Seuls à seul avec Francis

Francis Cabrel... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Francis Cabrel

Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

Avant de revenir en 2015 sur les scènes du Québec avec un nouvel album dans ses bagages, Francis Cabrel a donné rendez-vous à son public montréalais à la salle Pierre-Mercure deux soirs plutôt qu'un.

«Ça faisait longtemps. Moi, je m'impatientais», a-t-il dit au début de son deuxième concert, samedi. Ses fans, qui l'ont accueilli en héros, avaient hâte aussi de le revoir. 

Ces retrouvailles, le grand sec du Midi les voulait sans fla-fla, intimes dans le sens véritable du terme, qui ne veut plus rien dire, tant on le sert à toutes les sauces: le chanteur seul, entouré de ses guitares acoustiques, son piano et son ukulélé qui lui servira le temps d'une version rafraîchissante de Je l'aime à mourir.

Cabrel dit que s'il s'est mis à la chanson qu'il pratique avec bonheur depuis près de 40 ans, c'est parce qu'il n'était pas doué pour parler en public... ni en privé. Il passera la majeure partie de la soirée assis, à faire le tour de son répertoire, depuis une Question d'équilibre désélectrifiée et ses Murs de poussières des tout débuts. Puis il se lèvera et prendra la pose du guitariste émule du Clapton unplugged le temps de Telecaster, chaudement applaudie.

Cabrel chantera l'amour, évidemment, il appellera le printemps avec Le reste du temps et relira également des chansons sociales comme Les cardinaux en costume et de grandes chansons tous genres confondus comme C'était l'hiver, qu'on écoute dans un silence ému.

Parce que pour passer le test du dépouillement avec autant de succès, il en faut, de grandes chansons.

Cabrel s'approprie également, sans les transformer à tout prix, des chansons de Jackson Browne (Rosie) et Dylan (Un simple coup du sort), mais aussi de Desjardins (Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours) en guise d'ultime rappel. «En votre honneur», dit-il.

L'humoriste en lui sort du placard en reprenant Le gorille de Brassens, bluesée et tout à coup très cabrellienne. Les spectateurs donnent l'impression de goûter pour la première fois l'irrévérence bien tournée du vieux Georges magnifiée par le côté pince-sans-rire du chanteur qu'ils aiment d'amour.

Vers la fin, il invitera Mathieu Lippé à chanter avec lui Elle écoute pousser les fleurs. Ce même Lippé qui, contre toute attente, avait conquis les fans de Cabrel, qui ne savaient vraisemblablement rien de cet ancien gagnant du Festival de la chanson de Granby. En une vingtaine de minutes, ils ont chanté avec lui, ont crié heille! comme il les invitait à le faire, ont tapé des mains et ont applaudi les calembours à répétition du chanteur-slammeur-chansonnier-conteur-moniteur originaire du Bas-du-Fleuve.

C'est ce qu'on appelle réchauffer une salle.




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