus aux progressions d'accords subtiles où les membres de Half Moon Run font valoir leurs talents de multi-instrumentistes. Ici et là, on devine dès la première écoute les titres qui pourraient servir de premiers extraits.

Si Half Moon Run explore différents horizons, c'est le fruit du moteur créatif du groupe qui roule en quelque sorte avec sa propre intelligence artificielle.

«Nous aimons répéter ensemble et laisser les chansons aller. Elles vont dans des endroits où on ne pensait jamais aller.» - Dylan Phillips, batteur de Half Moon Run

Les harmonies vocales à quatre atteignent également un autre niveau sur le deuxième album de Half Moon Run, avons-nous constaté jeudi soir. «Nous sommes de meilleurs chanteurs et les harmonies nous permettent de nous connecter l'un à l'autre», indique Dylan Phillips.

Même les tubes du premier album, Dark Eyes, ont été revisités en vue de la prochaine tournée mondiale. «Avec nos nouveaux jouets, sans excès», dit Phillips en riant.

À Saint-Hyacinthe, il était beau de voir le public communier les membres de Half Moon Run et de voir le quatuor renouer avec autant de plaisir avec ses tubes interprétés des centaines de fois: Full Circle, Call Me in the Afternoon et She Wants to Know, pour ne nommer que ceux-là.

Jim Abbiss à la réalisation

Half Moon Run a enregistré son deuxième album l'hiver dernier au Bathouse Studio, propriété du groupe The Tragically Hip, à Kingston, en Ontario.

Le quatuor en a confié la réalisation au Britannique Jim Abbiss, connu pour son travail avec Adele, Arctic Monkeys et Kasabian.

«Il a la même philosophie que nous, indique Dylan. C'est difficile de trouver la bonne personne. L'énergie du live est importante pour lui. En studio, Jim nous poussait pour avoir la meilleure prise au lieu d'y aller séparément.»

Un premier album à succès

Depuis son passage à Tout le monde en parle, Half Moon Run se passe de présentation. Formé à Montréal, le - désormais - quatuor composé de Devon Portielje, Conner Molander, Dylan Phillips et Isaac Symonds, membre le plus récent, a été remarqué tôt dans son parcours par Franz Schuller (encore à ce jour son imprésario), membre du groupe Grimskunk et fondateur de l'étiquette Indica (Xavier Caféïne, The Franklin Electric, Misteur Valaire).

Huit mois après sa sortie canadienne, Dark Eyes a eu droit à une sortie mondiale avec Communion Records, l'étiquette indépendante du Glassnote Entertainment Group (Mumford & Sons, Chvrches, Phoenix).

En novembre 2013, le groupe a donné deux spectacles complets magiques au Métropolis pour son retour à Montréal après une année de spectacles folle où il s'est produit en tête d'affiche et a assuré des premières parties d'envergure pour Mumford & Sons, Of Monsters and Men et Metric.

Depuis son tout premier spectacle au Barfly, en 2009, Half Moon Run a donné près de 400 spectacles. Il est rare que les occasions soient si nombreuses pour un groupe qui compte un seul album.

Pour son successeur, le groupe veut établir un plan de match mondial et accorder plus d'importance au marché américain. «Avec Dark Eyes, on y allait avec le flow, dit Phillips. Cette fois-ci, on veut mieux planifier les choses et se garder du temps pour rentrer à la maison.»

Le Québec d'abord

La minitournée de rodage de Half Moon Run se poursuit ce soir, à Lévis, puis le groupe se produira à Saint-Georges (la seule date pour laquelle il reste des billets), Sainte-Thérèse et Saint-Casimir.

Jeudi soir, Half Moon Run a réuni un beau public mixte constitué d'amis, d'adolescents, de mélomanes indé montréalais et de familles de la Montérégie.

Le chanteur Devon Portielje a remercié les spectateurs pour leur précieuse attention. Peu ont sorti leur téléphone intelligent et tous ont passé toute la fin du spectacle debout devant leur siège assigné.

«C'est bien de voir que les gens ne sont pas ici sur YouTube.» - Devon Portielje, chanteur de Half Moon Run, lors du concert

De son côté, Dylan Phillips a remercié la foule d'absorber avec autant d'appétit les nouvelles chansons de son groupe. «Nous sommes allés discuter dehors avec la foule après le spectacle. Un beau public varié», nous disait-il hier.

En parcourant le Québec, Half Moon Run montre une belle (et sincère) preuve d'attachement envers sa province natale. Et son deuxième album promet.

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