Critique

Vrais mondes: la vie des autres

Qui sont-ils, ces gens ordinaires? Des hommes et... (Photo Jules Cloutier Lacerte, fournie par la 5e salle de la PDA)

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Qui sont-ils, ces gens ordinaires? Des hommes et des femmes d'âges, d'origines et de milieux divers venant raconter leurs histoires.

Photo Jules Cloutier Lacerte, fournie par la 5e salle de la PDA

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Quel beau et émouvant spectacle! Avec Vrais mondes, Émile Proulx-Cloutier et Anaïs Barbeau-Lavalette ont réuni leurs arts et leurs talents pour donner la parole à ces gens dits «ordinaires»... mais qui ont des vies vraiment extraordinaires! Avec ce spectacle, le couple porte un regard sur l'infiniment petit de la belle et mystérieuse aventure humaine. Et prouve qu'il faut d'abord s'intéresser à la vie des autres, afin de pouvoir comprendre un peu mieux... la nôtre.

Les deux polyvalents créateurs ont poussé plus loin le concept du «documentaire scénique», élaboré l'an dernier dans le cabaret Vous êtes libres. Tels de grands explorateurs de l'âme humaine, Proulx-Cloutier et Barbeau-Lavalette sont allés à la rencontre de gens et d'histoires uniques et fascinants. Puis, ils leur ont donné des moyens et une scène pour les raconter.

Le résultat: un spectacle hybride (musical, théâtral et intime) auquel les artistes apposent leur belle signature, tout en s'effaçant pour laisser toute la place à leur sujet. Jamais on ne sent de jugement ou de voyeurisme dans les questions d'Anaïs Barbeau-Lavalette, qu'on entend dans les témoignages enregistrés des sept participants. Seulement sa curiosité et son empathie pour l'Autre; comme si tout ce qui est humain ne lui était pas étranger.

Découvrir des trésors

Qui sont-ils, ces gens «ordinaires» ? Des hommes et des femmes d'âges, d'origines et de milieux divers: un soldat tireur d'élite en Afghanistan; un transsexuel père de quatre enfants; une ex-miss Congo exilée à Montréal et qui élève seule quatre enfants; un horloger souffrant d'un rare handicap: il a un corps d'adolescent de 14 ans, malgré ses 51 ans; un Vietnamien adopté par une famille québécoise durant la guerre et qui cultive une rage intérieure...

Inutile de trop en dévoiler sur eux ou leurs histoires. Le spectacle est construit pour les découvrir, l'un après l'autre, comme on déballe un cadeau ou comme on découvre un trésor. Par contre, on peut avancer qu'ils ont en commun une marginalité, une différence, une vulnérabilité. Et qu'ils ont tous aussi une belle détermination qu'ils puisent autant dans leurs forces que dans leurs faiblesses. Bref, ils nous ressemblent un peu.

«Du cinéma sans écran, du théâtre sans jeu, du récit sans performance», voilà le pari proposé avec Vrais mondes, à l'affiche jusqu'à ce soir. Pari réussi! Parce que rien n'est plus riche, universel et spectaculaire que la vie en soi.

À la Cinquième Salle de la Place des Arts, jusqu'à ce soir.




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