2012-11-27 08:20:00.000

Quand Justin Bieber joue au grand

Justin Bieber en spectacle hier soir au Centre... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Justin Bieber en spectacle hier soir au Centre Bell.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Nathalie Petrowski
La Presse

Autant l'avouer d'emblée: je ne suis pas une «Belieber». Je ne communie pas à l'église de Justin Bieber. Je ne craque pas pour sa nouvelle coupe de cheveux plus courte, plus blond cendré, plus jeune homme de 18 ans.

Je ne crie pas à m'en fendre les cordes vocales dès que je pense avoir aperçu la pointe de son espadrille dépassant d'un rideau en coulisses. Je ne porte pas de chandail à paillettes, l'uniforme officiel de ses fans. Je ne fréquente pas des pré-adolescentes qui ont tatoué sur leur avant-bras «Justin loves me» et qui pourraient m'apprendre toutes les paroles de ses chansons par coeur. Dernière chose: je n'ai pas 11 ans, l'âge moyen des Beliebers.

Tout cela pour dire que je me sentais un peu seule de ma race hier soir, dans un Centre Bell rempli à pleine capacité dans une ambiance du tonnerre, carburant à un enthousiasme tapageur, pour ne pas dire carrément assourdissant.

Enfin, je n'étais pas si seule que ça puisque pour chaque demi-douzaine de fillettes surexcitées, il y avait une femme de l'âge de la mère de Justin Bieber qui était de garde pour la soirée et qui ne semblait pas plus mal s'en porter.

Je ne suis pas une Belieber, mais je sais apprécier un bon gros show, et celui du nouveau Justin Bieber est énorme avec explosions, feux d'artifice, grosse boucane, danseurs en grappe, écrans géants et tout le bataclan. La scénographie de la tournée Believe est assez incroyable merci, même si sa conception étrange n'arrive pas à se brancher entre le vaisseau spatial et la piscine cybernétique.

Je ne suis pas une Belieber, mais je sais apprécier un gars qui sait se faire désirer. Et à ce chapitre, Justin suscite toute mon admiration. Dix minutes avant son entrée sur scène à 21h, un décompte numérique est apparu sur l'écran géant pour égrener ces interminables minutes et faire monter la tension qui s'est vite muée en hystérie collective. Puis, au signal donné après moult explosions, pétarades et bombardements de confettis, Justin lui-même est descendu du ciel, ange ailé tout de blanc vêtu et muni de deux spectaculaires ailes de métal fabriquées par un artiste forgeron avec un penchant prononcé pour le bling bling.

Le Centre Bell s'est alors illuminé de millions de fanions lumineux. L'effet m'a rappelé celui du concert de Coldplay cet été, à une nuance près: au spectacle de Coldplay, les bracelets lumineux étaient distribués gratuitement. Chez Justin Bieber, ils se vendaient dix dollars l'unité.

Autre génération. Autre mentalité. Après All Around the World et Take You, les deux premières pièces du concert, Justin a fait une pause. Pas pour vomir comme lors du premier spectacle de sa tournée. Seulement pour boire un peu d'eau et demander à son public d'adorateurs qui avait acheté son dernier disque. Toutes les mains se sont levées d'emblée dans un grand concert d'unanimité.

Puis, le petit garçon qui joue maintenant au grand a repris le train furieux de son tourbillon scénique, chantant par dessus les cris et dansant avec une dégaine un brin mécanique.

Je ne suis pas une «Belieber», mais je sais reconnaître un phénomène quand il évolue sur scène devant moi, et Justin Bieber est à coup sûr un phénomène, pour le culte incroyable dont il est l'objet sur scène et sur les réseaux sociaux, avec ses 31 millions d'abonnés sur Twitter, ses 47 millions de fans sur Facebook, ses 12 millions d'albums vendus en 3 ans et parce qu'à 14 ans comme a 18 ans, son étoile ne semble pas sur le point de pâlir.

De là à prétendre qu'il est le prochain Michael Jackson, comme me l'a affirmé ma voisine venue expressément de Nouvelle-Écosse pour le voir au Centre Bell, permettez-moi d'en douter.

Avant de remplacer Michael Jackson ou même Justin Timberlake, Justin Bieber a des croûtes à manger, des leçons de danse et d'humilité à prendre. Mais surtout, il devra travailler très fort pour convaincre tous les non «Beliebers» qui ne comprennent toujours pas ce qui fait son succès.

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